Les industriels français voient se multiplier les prises de participation et acquisitions par des acteurs chinois, selon BFM Business. Une tendance qui s'accélère depuis le début de l'année 2026 et qui soulève des questions sur la souveraineté économique du pays.
Ce qu'il faut retenir
- Plusieurs secteurs clés sont concernés, notamment l'énergie, les technologies et l'agroalimentaire
- Des opérations de rachat ont été menées à bien ces derniers mois, avec des montants dépassant parfois le milliard d'euros
- Les autorités françaises renforcent les contrôles sur les investissements étrangers dans les filières stratégiques
- Le gouvernement travaille sur un plan de souveraineté industrielle pour limiter ces dépendances
Une dynamique d'investissement en forte hausse
Depuis le début de l'année, les entreprises chinoises ont multiplié les opérations sur le territoire français. Selon BFM Business, on dénombre déjà une dizaine de transactions significatives en 2026, contre cinq en 2025. Parmi les secteurs les plus touchés, l'énergie et les nouvelles technologies arrivent en tête, suivis de près par l'agroalimentaire et la santé. Ces investissements se chiffrent souvent en centaines de millions, voire en milliards d'euros, ce qui en fait des opérations majeures pour les entreprises françaises concernées.
Un cas emblématique est celui de la prise de participation de China Energy Investment Corporation dans un consortium visant à moderniser des centrales électriques dans l'est de la France. L'opération, finalisée en mars 2026, représente un engagement de 1,2 milliard d'euros sur cinq ans. Les autorités françaises, bien que prudentes, n'ont pas bloqué le dossier, malgré les inquiétudes exprimées par certains industriels.
Des craintes sur la souveraineté industrielle
Ces mouvements de capitaux étrangers suscitent des interrogations croissantes au sein du gouvernement et parmi les dirigeants d'entreprises. Le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, a récemment rappelé que « la protection des secteurs stratégiques reste une priorité absolue ». Il a cité en exemple le cas des semi-conducteurs, où la France cherche à sécuriser ses approvisionnements face à la concurrence internationale.
Un rapport parlementaire, rendu public en mai 2026, met en garde contre les risques de « dépendance excessive » dans des filières clés comme la pharmacie ou les équipements de défense. «
On ne peut pas laisser des pans entiers de notre industrie tomber sous contrôle étranger sans contreparties claires», a déclaré le député Renaissance, Julien Aubert, co-auteur de l'étude. Face à cette pression, l'exécutif prépare un projet de loi visant à durcir les règles d'investissement dans les entreprises considérées comme stratégiques.
Les réactions des acteurs économiques
Côté entreprises, les avis sont partagés. Certaines, en difficulté financière, voient dans ces rachats une bouffée d'oxygène. C'est le cas de Alstom Hydro, dont la branche hydraulique a été partiellement cédée à un groupe chinois en avril 2026 pour 800 millions d'euros. «
Cette opération nous permet de moderniser nos installations et de sauver des emplois», a expliqué la direction dans un communiqué.
À l'inverse, des fédérations professionnelles comme le MEDEF appellent à plus de vigilance. Son président, Geoffroy Roux de Bézieux, a souligné lors d'une conférence de presse que «
la France ne doit pas devenir le terrain de jeu des géants étrangers, sous peine de perdre le contrôle de son avenir industriel». Ces prises de position reflètent une tension croissante entre attractivité économique et préservation des intérêts nationaux.
En attendant, les observateurs s'attendent à ce que les investisseurs chinois maintiennent leur stratégie offensive, malgré les risques géopolitiques accrus. Une chose est sûre : la bataille pour le contrôle de l'industrie française est loin d'être terminée.
D'après BFM Business, les secteurs les plus concernés sont l'énergie (centrales, renouvelables), les technologies (semi-conducteurs, IA), l'agroalimentaire (marques historiques) et la santé (laboratoires, équipements médicaux). Ces domaines sont considérés comme stratégiques en raison de leur impact sur la souveraineté nationale ou leur forte valeur ajoutée.