Le Premier ministre indien, Narendra Modi, a inauguré ce samedi la première usine indienne d'assemblage de semi-conducteurs, une étape clé dans l'effort de New Delhi pour réduire sa dépendance vis-à-vis des fabricants étrangers de puces et revendiquer une place dans un secteur dominé par la Chine, selon nos confrères de BFM Business. Cette usine, située dans l'État du Gujarat, transformera des plaquettes de semi-conducteurs avancés provenant du réseau mondial de Micron Technology en produits finis de mémoire et de stockage. Le marché indien des semi-conducteurs est en pleine croissance, passant de 38 milliards de dollars en 2023 à une estimation de 45 à 50 milliards de dollars pour 2024-2025.
Le gouvernement indien vise à atteindre 110 milliards de dollars d'ici 2030, avec l'objectif de doubler la taille de l'industrie. Pour y parvenir, New Delhi développe actuellement 10 projets dans l'industrie des semi-conducteurs, représentant des investissements totaux de plus de 18 milliards de dollars. Deux installations de conception de pointe en 3 nanomètres sont également en cours de construction dans les villes de Noida et Bengaluru.
Ce qu'il faut retenir
- L'Inde lance sa première usine de semi-conducteurs pour réduire sa dépendance aux fabricants étrangers.
- Le marché indien des semi-conducteurs devrait passer de 38 milliards de dollars en 2023 à 110 milliards de dollars d'ici 2030.
- Le gouvernement indien développe 10 projets dans l'industrie des semi-conducteurs, avec des investissements de plus de 18 milliards de dollars.
Les ambitions de l'Inde
Narendra Modi a qualifié ce lancement de « l'aube d'une nouvelle ère » pour les ambitions technologiques de l'Inde. Il a également souligné l'importance de cette industrie pour l'avenir de l'humanité, en déclarant que « le monde entier veut sécuriser ces chaînes d'approvisionnement, qui sont essentielles pour l'avenir de l'humanité ». L'Inde, connue pour sa force dans l'industrie du logiciel, est désormais également en train de se forger une identité dans le matériel informatique.
Le Premier ministre a également relié ce lancement à l'approfondissement de la coopération technologique avec Washington, en soulignant l'entrée de l'Inde dans l'alliance Pax Silica menée par les États-Unis et axée sur l'IA, les minéraux critiques et la sécurité des chaînes d'approvisionnement. Selon l'envoyé américain en Inde, Sergio Gor, cette inauguration marque « l'entrée de l'Inde dans la chaîne d'approvisionnement mondiale des semi-conducteurs en tant que pays fabricant ».
Les défis à venir
Malgré ces ambitions, l'Inde devra encore relever de nombreux défis pour devenir un acteur majeur dans l'industrie des semi-conducteurs. La Chine, qui domine actuellement ce secteur, ne laissera pas facilement sa place. De plus, l'Inde devra également faire face à la concurrence d'autres pays, tels que les États-Unis, la Corée du Sud et Taïwan, qui sont déjà bien établis dans ce domaine.
Le gouvernement indien devra également s'assurer que les investissements nécessaires soient faits pour développer les infrastructures et les compétences nécessaires pour soutenir cette industrie. Cela inclut la création de centres de recherche et de développement, ainsi que la formation de personnel qualifié pour travailler dans ce secteur.
En conclusion, l'Inde a pris une étape importante vers la réduction de sa dépendance aux fabricants étrangers de puces avec l'inauguration de sa première usine de semi-conducteurs. Cependant, le chemin vers la réussite sera long et semé d'obstacles. Il reste à voir comment l'Inde parviendra à surmonter ces défis et à atteindre ses objectifs.
L'objectif de l'Inde est de réduire sa dépendance aux fabricants étrangers de puces et de revendiquer une place dans un secteur dominé par la Chine.
