Selon BFM Business, l’inflation dans la zone euro a marqué le pas en juin, repassant sous la barre des 3 % pour s’établir à 2,8 % sur un an. Ce repli s’explique principalement par le ralentissement des prix de l’énergie, qui avaient fortement augmenté au printemps en raison du conflit au Moyen-Orient, mais aussi par la modération des coûts des services et des biens industriels.

Ce qu'il faut retenir

  • L’inflation annuelle en zone euro atteint 2,8 % en juin, contre 3,2 % en mai, selon la première estimation d’Eurostat.
  • Les prix de l’énergie ralentissent à +8,7 % après une hausse de +10,8 % en mai, grâce notamment à l’accord de paix entre les États-Unis et l’Iran.
  • La France affiche l’une des inflations les plus basses du continent à 2 %, derrière Malte (1,9 %).
  • À l’inverse, la Bulgarie (5,3 %), la Croatie (4,2 %) et Chypre (4 %) enregistrent les hausses les plus marquées.
  • La Banque centrale européenne (BCE) avait relevé ses taux directeurs mi-juin, dans un contexte de tensions inflationnistes persistantes.

Un reflux des prix de l’énergie au cœur du ralentissement

La décélération de l’inflation en juin s’explique avant tout par la baisse des prix de l’énergie, dont la hausse annuelle est passée de +10,8 % en mai à +8,7 % le mois suivant. Cette modération est directement liée à la détente des tensions au Moyen-Orient, après la conclusion de l’accord de paix entre les États-Unis et l’Iran en avril dernier. Ce dernier avait provoqué une flambée des cours du pétrole et du gaz, alimentant l’inflation dans toute l’Europe.

Les prix des services et des biens industriels ont également contribué à ce repli, même si leur progression reste modérée. Selon les données publiées ce mercredi par Eurostat, l’institut européen de statistiques, l’inflation sous-jacente – qui exclut l’énergie, l’alimentation, l’alcool et le tabac – s’établit à 2,6 % en juin, contre 2,7 % en mai.

La France parmi les pays les moins touchés par l’inflation

Avec une inflation annuelle de 2 % en juin, la France se positionne comme l’un des pays les moins touchés par la hausse des prix en zone euro. Elle se classe ainsi deuxième, derrière Malte (1,9 %), et devant des pays comme l’Italie (2,3 %) ou l’Allemagne (2,5 %). À l’autre extrémité du spectre, la Bulgarie affiche le taux le plus élevé (5,3 %), suivie de la Croatie (4,2 %) et de Chypre (4 %).

Cette relative stabilité des prix en France pourrait être perçue comme un soulagement pour les ménages, dont le pouvoir d’achat reste une préoccupation majeure. Le gouvernement a d’ailleurs récemment annoncé une hausse du taux du Livret A, une mesure destinée à soutenir l’épargne des Français dans un contexte inflationniste encore fragile.

La BCE avait anticipé ce mouvement en relevant ses taux

Alors que l’inflation repartait à la hausse au printemps, la Banque centrale européenne (BCE) avait décidé de durcir sa politique monétaire en relevant ses taux directeurs de 25 points de base mi-juin. Le taux de dépôt, référence pour les banques commerciales, est ainsi passé de 2 % à 2,25 %, marquant la première hausse depuis juillet 2025.

Cette décision visait à contenir la spirale inflationniste et à rassurer les marchés sur la capacité de la BCE à maîtriser les prix. « Le reflux de l’inflation en juin est une bonne nouvelle pour la BCE, qui peut désormais envisager une pause dans son cycle de hausse des taux », a souligné un économiste interrogé par BFM Business. « Cependant, la vigilance reste de mise, car les risques de rebond des prix persistent, notamment en raison de l’instabilité géopolitique. »

Et maintenant ?

Les prochaines publications d’Eurostat, prévues pour le 30 juillet, permettront d’affiner ces premières estimations et d’évaluer l’ampleur du ralentissement. La BCE, quant à elle, devrait maintenir une posture prudente lors de sa prochaine réunion de politique monétaire, prévue le 24 juillet. Les marchés attendent avec attention ses nouvelles projections économiques, qui pourraient influencer les anticipations des investisseurs.

Alors que les tensions géopolitiques restent un facteur de risque majeur pour l’inflation, les économistes estiment que la zone euro pourrait continuer à bénéficier d’un environnement plus favorable en seconde partie d’année. « Si l’accord de paix entre les États-Unis et l’Iran se maintient, les prix de l’énergie pourraient poursuivre leur décrue, ce qui serait un soulagement pour les consommateurs et les entreprises », a indiqué un analyste. Bref, la tendance actuelle laisse entrevoir une normalisation progressive des prix, même si la prudence reste de mise.

Ce que cela signifie pour les ménages et les entreprises

Pour les ménages, ce ralentissement de l’inflation est une lueur d’espoir après des mois de tensions sur le pouvoir d’achat. Les prix de l’énergie, en particulier, devraient continuer à baisser dans les prochains mois, ce qui pourrait atténuer la pression sur les budgets des familles. Cependant, les loyers et les services publics restent des postes de dépenses élevés, limitant la portée du reflux actuel.

Côté entreprises, la modération des prix pourrait faciliter la planification budgétaire, notamment pour les secteurs énergivores comme l’industrie ou les transports. « Une inflation plus maîtrisée permet de limiter les coûts de production et de préserver les marges, mais le contexte reste incertain », a rappelé un représentant du Medef. Les prochains mois seront déterminants pour confirmer cette tendance.

Le principal facteur est le reflux des prix de l’énergie, passé de +10,8 % en mai à +8,7 % en juin. Cette baisse s’explique par la détente des tensions au Moyen-Orient après l’accord de paix entre les États-Unis et l’Iran, ainsi que par une modération des coûts des services et des biens industriels.

La prochaine réunion de politique monétaire de la Banque centrale européenne est prévue le 24 juillet 2026. Les marchés attendent avec attention ses nouvelles projections économiques, qui pourraient influencer ses décisions sur les taux directeurs.