Selon nos confrères du Journal du Geek, l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), l’agence fédérale américaine chargée de l’immigration et des douanes, a passé une commande de plusieurs robots quadrupèdes de type Spot auprès du fabricant Boston Dynamics. Le montant de ce contrat s’élève à entre 1 et 2 millions de dollars, pour un parc d’une dizaine d’unités, chaque robot coûtant environ 75 000 dollars.
Ces robots, dont la livraison est prévue le 24 avril 2027 sur la base militaire de Fort Benning en Géorgie, sont destinés à renforcer la sécurité des agents de l’ICE lors d’interventions dans des zones jugées dangereuses, confinées ou instables. L’agence justifie cet investissement par leur capacité à « améliorer la sécurité du personnel, appuyer une prise de décision opérationnelle éclairée et élargir la capacité du ministère de la Sécurité intérieure à répondre aux incidents ». Boston Dynamics, pour sa part, précise que ces robots sont déjà déployés pour des usages civils, comme la détection de gaz dangereux ou des missions de recherche et sauvetage, et protègent notamment les centres de données de plusieurs géants technologiques.
Ce qu'il faut retenir
- L’ICE a commandé une dizaine de robots Spot à Boston Dynamics pour un montant de 1 à 2 millions de dollars.
- Chaque robot coûte environ 75 000 dollars, avec une livraison prévue le 24 avril 2027 sur la base de Fort Benning.
- Ces robots sont destinés à renforcer la sécurité des agents dans des zones dangereuses ou difficiles d’accès.
- Boston Dynamics affirme que ces robots sont déjà utilisés pour des missions civiles, comme la détection de gaz ou la recherche et sauvetage.
Des robots autonomes équipés de caméras et capteurs
Les robots Spot, lancés en 2020 par Boston Dynamics, se distinguent par leur autonomie totale et leur capacité à évoluer sur des terrains complexes. Ils sont équipés de plusieurs caméras et capteurs, permettant une surveillance et une collecte de données en temps réel. Leur utilisation par l’ICE s’inscrit dans une logique de modernisation des moyens opérationnels, notamment pour des missions dans des environnements jugés hostiles ou difficiles d’accès pour les humains.
Boston Dynamics a souligné que ces robots étaient conçus pour des usages légitimes, sans mention explicite d’une utilisation coercitive. L’entreprise a rappelé que ses robots sont déjà déployés dans des secteurs comme la sécurité des infrastructures critiques, où leur rôle se limite à la surveillance et à la détection de risques environnementaux.
Une promesse de non-remplacement des robots militaires dans leur charte éthique
En 2022, Boston Dynamics et d’autres fabricants de robots avaient cosigné une tribune s’engageant à ne pas armer leurs robots d’usage général. Cependant, cette promesse ne couvrait pas les modèles spécifiquement conçus pour un usage militaire ou policier, ce qui laisse une marge de manœuvre pour des applications plus controversées. L’ICE, qui n’a pas hésité à multiplier les initiatives controversées ces dernières années, semble ainsi vouloir exploiter cette brèche.
Pourtant, cette initiative n’est pas sans précédent. En 2021, la police de Honolulu avait utilisé des Spot pour mesurer la température des sans-abri pendant la pandémie de Covid-19. L’expérience avait été rapidement abandonnée face aux critiques et à l’opposition des élus locaux. De même, la ville de New York avait envisagé un déploiement similaire avant d’y renoncer, en raison de l’impopularité de cette technologie auprès du public et des responsables politiques.
L’ICE renforce son arsenal répressif avec des gants électriques
Cette commande de robots s’ajoute à une série d’investissements récents de l’ICE dans des équipements destinés à renforcer son pouvoir coercitif. En août 2026, l’agence a passé un contrat de 16,7 millions de dollars pour l’achat de 6 000 paires de gants à décharge électrique, selon des documents officiels. Ces gants, conçus pour immobiliser les personnes lors des contrôles, visent à rendre les arrestations « plus dissuasives », comme l’a indiqué un porte-parole de l’agence.
Ces équipements s’inscrivent dans une stratégie plus large de durcissement des méthodes de l’ICE, déjà régulièrement pointée du doigt pour ses pratiques controversées en matière de détention et d’expulsion des migrants. L’agence, qui supervise également les centres de rétention, n’a que rarement tenu compte des critiques émanant d’ONG ou de défenseurs des droits humains.
L’ICE, qui n’a pas répondu à nos demandes de précisions sur l’évolution de ses protocoles d’utilisation, continue d’étendre ses moyens techniques dans un contexte où les débats sur l’éthique des technologies policières et militaires s’intensifient aux États-Unis.