Depuis plusieurs semaines, les habitants du village de Mansouri, situé dans le sud du Liban, assistent, impuissants, à la destruction méthodique de leurs habitations par l’armée israélienne. Selon Courrier International, qui reprend des informations de L’Orient-Le Jour, ces opérations ciblent particulièrement les demeures situées à flanc de colline, visibles mais inaccessibles depuis la route principale.

Ce mercredi 2 septembre 2026, la situation sur place reste marquée par une tension extrême, alors que les frappes et les démolitions se poursuivent presque quotidiennement. Le village, déjà ravagé lors du dernier conflit entre Israël et le Hezbollah — qui a débuté le 2 mars 2026 — avait vu ses habitants tenter de se réinstaller. Mais un nouvel ordre d’évacuation israélien, le premier depuis la signature d’un accord-cadre entre les parties, les a contraints de fuir à nouveau dès le 6 août 2026.

Ce qu'il faut retenir

  • Les frappes israéliennes ciblent désormais les habitations à flanc de colline à Mansouri, visibles mais hors de portée depuis la route principale.
  • Le 2 mars 2026 a marqué le début du dernier conflit entre Israël et le Hezbollah, dévastant la région.
  • Un nouvel ordre d’évacuation israélien, le 6 août 2026, a forcé les habitants à fuir à nouveau, malgré les tentatives de retour.
  • Les destructions s’accompagnent de colonnes de fumée visibles depuis la route, comme celle observée le 25 août 2026.
  • Les habitants, privés de solutions, dénoncent une politique de destructions systématiques sans possibilité de recours.

Une zone sous contrôle et des habitations visées

À quelques kilomètres de la frontière avec Israël, le village de Mansouri est aujourd’hui divisé en deux parties. D’un côté, la zone accessible, où se trouvent les habitations encore debout, et de l’autre, la zone occupée par l’armée israélienne. Cette dernière mène des opérations de destruction quotidiennes, ciblant notamment les maisons situées sur les hauteurs, visibles depuis la route, mais inaccessibles sans risquer de se faire repérer ou tirer dessus.

La route menant à Mansouri, asphaltée et traversant les bananeraies de Qlailé, est coupée à un kilomètre du village par un barrage de l’armée libanaise. Au-delà, l’accès est interdit, plongeant les habitants dans une impasse. « On regarde nos maisons être démolies sans rien pouvoir faire », confie Hicham Haïdar, un habitant du village, sous une pergola couverte de paille en bord de route. Autour de lui, une douzaine d’hommes, assis en cercle, partagent son désarroi.

Des destructions répétées et une économie locale en ruine

Les témoignages des habitants révèlent l’ampleur des dégâts. « La semaine dernière, Abou Ibrahim a assisté à la destruction de sa maison et de celle de ses fils », explique Hicham Haïdar, vêtu d’un tee-shirt blanc et le regard sombre. À ses côtés, un homme au visage ridé, caché derrière des lunettes à verres épais, hoche la tête en signe d’impuissance. Ces scènes se répètent depuis des semaines, sans que les résidents ne puissent intervenir.

Pour Hicham Haïdar, la vie quotidienne est devenue un combat. Après avoir perdu deux cafés à Mansouri à cause des bombardements, il a tenté de rebondir en installant une machine à café dans une Renault Rapid bleu azur, équipée d’un panneau solaire. « C’est le troisième café que j’ouvre », confie-t-il. Pourtant, cette solution précaire ne compense pas la perte de ses biens et de son gagne-pain. La destruction des commerces et des habitations prive désormais les habitants de toute stabilité économique.

Un conflit qui s’enlise et des habitants pris au piège

Le retour des habitants à Mansouri après le cessez-le-feu de mars 2026 avait été de courte durée. Le 6 août 2026, un nouvel ordre d’évacuation israélien les a contraints à quitter à nouveau le village, alors qu’ils tentaient de reconstruire leur vie. Depuis, les destructions se poursuivent, alimentant un sentiment d’abandon et de colère parmi les résidents.

Le 25 août 2026, une colonne de fumée s’élevait au-dessus de Mansouri après de nouveaux bombardements, confirmant que la zone reste un foyer de tensions. Les habitants, privés de solutions, dénoncent une stratégie délibérée de l’armée israélienne pour rendre leur retour impossible. « On n’a plus rien, ni maison, ni espoir », résume un villageois sous couvert d’anonymat.

« On regarde nos maisons être démolies sans rien pouvoir faire. »
— Hicham Haïdar, habitant de Mansouri

Un contexte régional toujours explosif

Ces destructions s’inscrivent dans un conflit plus large entre Israël et le Hezbollah, soutenu par l’Iran. Depuis le 2 mars 2026, les affrontements se multiplient, malgré les tentatives de médiation internationale pour désamorcer les tensions. La région du sud du Liban, frontalière avec Israël, est particulièrement exposée, avec des villages régulièrement pris pour cible par les frappes aériennes.

Les analystes soulignent que ces destructions systématiques visent à affaiblir le Hezbollah, mais aussi à créer un climat de terreur parmi les populations civiles. Les habitants de Mansouri, pris entre deux feux, paient le prix d’un conflit qui dépasse largement leurs moyens de résistance.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient voir une intensification des opérations militaires, alors que les négociations pour un cessez-le-feu durable restent au point mort. Les habitants de Mansouri, privés de leurs logements et de leurs moyens de subsistance, risquent de se retrouver dans une situation humanitaire encore plus précaire. La communauté internationale, jusqu’ici en retrait, pourrait être amenée à jouer un rôle plus actif pour protéger les civils et éviter une crise humanitaire à grande échelle.

Pour l’instant, les habitants de Mansouri n’ont d’autre choix que de subir, dans l’attente d’une issue qui tarde à se dessiner. Les destructions se poursuivent, et avec elles, l’espoir de retourner un jour dans des maisons qui, pour beaucoup, n’existent déjà plus.

Selon les informations rapportées par Courrier International, ces habitations sont situées à portée de vue des positions israéliennes, mais sont jugées trop dangereuses à attaquer directement. Les frappes et démolitions ciblées visent ainsi à affaiblir le moral des habitants et à rendre leur retour impossible, dans le cadre d’une stratégie plus large pour marginaliser le Hezbollah dans la région.

Les habitants de Mansouri, déjà touchés par le conflit de mars 2026, ont tenté de se réinstaller en août. Cependant, les destructions répétées de leurs logements et commerces les ont plongés dans une précarité totale. Beaucoup ont perdu leurs moyens de subsistance, comme Hicham Haïdar, dont les cafés ont été détruits à plusieurs reprises. Sans abri ni revenus, leur situation humanitaire se dégrade rapidement.