L’industrie des panneaux solaires traverse une période de ralentissement marqué, selon Frandroid. Face à cette situation, les fabricants chinois misent désormais sur une nouvelle arme : le stockage d’énergie. Après avoir dominé le marché des modules photovoltaïques, Pékin pourrait bientôt imposer ses solutions de batteries à l’échelle mondiale.
Ce qu'il faut retenir
- L’industrie photovoltaïque mondiale subit un ralentissement significatif en 2026.
- Les fabricants chinois, leaders sur les panneaux solaires, se tournent vers les batteries de stockage.
- Les batteries pourraient devenir un nouveau levier de domination chinoise sur le marché énergétique.
- Cette stratégie s’inscrit dans un contexte de transition énergétique en pleine mutation.
Un marché photovoltaïque en crise
Le secteur des énergies renouvelables connaît des turbulences en 2026. Les fabricants de panneaux solaires, déjà fragilisés par une surcapacité de production et une baisse des prix, voient leurs marges se réduire comme peau de chagrin. Selon les données compilées par Frandroid, la demande mondiale stagne, notamment en Europe et en Amérique du Nord, où les subventions se raréfient. Bref, l’âge d’or du tout-photovoltaïque semble toucher à sa fin, du moins dans sa forme actuelle.
Dans ce contexte, les acteurs chinois, qui représentent plus de 80 % de la production mondiale de panneaux solaires, cherchent à diversifier leurs revenus. Leur nouvelle cible ? Le stockage d’énergie. Une stratégie qui pourrait redéfinir les équilibres géoénergétiques dans les années à venir.
Les batteries chinoises, nouvel eldorado industriel
Les fabricants asiatiques, comme CATL, BYD ou Sungrow, misent sur des solutions de batteries domestiques et industrielles pour accompagner l’essor des énergies intermittentes. « Le stockage est le chaînon manquant de la transition énergétique », a déclaré un porte-parole de CATL, cité par Frandroid. Ces entreprises, déjà bien positionnées sur les batteries pour véhicules électriques, étendent désormais leur expertise au secteur résidentiel et aux réseaux électriques.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les exportations chinoises de batteries pour le solaire ont progressé de 45 % en glissement annuel au premier trimestre 2026, selon les douanes chinoises. Autant dire que Pékin mise gros sur ce créneau, avec des investissements massifs dans les gigafactories dédiées. L’objectif ? Devenir le fournisseur incontournable des systèmes solaires complets, panneaux et batteries.
Une stratégie à double tranchant pour l’Europe et les États-Unis
Cette offensive chinoise inquiète les industriels occidentaux. « Si nous ne réagissons pas, nous risquons de dépendre à nouveau de la Chine pour une technologie clé de notre souveraineté énergétique », a alerté un responsable de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), interrogé par Frandroid. L’Europe, qui a déjà subi la domination chinoise sur les panneaux solaires, pourrait se retrouver dans une position similaire pour le stockage.
Pour contrer cette tendance, Bruxelles planche sur des mesures de soutien aux fabricants locaux. Un fonds de 5 milliards d’euros a été annoncé en mars 2026 pour relancer la filière batteries européenne. De leur côté, les États-Unis, via l’Inflation Reduction Act, subventionnent massivement leurs propres acteurs, comme Tesla ou QuantumScape. La bataille pour le contrôle de la chaîne de valeur énergétique s’annonce donc acharnée.
Quoi qu’il en soit, la donne a changé : le marché de l’énergie ne se contentera plus de panneaux solaires. Avec les batteries, c’est une nouvelle guerre industrielle qui s’engage, et les cartes sont en train d’être redistribuées.