L’intersaison 2026 s’annonce déjà comme l’une des plus mouvementées de l’histoire récente de la Ligue A Masculine (LAM) de volley-ball. Entre départs surprises, retours inattendus et choix audacieux, les clubs de l’élite française ont bousculé leurs habitudes pour composer avec un mercato particulièrement actif. Silvano Prandi, figure emblématique du volley hexagonal, quitte Chaumont après onze saisons pour rejoindre le Paris Volley, tandis que Mauricio Paes, son prédécesseur sur le banc parisien, s’envole vers le Japon. Montpellier, champion de France en titre, opère un revirement de dernière minute après l’impossibilité de faire valider le diplôme de son entraîneur pressenti, selon RMC Sport.

Ce qu'il faut retenir

  • Silvano Prandi, 79 ans, signe au Paris Volley après onze saisons à la tête de Chaumont, où il a remporté quatre titres dont le championnat de France en 2017.
  • Mauricio Paes, entraîneur franco-brésilien, prendra la direction des Tokyo Great Bears au Japon, après avoir mené le Paris Volley jusqu’en demi-finale de LAM la saison dernière.
  • Le Montpellier Volley, sacré champion de France en 2026, recrute Ricardo Martinez, coach de Martigues, après l’invalidation du diplôme d’État de l’Argentin Alexis Gonzalez.
  • Patrick Duflos, ancien entraîneur de Toulouse, prend les rênes de Narbonne, un club misant sur la jeunesse.
  • L’AS Cannes mise sur l’expérience avec João Paulo Bravo, ancien joueur brésilien passé par le club turc d’Arkas Spor Izmir.
  • Rubinho (Roberley Luiz Leonaldo), champion de France en 2024 avec Saint-Nazaire, remplace l’ancien staff de Tours, relégué en Ligue B la saison précédente.
  • Le chaudron de la LAM, rebaptisée Alterna VolStar, rouvrira ses portes en octobre 2026 avec ces nouveaux visages sur les bancs.

Silvano Prandi, le « Professeur », relève un nouveau défi à 79 ans

Le Paris Volley a officialisé l’arrivée de Silvano Prandi, 79 ans, comme entraîneur pour la saison 2026-2027. Le technicien piémontais, intronisé au Hall of Fame du volley international en 2024, quitte Chaumont après onze saisons marquées par quatre titres, dont le championnat de France en 2017. « À l’approche des 80 ans, je ne suis pas trop vieux pour diriger une équipe de volley », a-t-il déclaré, confirmant sa volonté de poursuivre une carrière exceptionnelle. Son arrivée à Paris intervient après une saison difficile, sauvée in extremis par Mauricio Paes, qui avait redressé la barre en février 2026 après le limogeage de Nikola Matijasevic fin 2023.

Prandi prend les rênes d’une équipe qui a su se reconstruire pour atteindre les demi-finales de LAM, éliminée par Poitiers. Son expérience et son palmarès en font l’un des entraîneurs les plus respectés du continent, autant dire que le club de la capitale mise sur un profil d’exception pour franchir un cap. — RMC Sport

Mauricio Paes s’exile au Japon, un choix dicté par une passion pour le volley nippon

Après avoir sauvé le Paris Volley d’une relégation certaine, Mauricio Paes, entraîneur franco-brésilien, a choisi de poursuivre son aventure à l’étranger. Il dirigera les Tokyo Great Bears en SV Japan League, une ligue où la France brille avec des entraîneurs comme Olivier Lecat (champion en 2025) ou Tuomas Sammelvuo (champion en 2026). Paes, grand admirateur du Japon, avait mené son équipe à une sixième place en saison régulière avant une élimination précoce en playoffs. Il devra désormais faire progresser une franchise en quête de régularité, dans un championnat où la pression est forte.

Son départ laisse un vide à Paris, où le club cherche à consolider sa place parmi les leaders de LAM. Son adjoint, Arnaud Josserand, pourrait quant à lui diriger la sélection d’Arabie saoudite, confirmant la tendance des entraîneurs français à s’exporter dans des championnats émergents. — RMC Sport

Montpellier sacre un nouveau champion… mais pas avec le coach pressenti

Le Montpellier Volley, champion de France 2026 sous la direction de Loïc Le Marrec, a dû se résoudre à un changement de dernier recours. Le club avait initialement prévu de confier les rênes à l’Argentin Alexis Gonzalez, ancien joueur et adjoint du Marrec. Mais l’absence de diplôme d’État français pour Gonzalez a contraint la direction à faire machine arrière, malgré l’aval donné au projet. « Tout était prêt, mais les règles sont les règles », a souligné le président Jean-Charles Caylar.

