L’intelligence artificielle ne supprime pas brutalement les emplois, mais en transforme profondément la nature. D’après Futura Sciences, Boris Cherny, le créateur de Claude Code chez Anthropic, décrit dans une récente publication sur X cinq nouveaux archétypes professionnels qui remplacent progressivement les métiers traditionnels dans le secteur technologique. Une évolution déjà observable, où les équipes s’organisent désormais autour de rôles fonctionnels plutôt que de fonctions fixes.

Ce qu'il faut retenir

  • Cinq nouveaux archétypes professionnels émergent dans la tech grâce à l’IA, selon Boris Cherny, créateur de Claude Code.
  • Les rôles traditionnels (ingénierie, design, produit) deviennent de plus en plus flous, avec une approche transversale.
  • Les archétypes identifiés sont : le « prototypeur », le « constructeur », le « sweeper », l’« amplificateur » et le responsable de la maintenance.
  • L’IA agentique réduit les tâches manuelles au profit de l’orchestration, de la décision et de la conception.
  • Une étude de la Queen’s University Kingston confirme que les agents de codage IA exécutent des tâches complexes en un temps record.
  • Cette transformation ne concerne pour l’instant que le secteur technologique, et non l’ensemble du marché du travail.

L’IA comme chef d’orchestre des métiers de demain

Dans un secteur en pleine mutation, Boris Cherny, figure majeure de l’IA chez Anthropic, propose une vision radicalement différente de l’avenir professionnel. Selon lui, les frontières entre les métiers traditionnels – ingénierie, design, gestion de produit – s’estompent au profit de nouveaux rôles transversaux. Ces archétypes, baptisés de manière générique, reflètent une réalité déjà tangible dans les entreprises technologiques les plus avancées.

Les cinq archétypes identifiés par Cherny illustrent cette évolution. Le « prototypeur » incarne la capacité à générer rapidement des idées innovantes, tandis que le « constructeur » se charge de les transformer en produits fonctionnels. Le « sweeper », quant à lui, a pour mission de simplifier et d’éliminer ce qui ne crée pas de valeur. L’« amplificateur » se concentre sur la croissance, et le responsable de la maintenance veille à la stabilité des systèmes. Autant dire que ces rôles transcendent les intitulés de postes classiques.

L’ère de l’IA agentique : quand les outils deviennent autonomes

Pour Cherny, cette transformation s’explique par l’émergence des LLM (Large Language Models) et des agents d’IA, qui ont réduit la part des tâches manuelles au profit de l’exécution automatisée. Les tâches autrefois réalisées par des humains – et parfois équivalentes à plusieurs heures de travail – sont désormais accomplies en quelques minutes par des agents IA, sans pause ni erreur.

Une étude récente de la Queen’s University Kingston, publiée dans le cadre de travaux sur les agents de codage IA sur GitHub, corrobore cette analyse. Les IA ne se contentent plus d’assister les développeurs : elles exécutent désormais des tâches complexes en utilisant d’autres logiciels, passant du statut d’outil à celui d’acteur autonome. Pour Cherny, des activités comme la programmation traditionnelle ou la rédaction de prompts par des humains deviennent obsolètes dans ce contexte.

« L’agent de codage IA envoie ses travaux pour obtenir les retours d’un relecteur humain, puis affine ses tâches en fonction des commentaires. Voilà l’avenir du travail humain selon le créateur de Claude Code. »

Des postes recomposés, pas supprimés

Contrairement aux prédictions alarmistes de certains experts comme Geoffrey Hinton, Boris Cherny estime que l’IA ne va pas détruire massivement les emplois. En revanche, elle recompose profondément les missions des salariés dans le secteur technologique. Une étude académique, citée par Futura Sciences, montre une baisse significative des tâches routinières, compensée par une hausse des compétences en analyse, créativité et supervision des systèmes IA.

Dans ce nouveau paysage, les humains endossent un rôle de stratèges et de gestionnaires de systèmes complexes. Leur valeur ajoutée réside désormais dans la définition des objectifs, la stratégie produit et l’orchestration des outils automatisés. Les métiers de demain n’auront donc plus d’intitulés fixes, mais s’adapteront en fonction des besoins évolutifs des produits et des technologies.

Une vision limitée au secteur technologique

Si la description de Boris Cherny offre un éclairage précieux sur les mutations en cours dans la tech, elle ne prétend pas s’appliquer à l’ensemble du marché du travail. Les cinq archétypes qu’il propose sont spécifiques aux entreprises technologiques, où l’innovation et l’automatisation sont déjà bien avancées. Rien ne garantit que cette approche puisse être transposée, par exemple, aux secteurs industriels traditionnels ou aux services publics.

Cette nuance est importante, car elle rappelle que l’impact de l’IA sur l’emploi reste inégal selon les domaines. Certains métiers, moins exposés à l’automatisation, pourraient conserver une structure plus stable. D’autres, en revanche, verront leurs contours se redessiner rapidement, comme le suggère Cherny. Reste à savoir si cette tendance s’étendra au-delà des frontières de la tech dans les années à venir.

Et maintenant ?

Si la recomposition des métiers dans la tech est déjà en marche, son extension à d’autres secteurs dépendra de plusieurs facteurs. La maturité des outils d’IA, leur adoption par les entreprises et les cadres réglementaires joueront un rôle clé. Pour l’instant, les études disponibles se concentrent sur des cas concrets comme celui d’Anthropic, mais peu d’analyses couvrent l’ensemble de l’économie. Les prochaines années devraient apporter des réponses plus précises, notamment avec le déploiement massif des agents IA dans les entreprises.

En attendant, les professionnels de la tech pourraient anticiper cette évolution en développant des compétences en orchestration, gestion de projets complexes et créativité – des domaines où l’humain conserve un avantage comparatif. Quant aux autres secteurs, leur transformation dépendra de leur capacité à intégrer ces nouvelles technologies sans perdre de vue la valeur ajoutée humaine.

Une chose est sûre : l’IA ne remplacera pas le travail, mais elle en redéfinira profondément les contours. La question n’est plus de savoir si cette mutation aura lieu, mais bien comment les entreprises et les salariés s’y adapteront.

Oui, selon Futura Sciences, cette transformation est déjà observable dans certaines entreprises technologiques, notamment chez Anthropic où travaille Boris Cherny. Les équipes s’organisent désormais autour de rôles fonctionnels plutôt que de postes traditionnels, avec des archétypes comme le « prototypeur » ou le « sweeper » qui émergent progressivement.