L’inflation en France a accéléré en mai, atteignant 2,4 % sur un an, selon les dernières estimations publiées par l’Insee ce vendredi 29 mai et relayées par BFM Business. Ce chiffre marque une progression par rapport au mois d’avril, où la hausse annuelle des prix s’établissait à 2,2 %. La situation reste marquée par une inflation principalement portée par l’énergie, tandis que les autres secteurs affichent des évolutions plus modérées.

Ce qu'il faut retenir

  • L’inflation a atteint 2,4 % sur un an en mai 2026, contre 2,2 % en avril, selon l’Insee.
  • La hausse est principalement tirée par les prix de l’énergie, en particulier du gaz, avec une augmentation de 16,8 % sur un an.
  • L’inflation alimentaire reste contenue à 1,2 %, tandis que les prix des produits manufacturés reculent de 0,6 %.
  • Le gouvernement maintient une politique d’aides ciblées, avec un budget total de 1,2 milliard d’euros, loin des 7,5 milliards engagés lors du précédent choc énergétique.
  • Les dépenses de consommation des ménages ont reculé de 0,5 % en avril, dans un contexte de tensions sur le pouvoir d’achat.

Une inflation tirée par l’énergie et le gaz

L’accélération de l’inflation en mai s’explique en grande partie par la hausse des prix de l’énergie, elle-même alimentée par l’augmentation des tarifs du gaz. L’énergie affiche ainsi une progression de 16,8 % sur un an, selon les données de l’Insee. Ce phénomène s’inscrit dans un contexte géopolitique tendu au Moyen-Orient, qui contribue à maintenir une pression sur les prix. Sylvain Bersinger, économiste interrogé par BFM Business, estime que « la guerre au Moyen-Orient conduit clairement à une hausse de l’inflation, mais l’ampleur du choc devrait être nettement moins violente que dans les années 1970 ou qu’en 2022 ». Pour l’instant, le choc énergétique ne semble pas s’être propagé aux autres secteurs de l’économie, limitant ainsi son impact global.

Sur le seul mois de mai, les prix à la consommation ont augmenté de 0,1 %, après une hausse de 1,0 % en avril. Cette légère progression s’explique par la hausse des prix de l’énergie et par l’augmentation des tarifs de l’alimentation, notamment ceux des produits frais. En revanche, les prix des produits manufacturés ont légèrement progressé, tandis que ceux des services sont restés stables. Le tabac, quant à lui, n’a pas connu de variation significative.

Un pouvoir d’achat sous tension, des aides limitées

La hausse continue des prix pèse sur le pouvoir d’achat des Français. Selon un sondage récent mené par Elabe pour BFMTV, 81 % des Français déclarent devoir se serrer la ceinture. Une majorité d’entre eux estiment par ailleurs ne pas disposer de suffisamment de liquidités sur leur compte. Les dépenses de consommation des ménages en France ont reculé de 0,5 % en avril par rapport au mois précédent, et de 0,4 % sur un an, selon les données de l’Insee. Cette baisse s’explique notamment par le repli des dépenses en carburants, dans un contexte de prix élevés, mais aussi par la réduction des consommations de gaz et d’électricité. Avril 2026 se classe d’ailleurs au troisième rang des mois d’avril les plus chauds depuis 1900, ce qui a pu contribuer à limiter les besoins en chauffage.

Face à cette situation, le gouvernement maintient une ligne de rigueur budgétaire, privilégiant des aides ciblées plutôt qu’un plan massif. Après trois mois de tensions, moins de 500 millions d’euros d’aides directes ont été consommés. En ajoutant les 710 millions annoncés cette semaine, le budget total alloué atteint à peine 1,2 milliard d’euros. À titre de comparaison, lors du précédent choc énergétique, l’État avait déboursé 7,5 milliards d’euros. Parallèlement, le Smic doit augmenter de 2,4 % au mois de juin, une revalorisation qui reflète l’inflation générale.

Des secteurs épargnés, une inflation globalement contenue

Malgré la hausse globale des prix, certains secteurs restent relativement épargnés. L’inflation alimentaire est ainsi restée modérée en mai, à 1,2 % sur un an. Les prix des produits manufacturés, quant à eux, continuent de reculer, avec une baisse de 0,6 %. L’inflation sur les services reste limitée à 2 %, un niveau qui ne reflète pas l’ampleur du choc énergétique. Selon Sylvain Bersinger, « à ce stade, le choc énergétique ne s’est pas diffusé au reste de l’économie ». Cette situation pourrait évoluer dans les mois à venir, en fonction de l’évolution des tensions géopolitiques et de la politique monétaire de la Banque centrale européenne.

Les prévisions pour les prochains mois restent incertaines. Si l’inflation globale pourrait se stabiliser, voire ralentir légèrement, les risques de propagation du choc énergétique aux autres secteurs persistent. Les ménages, déjà fragilisés par la hausse des prix, pourraient voir leur pouvoir d’achat continuer de se dégrader si la situation ne s’améliore pas. Les prochaines décisions de politique économique, notamment celles de la BCE, seront donc scrutées de près.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’évolution de l’inflation en France. La Banque centrale européenne (BCE) pourrait ajuster sa politique monétaire lors de sa prochaine réunion, prévue en juin. Si les tensions sur les prix de l’énergie persistent, une nouvelle hausse des taux d’intérêt ne peut être exclue, ce qui pourrait freiner la croissance économique. Par ailleurs, le gouvernement devrait préciser les modalités de distribution des aides restantes, dans un contexte où le pouvoir d’achat reste une préoccupation majeure pour les Français.

L’inflation, bien qu’en léger recul par rapport aux pics de 2022, reste un enjeu central pour l’économie française. Son évolution dépendra largement de facteurs externes, comme la situation géopolitique ou les décisions des grandes banques centrales. Pour l’instant, les indicateurs suggèrent une inflation globalement maîtrisée, mais les ménages et les entreprises restent en alerte face à un environnement économique toujours incertain.

L’inflation en France est actuellement portée par l’énergie en raison des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, qui ont entraîné une hausse des prix du gaz et des produits pétroliers. Contrairement aux chocs des années 1970 ou de 2022, ce phénomène ne s’est pas encore propagé aux autres secteurs de l’économie, ce qui limite son impact global.

Le gouvernement a prévu de maintenir une politique d’aides ciblées, avec un budget total de 1,2 milliard d’euros. Les prochaines étapes consisteront à préciser les modalités de distribution de ces aides et à évaluer leur impact sur le pouvoir d’achat des ménages. Une revalorisation du Smic de 2,4 % est également prévue en juin.