Le spécialiste français des jeux éducatifs électroniques Lexibook s’apprête à quitter définitivement la Bourse de Paris, à l’issue d’une offre publique d’achat simplifiée (OPAS) lancée par son principal actionnaire, Doodle. Selon BFM Bourse, l’action du groupe a bondi de 36,4 % ce jeudi 4 juin, flirtant avec les 7,9 euros, après l’annonce mercredi 3 juin d’une opération visant à racheter l’intégralité des titres encore flottants. Cette OPAS, proposée à 8 euros par action, représente une prime de 37,93 % par rapport au dernier cours de clôture de 5,8 euros enregistré la veille, et de 48,98 % sur les soixante derniers jours.

Ce qu'il faut retenir

  • Doodle, actionnaire majoritaire de Lexibook, lance une OPAS à 8 euros pour racheter les 12,27 % du capital encore en circulation, après avoir déjà acquis un bloc de 8,89 % auprès de Moneta Asset Management.
  • L’offre, qui doit être finalisée d’ici fin juin 2026, permettrait à Doodle de détenir 87,73 % du groupe, avant un éventuel retrait total de la cote si le seuil des 90 % est atteint.
  • L’action Lexibook a connu une hausse spectaculaire de 36,4 % ce 4 juin, reflétant l’engouement des investisseurs pour cette opération, jugée attractive.
  • Le groupe, fondé en 1981 et coté depuis 1997 sur Euronext Growth, est un acteur reconnu dans les produits électroniques éducatifs, avec plus de 20 marques comme Powerman ou Karaoke Micro Star.
  • Cette opération s’inscrit dans une tendance de retrait croissante des entreprises de la Bourse de Paris, avec 18 OPA recensées en 2025 contre 36 en 2024, selon le cabinet EY.

Une opération en deux temps pour prendre le contrôle total de Lexibook

L’annonce de l’OPAS intervient après une première tentative de Doodle en 2024, où le groupe avait déjà réussi à monter à 75,93 % du capital grâce à une offre à 4 euros par action, soit une prime de 18,34 % à l’époque. En janvier 2025, Doodle avait ensuite renforcé sa participation à 78,59 % lors d’une réouverture de l’OPA. Désormais, l’actionnaire principal passe à l’offensive avec une nouvelle proposition, cette fois à 8 euros, afin d’achever la prise de contrôle totale du groupe.

Si l’opération aboutit, Doodle prévoit de retirer Lexibook de la Bourse. Pour l’heure, l’actionnaire détient déjà 87,73 % du capital après l’acquisition du bloc de 8,89 % détenu par Moneta Asset Management, payé 8 euros par titre. Une fois cette acquisition finalisée, Doodle déposera, d’ici fin juin 2026, un projet d’OPAS pour racheter les 12,27 % restants, toujours au même prix. « L’offre permettra aux actionnaires de Lexibook de bénéficier d’une fenêtre de liquidité aux mêmes conditions de prix attractives que celles consenties par Doodle », explique le groupe dans un communiqué.

Lexibook, un acteur historique des loisirs électroniques pour enfants

Fondé en octobre 1981 par des entrepreneurs français, Lexibook s’est imposé comme un leader dans les produits électroniques éducatifs et de loisirs intelligents pour enfants. Le groupe possède plus de 20 marques enregistrées, dont certaines, comme Powerman, Decotech ou Karaoke Micro Star, sont devenues des références auprès des familles. Selon les données du groupe, Lexibook écoule un produit toutes les dix secondes à travers le monde, illustrant son ancrage dans le quotidien des jeunes consommateurs.

Cette spécialisation dans l’électronique éducative a permis à Lexibook de se distinguer sur un marché concurrentiel, où l’innovation et l’adaptation aux nouvelles technologies jouent un rôle clé. Le retrait de la Bourse, s’il est acté, marquera la fin d’un cycle pour cette entreprise française, entrée en Bourse en 1997 sur Alternext, ancêtre d’Euronext Growth. Lexibook rejoindra ainsi le cortège des sociétés françaises quittant la place parisienne en 2026, comme Média 6 ou la foncière Société de la Tour Eiffel.

Un mouvement de retrait des entreprises de la Bourse de Paris

L’opération sur Lexibook s’inscrit dans un contexte plus large de désaffection des entreprises pour la Bourse de Paris. En 2025, seulement 18 offres publiques avaient été recensées et déclarées conformes par l’Observatoire des opérations de marché du cabinet EY, soit deux fois moins qu’en 2024 (36 opérations). Cette baisse s’explique, selon le cabinet, par une « sélectivité accrue des initiateurs » et un recours plus ciblé aux offres publiques, privilégiant des participations majoritaires ou des retrait de la cote.

Cette tendance n’est pas isolée : plusieurs grandes entreprises françaises ont récemment annoncé leur départ de la Bourse, comme Média 6, dont l’actionnaire majoritaire SMABTP a lancé une offre de retrait à 9,89 euros par action. De même, la foncière Société de la Tour Eiffel devrait également quitter la cote après une offre de son actionnaire principal, le groupe SMABTP. Ces retraits reflètent une stratégie de recentrage des actionnaires sur des participations plus stables ou des restructurations internes, parfois motivées par des difficultés à mobiliser des liquidités sur les marchés.

Et maintenant ?

La prochaine étape pour Lexibook et Doodle consiste à finaliser l’acquisition du bloc de 8,89 % auprès de Moneta Asset Management, opération dont le prix a été fixé à 8 euros par action. Une fois cette transaction bouclée, Doodle déposera, d’ici fin juin 2026, le projet définitif d’OPAS pour racheter les titres restants. Si le seuil des 90 % est atteint, Lexibook sera retiré de la Bourse, mettant un terme à près de trente ans de cotation. Les actionnaires minoritaires disposeront alors d’un délai pour accepter ou non l’offre, dans des conditions jugées avantageuses compte tenu de la prime proposée.

Cette opération pourrait également inspirer d’autres groupes du secteur des loisirs électroniques à envisager des sorties similaires de la Bourse, notamment si les conditions de marché restent favorables aux repreneurs. Reste à voir si cette tendance se confirmera dans les mois à venir, ou si les investisseurs préféreront conserver leurs participations dans des entreprises dynamiques comme Lexibook.

Doodle, actionnaire majoritaire de Lexibook, cherche à consolider sa position en prenant le contrôle total du groupe. Un retrait de la Bourse permettrait de réduire les contraintes réglementaires et de faciliter la gestion stratégique du groupe, notamment en évitant les fluctuations liées aux marchés financiers. La prime offerte aux actionnaires minoritaires vise à les inciter à céder leurs parts dans des conditions avantageuses.

D’ici fin juin 2026, Doodle doit déposer le projet définitif d’OPAS pour racheter les 12,27 % du capital encore en circulation. Avant cela, l’acquisition du bloc de 8,89 % auprès de Moneta Asset Management doit être finalisée. Si l’opération aboutit et que Doodle dépasse le seuil des 90 %, Lexibook sera retiré de la Bourse.