Le club a finalement jeté son dévolu sur Ricardo Martinez, entraîneur d’origine avignonnaise qui a mené Martigues à la deuxième place de Ligue B Masculine en 2026. Martinez, connu pour son approche tactique rigoureuse, devra prendre ses marques dans un effectif composé de joueurs expérimentés et de jeunes talents. Pour le remplacer à Martigues, c’est Luc Marquet, champion de France avec l’AS Cannes en 2021 et à l’Arago de Sète en 2024, qui a été choisi. — RMC Sport

Narbonne mise sur la jeunesse avec Patrick Duflos

Autre surprise de ce mercato, Patrick Duflos quitte Toulouse pour prendre en main le projet de Narbonne. Le technicien, réputé pour son travail avec les jeunes pousses, a déjà prouvé son savoir-faire à Sète et à Toulouse, où il a structuré des équipes compétitives malgré des moyens limités. Narbonne, qui mise sur un effectif tourné vers l’avenir, voit en lui l’homme idéal pour bâtir une équipe ambitieuse sur le long terme. « Duflos apporte une philosophie de jeu claire et une expérience précieuse », a commenté un cadre du club audois.

Son arrivée s’inscrit dans la stratégie du club de se positionner comme un acteur sérieux de la LAM, même si la tâche s’annonce ardue face à des budgets souvent bien plus élevés ailleurs. — RMC Sport

L’AS Cannes mise sur l’expérience internationale avec João Paulo Bravo

L’AS Cannes, maintenue de justesse en LAM après une saison décevante (9e place, quart de finale en playoffs), a choisi une voie radicalement différente pour se relancer. Le club a recruté João Paulo Bravo, ancien réceptionneur-attaquant brésilien devenu entraîneur, en provenance de l’Arkas Spor Izmir en Turquie. Bravo, formé auprès de figures comme Glenn Hoag, apporte une expertise internationale et une connaissance fine des joueurs étrangers, un atout pour un club en quête de renouveau.

Le mécène australien du club, Pierre Pujol, a insisté sur la nécessité d’obtenir de meilleurs résultats, quitte à bousculer les habitudes. « Nous voulons jouer les premiers rôles, pas seulement assurer notre maintien », a-t-il rappelé. — RMC Sport

Tours se tourne vers Rubinho pour oublier une saison blanche

Après une saison 2025-2026 catastrophique, marquée par un maintien obtenu in extremis et une absence de titre, Tours a frappé fort en recrutant Rubinho (Roberley Luiz Leonaldo). Le Brésilien, champion de France en 2024 avec Saint-Nazaire, devra redonner des couleurs à un club en proie au doute. Son arrivée s’inscrit dans une volonté de stabilité, après des années d’instabilité sur le banc tourangeau. « Rubinho a prouvé qu’il sait gérer des groupes et obtenir des résultats, même avec des moyens limités », a indiqué un dirigeant du club.

À l’inverse, Marcelo Fronckowiak, qui a mené Tours à des performances remarquées ces quatre dernières années, s’apprête à rejoindre Chaumont, confirmant la tendance des entraîneurs talentueux à circuler entre les clubs français. — RMC Sport

Et maintenant ?

Avec ces recrutements, la LAM 2026-2027 s’annonce comme l’une des plus compétitives de ces dernières années. Les clubs ont fait des choix audacieux, tant sur le plan sportif que budgétaire, pour tenter de briser l’hégémonie de Montpellier et des autres grands clubs. La saison débutera en octobre 2026, et il ne faudra pas attendre longtemps pour voir si ces nouvelles têtes permettront aux équipes de franchir un cap. L’enjeu sera aussi de mesurer l’impact des entraîneurs étrangers, comme Bravo ou Martinez, dans un championnat encore très marqué par la présence de techniciens français.

Reste à savoir si ces changements structurels suffiront à redynamiser un championnat qui, malgré ses qualités, peine parfois à attirer l’attention du grand public. Une chose est sûre : avec des profils comme Prandi, Paes ou Rubinho, la LAM a encore de belles cartes à jouer pour séduire les amateurs de volley.

Le club a finalement dû renoncer au recrutement de l’Argentin Alexis Gonzalez, initialement pressenti pour succéder à Loïc Le Marrec, en raison de l’absence de son diplôme d’État français d’entraîneur. Une règle administrative a bloqué le processus, malgré l’aval donné au projet sportif, selon RMC Sport.

João Paulo Bravo, ancien réceptionneur-attaquant brésilien, a appris les rudiments du métier d’entraîneur aux côtés de Glenn Hoag, une figure majeure du volley international. Il a notamment officié à l’Arkas Spor Izmir en Turquie avant de rejoindre l’AS Cannes pour la saison 2026-2027.