Une exposition prolongée aux écrans dès la petite enfance a un impact négatif mesurable sur les résultats scolaires en primaire. C’est ce que révèle une étude menée à partir d’une cohorte de Singapour, publiée par Le Monde - Education. Selon ces travaux, le temps passé devant les écrans à partir de l’âge d’un an serait corrélé à de moins bonnes performances cognitives à l’âge de 9 ans.
Ce qu'il faut retenir
- Une étude singapourienne révèle un lien entre le temps d’écran avant 3 ans et des résultats scolaires moins bons à 9 ans
- Les chercheurs ont analysé les données d’une cohorte d’enfants suivis depuis leur plus jeune âge
- Ces conclusions rejoignent celles d’autres travaux antérieurs sur le sujet
- L’étude ne précise pas le seuil exact d’exposition critique, mais confirme une tendance claire
Une cohorte singapourienne suivie depuis 2015
L’étude, dont les résultats ont été publiés par Le Monde - Education, s’appuie sur le suivi d’une cohorte d’enfants nés à Singapour à partir de 2015. Les chercheurs ont analysé l’impact du temps passé devant les écrans à différents âges, en croisant ces données avec les performances scolaires enregistrées à l’entrée en primaire. Leurs conclusions indiquent que chaque heure supplémentaire passée devant un écran avant l’âge de 3 ans s’accompagne d’un recul des résultats en lecture, en mathématiques et en résolution de problèmes à 9 ans.
Les auteurs de l’étude soulignent que ces effets persistent même après avoir pris en compte d’autres facteurs, comme le milieu socio-économique ou le niveau d’éducation des parents. Autant dire que la corrélation mise en évidence ne semble pas liée à des variables externes.
Des résultats qui confirment des travaux antérieurs
Cette étude singapourienne n’est pas isolée. Comme le rapporte Le Monde - Education, d’autres recherches menées en Europe et en Amérique du Nord avaient déjà pointé des résultats similaires. En 2020, une méta-analyse publiée dans la revue JAMA Pediatrics avait ainsi montré que les enfants exposés aux écrans avant 3 ans avaient des scores cognitifs inférieurs à ceux de leurs pairs moins exposés.
Les spécialistes rappellent que les écrans, même éducatifs, ne peuvent se substituer aux interactions humaines ou aux activités physiques et manuelles essentielles au développement de l’enfant. Les auteurs de l’étude singapourienne insistent sur la nécessité de limiter l’exposition avant 3 ans, période critique pour l’acquisition du langage et des compétences sociales.
Un débat qui dépasse le cadre académique
Au-delà des aspects purement éducatifs, cette étude relance le débat sur la gestion du temps d’écran dans les familles. À Singapour, comme dans de nombreux pays, les écrans sont omniprésents, que ce soit via les smartphones, les tablettes ou les télévisions. Les recommandations officielles, comme celles de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), préconisent de limiter le temps d’écran à moins d’une heure par jour pour les enfants de 2 à 5 ans.
Pourtant, dans les faits, cette limite est souvent dépassée. Une enquête menée en 2024 par l’Université nationale de Singapour avait révélé que près de 60 % des enfants de 3 ans passaient plus de deux heures par jour devant un écran. Les chercheurs de l’étude actuelle espèrent que leurs travaux inciteront les parents à revoir leurs pratiques, sans pour autant tomber dans une interdiction totale, difficile à appliquer.
Pour l’instant, les experts s’accordent sur une chose : limiter le temps d’écran avant 3 ans reste la mesure la plus efficace pour préserver le développement cognitif et social des enfants.
L’étude ne distingue pas clairement entre les différents supports (télévision, tablette, smartphone). Elle souligne en revanche que le temps total passé devant un écran, quel que soit le dispositif, est associé à une baisse des performances scolaires. Les chercheurs n’ont pas analysé l’impact des contenus visionnés.