Face à la hausse du coût de la vie et à des pensions toujours plus maigres, de plus en plus de retraités anglo-saxons envisagent de quitter leur pays pour s’installer à l’étranger. Selon Courrier International, cette tendance s’installe comme une solution concrète à la dégradation des conditions de vie des seniors, notamment aux États-Unis et au Royaume-Uni.
Le constat est sans appel : le rêve d’une retraite paisible et ensoleillée se heurte à une réalité plus dure. Les retraités, même aisés, sont rattrapés par l’inflation, les poussant parfois à reprendre une activité professionnelle ou, dans un nombre croissant de cas, à envisager un départ vers des destinations plus abordables. « Le problème n’est pas seulement que les gens n’ont pas ‘assez’ économisé — c’est que le seuil du ‘suffisant’ ne cesse d’augmenter », souligne Courrier International, qui ajoute : « Pour les baby-boomeurs qui se sentent exclus de la retraite qu’on leur avait promise dans leur pays, partir à l’étranger n’est plus un fantasme de mode de vie, mais devient rapidement la seule manière pour que l’équation fonctionne. »
Ce qu'il faut retenir
- Aux États-Unis et au Royaume-Uni, l’inflation et la baisse des pensions poussent les retraités à envisager l’expatriation comme une solution face à l’érosion du pouvoir d’achat.
- Des pays comme Chypre ou l’Irlande figurent désormais en tête des destinations les plus attractives pour les retraités, devant les États-Unis et le Royaume-Uni, désormais absents du top 15.
- En Italie, où 1,7 million de pensions allemandes sont versées chaque année, le pays mise sur des avantages fiscaux et une fiscalité réduite pour attirer les retraités européens, notamment allemands.
- L’assurance-maladie allemande reste valable dans l’Union européenne, sous réserve de certaines conditions, grâce au formulaire européen S1.
- L’Italie propose une imposition forfaitaire de 7 % sur les revenus étrangers pour les retraités s’installant dans certaines régions du Sud ou des communes de moins de 20 000 habitants.
Une tendance mondiale qui dépasse les frontières anglo-saxonnes
Le phénomène n’est pas limité aux États-Unis ou au Royaume-Uni. Selon nos confrères de Courrier International, cette tentation de l’expatriation s’étend à l’ensemble des pays occidentaux, où les retraités cherchent à optimiser leur budget. « Le rêve d’une retraite dorée se heurte à une réalité plus rude : hausse des prix, retraites en berne et sentiment que les ‘années dorées’ ne sont plus si dorées », rappelle le magazine Fortune, cité par Courrier International.
Dans ce contexte, le coût de la vie devient un critère déterminant. Un classement récent place désormais Chypre et l’Irlande en tête des destinations les plus attractives, devant les États-Unis et le Royaume-Uni, désormais absents du top 15. Les critères retenus ? Fiscalité, coût de la vie et accès aux soins. « Des coûts de la vie globalement plus bas peuvent permettre un budget de retraite plus gérable, en particulier en dehors des grandes zones urbaines », explique Courrier International.
L’Italie, une destination européenne prisée des retraités allemands
En Europe, l’Italie séduit de plus en plus de retraités, en particulier allemands. D’après le Rentenatlas 2024 de la Deutsche Rentenversicherung — une publication officielle allemande fournissant des données détaillées sur les pensions — 1,7 million de pensions sont versées chaque année à l’étranger, soit environ 6,6 % de l’ensemble des paiements de retraite allemands. Parmi les destinations privilégiées figurent l’Autriche, la Suisse et l’Espagne, tandis que l’Italie arrive en huitième position.
L’attrait de la Botte repose sur plusieurs atouts majeurs. D’abord, le climat, l’alimentation et les paysages, mais aussi la facilité administrative pour les ressortissants de l’Union européenne. Après trois mois de séjour, il suffit de s’inscrire auprès de la commune compétente pour s’installer. « Les droits à la retraite sont conservés : la pension est versée au montant jusqu’alors perçu sur un compte au choix, sans retenues, même lorsqu’on vit à l’étranger et que l’on possède un compte bancaire italien », précise Courrier International.
Des avantages fiscaux et sociaux, mais des défis persistants
L’Italie mise également sur une politique fiscale incitative. Depuis la loi de finances de 2019, une imposition forfaitaire de 7 % sur les revenus étrangers a été introduite pour les retraités s’installant dans certaines régions du Sud ou des communes de moins de 20 000 habitants. Par ailleurs, un accord bilatéral évite la double imposition : les pensions publiques allemandes restent imposées en Allemagne, tandis que les retraites privées sont taxées en Italie, de façon progressive jusqu’à 43 %, avec des surtaxes régionales.
Côté santé, l’assurance-maladie allemande reste valable dans l’Union européenne, sous réserve de certaines conditions. Les retraités peuvent recourir au formulaire européen S1 pour accéder aux soins dans leur pays de résidence. « L’assurance-maladie auprès d’une caisse allemande demeure valide lors d’une émigration vers un pays de l’UE comme l’Italie », confirme Courrier International.
Pourtant, l’Italie n’est pas un paradis sans nuages. Le coût de la vie varie fortement selon les territoires : le nord du pays se situe nettement au-dessus de la moyenne nationale, tandis que le Sud et les îles restent plus abordables. Surtout, la bureaucratie et les difficultés linguistiques — « même les agents de l’administration publique ne parlent souvent pas anglais » — constituent des obstacles récurrents pour les expatriés.
L’expatriation, une solution structurelle face à un système en crise
Ce mouvement de départ n’est pas anodin. Il reflète une remise en question plus large du système de retraite occidental, où l’écart entre les promesses et la réalité se creuse. « Le seuil du ‘suffisant’ ne cesse d’augmenter », rappelle Courrier International, soulignant que cette tendance pourrait s’accélérer dans les années à venir. Pour les retraités, l’expatriation n’est plus un choix de mode de vie, mais une nécessité budgétaire.
Les destinations privilégiées se multiplient : la Malaisie figure parmi les pays les plus abordables, tandis que des villes comme Ajijic au Mexique attirent une communauté de retraités étrangers, comme en témoignent plusieurs articles de Courrier International. Le Portugal, destination historique pour les expatriés, reste également une option prisée, notamment pour son coût de la vie modéré et la qualité de ses infrastructures médicales.
En attendant, les retraités concernés devront peser le pour et le contre entre avantages fiscaux, qualité de vie et contraintes administratives avant de sauter le pas. Une chose est certaine : l’expatriation, autrefois réservée à une élite, devient une solution de plus en plus envisageable pour des millions de seniors à travers le monde.
Les critères incluent le coût de la vie, la fiscalité, l’accès aux soins, la qualité de vie (climat, alimentation, paysages) et la facilité administrative. Les pays de l’Union européenne offrent des avantages supplémentaires, comme la conservation des droits à la retraite et la validité de l’assurance-maladie nationale.