Selon nos confrères de BFM Business, l'ancien patron d'Airbus, Tom Enders, a exprimé ses réserves concernant l'alliance entre l'Allemagne et la France pour le programme Scaf, un avion de combat de nouvelle génération. Cette critique intervient alors que le programme est actuellement sur la sellette en raison de dissensions industrielles et politiques.
Tom Enders, qui a dirigé Airbus entre 2005 et 2019 et est actuellement président du conseil d'administration du constructeur terrestre KNDS, a déclaré que la décision prise en 2017 par le gouvernement fédéral allemand de développer la prochaine génération d'avions de combat avec la France était « principalement motivée par la déception politique suscité par le Brexit ». Il a ajouté que, rétrospectivement, cela s'est avéré être « une erreur stratégique ».
Ce qu'il faut retenir
- L'ancien patron d'Airbus, Tom Enders, critique l'alliance franco-allemande pour le programme Scaf.
- La décision de développer l'avion de combat avec la France a été motivée par la déception politique suscité par le Brexit.
- Tom Enders estime que développer un avion de combat allemand seul coûterait « plusieurs centaines de milliards d'euros » et ne serait pas pertinent.
Le contexte du programme Scaf
Le programme Scaf est un projet d'avion de combat de nouvelle génération destiné à équiper les forces armées allemandes et françaises. Cependant, le projet est actuellement confronté à des difficultés, notamment en raison de désaccords entre les industriels et les gouvernements allemand et français. Le chancelier allemand, Friedrich Merz, a récemment exprimé ses doutes quant à la poursuite du projet.
Tom Enders a souligné que, même si l'Allemagne était théoriquement capable de développer un avion de combat seule, cela ne serait pas pertinent. Il a estimé que le coût de développement serait « plusieurs centaines de milliards d'euros » et que le délai de mise en service, prévu pour la fin des années 2040, était trop lointain.
Les alternatives au programme Scaf
Tom Enders a plaidé pour une alliance avec le Royaume-Uni ou avec le constructeur suédois Saab. Il a également critiqué l'achat de F-35, estimant que cela avait été « une autre grande erreur ». L'actuel patron d'Airbus, Guillaume Faury, a récemment évoqué la possibilité d'une « solution à deux avions » si le Scaf était abandonné.
En conclusion, la critique de Tom Enders concernant l'alliance franco-allemande pour le programme Scaf met en évidence les difficultés actuelles du projet. Les prochaines étapes seront cruciales pour déterminer l'avenir de ce programme d'avion de combat de nouvelle génération.
