D'après Le Figaro, les cymbales d'Istanbul ont une histoire riche et complexe qui remonte au XVIIe siècle. Elles ont accompagné les troupes ottomanes au combat avant de devenir des instruments très prisés des musiciens de jazz. Grâce au savoir-faire d'un orfèvre arménien, Avedis Zildjian, ces percussions ont évolué pour devenir des éléments clés de la musique mondiale.

Ce qu'il faut retenir

  • Les cymbales d'Istanbul ont été utilisées pour la première fois par les orchestres militaires ottomans pour effrayer et démoraliser l'ennemi.
  • Le talent d'Avedis Zildjian a permis de développer un alliage unique et un procédé spécial de traitement des métaux, rendant les cymbales moins fragiles.
  • Les cymbales d'Istanbul sont toujours fabriquées à la main, selon des techniques traditionnelles, sans utiliser d'électricité ni de gaz, uniquement du charbon et du bois.

L'histoire des cymbales

Les cymbales ont rythmé les charges sur les champs de bataille ottomans et résonnent depuis sur les scènes mondiales. Le métal poli avec soin par les coups précis des artisans prend bientôt la forme lisse et sans relief d'un disque très prisé des musiciens. Avedis Zildjian a développé l'alliage unique et un procédé spécial de traitement des métaux qui rend les cymbales moins fragiles, s'attirant en 1623 les louanges du sultan qui lui a permis d'ouvrir un atelier.

Le secret de fabrication a été transmis de génération en génération, et bien que l'atelier Zildjian ait quitté Istanbul pour l'Amérique dans les derniers jours de l'Empire, d'autres artisans formés par les maîtres de Zildjian ont perpétué la tradition. Aujourd'hui, Istanbul demeure le lieu d'excellence en matière de cymbales, où une poignée de marques produisent encore du bronze martelé à la main selon des techniques mises au point il y a plus de 400 ans.

La fabrication des cymbales

La fabrication des cymbales est un processus complexe qui nécessite beaucoup de patience et de savoir-faire. La coulée d'une cymbale peut prendre jusqu'à une semaine, selon Mehmet Ozturk, commercial chez Bosphorus Cymbals. Les cymbales sont faites d'un alliage de cuivre et d'étain, fondu en bronze liquide et versé dans des moules, puis refroidi pour donner des ébauches en forme de disque.

D'un geste rapide, un ouvrier muni d'une longue pelle à manche place les ébauches dans le four incandescent et en retire d'autres, passées jusqu'à quinze fois dans le laminoir pour comprimer et étirer le métal, ensuite trempé à l'eau. Chaque étape est cruciale, assure le maître Hasan Seker, qui a cofondé Bosphorus Cymbals en 1996.

L'importance des cymbales pour les musiciens de jazz

Pour les musiciens de jazz, les cymbales d'Istanbul sont très prisées pour leur son unique et leur singularité. Le batteur Derin Bayhan affirme qu'il ne peut utiliser que des cymbales fabriquées à Istanbul, « entièrement faites main » car chacune a un son unique. « Même de la même série, du même poids et de la même structure, deux cymbales ne correspondent pas parfaitement : c'est chaque fois une aventure », indique-t-il.

L'historien du jazz Berk Ozler explique que la tradition d'Istanbul reste si populaire parmi les musiciens de jazz malgré le départ de la famille Zildjian, car les cymbales d'Istanbul sont restées fabriquées à la main, ce qui leur donne une singularité qui les rend si précieuses.

Et maintenant ?

Les cymbales d'Istanbul continueront de jouer un rôle important dans la musique mondiale, notamment dans le jazz. Les musiciens de jazz continueront de rechercher ces cymbales pour leur son unique et leur singularité. L'avenir des cymbales d'Istanbul semble prometteur, avec de nouvelles générations d'artisans qui perpétuent la tradition.

En conclusion, l'histoire des cymbales d'Istanbul est riche et complexe, alliant tradition et innovation. De la bataille ottomane au jazz, ces percussions ont évolué pour devenir des éléments clés de la musique mondiale. Les cymbales d'Istanbul resteront un symbole de l'excellence de la fabrication artisanale et de la créativité musicale.