Le secteur de la tech, et plus particulièrement celui de l’automobile, traverse une mutation profonde sous l’impulsion des avancées technologiques. D’après BFM Business, les lunettes connectées et les systèmes d’assistance par intelligence artificielle (IA) s’imposent désormais comme des acteurs majeurs, redéfinissant les usages tant dans la mobilité que dans la santé. Ce mouvement, déjà bien engagé, touche désormais des géants industriels comme EssilorLuxottica ou des spécialistes comme Rosset Opticiens.
Ce qu'il faut retenir
- Les lunettes connectées, notamment les Ray-Ban Meta, connaissent un succès commercial porté par l’alliance entre EssilorLuxottica et Meta.
- L’IA permet désormais de décrypter l’activité cérébrale, une innovation mise en avant lors d’un partenariat entre des chercheurs et Hollywood pour des projets cinématographiques.
- Le groupe TSMC voit ses perspectives boostées par la demande en puces dédiées à l’IA, avec une croissance attendue cette année.
- Apple forme ses ingénieurs à l’IA, signe de l’importance stratégique de cette technologie pour le groupe californien.
- Les opticiens traditionnels, comme Rosset Opticiens, doivent s’adapter à ces nouveaux outils pour rester compétitifs.
Des lunettes connectées aux usages santé : l’essor d’un marché en mutation
Le marché des lunettes connectées connaît une accélération sans précédent. Paul du Saillant, responsable chez EssilorLuxottica, a confirmé lors d’un entretien que les Ray-Ban Meta, développées en collaboration avec Meta, enregistrent un franc succès. « Ces lunettes ne sont plus de simples accessoires, mais de véritables interfaces technologiques », a-t-il expliqué. De son côté, Angelo Arleo, également chez EssilorLuxottica, a souligné que ces dispositifs ouvrent la voie à une santé connectée, où la mesure de paramètres physiologiques devient possible directement via des verres intelligents.
Côté innovation, Sylvain Pierson, PDG du groupe Krys, a présenté les lunettes connectées comme un terrain d’expérimentation pour les opticiens. « Nous devons désormais penser en termes d’écosystème technologique », a-t-il déclaré, évoquant des partenariats avec des startups spécialisées en IA pour enrichir les fonctionnalités des montures.
L’intelligence artificielle, moteur des évolutions technologiques
L’IA n’est plus cantonnée aux algorithmes de recommandation ou aux assistants vocaux. Selon BFM Business, son application s’étend désormais à des domaines aussi variés que le cinéma ou la santé. Un projet présenté cette semaine illustre cette tendance : des chercheurs, en collaboration avec des studios hollywoodiens, travaillent sur une IA capable d’analyser les réactions neuronales des spectateurs en temps réel. L’objectif ? Adapter les scénarios en fonction des émotions suscitées — une révolution pour le septième art, où les coûts de production pourraient être divisés par dix grâce à l’automatisation partielle des processus créatifs.
Dans l’industrie automobile, l’IA s’invite aussi dans les chaînes de production. Apple, par exemple, a lancé un programme de formation intensif pour ses ingénieurs afin de les familiariser avec les outils d’IA générative. Une démarche qui reflète l’importance stratégique accordée à cette technologie, alors que le groupe prépare le lancement de nouveaux dispositifs intégrant ces capacités.
TSMC, symbole de la croissance portée par l’IA
Le géant taïwanais TSMC, leader mondial des semi-conducteurs, mise sur l’IA pour doper ses résultats. Comme le rapporte BFM Business, l’entreprise bénéficie d’une demande accrue en puces dédiées à l’IA, notamment pour les centres de données et les véhicules autonomes. Les analystes anticipent une croissance de 15 % de son chiffre d’affaires en 2026, tirée en grande partie par ce segment. « L’IA est devenue un pilier de notre stratégie industrielle », a commenté un porte-parole de TSMC, soulignant que les investissements dans ce domaine avaient été multipliés par trois depuis 2024.
Cette dynamique illustre comment une technologie, initialement cantonnée au numérique, transforme désormais des secteurs traditionnels comme l’automobile ou l’optique. Les lunettes connectées et les systèmes d’IA embarqués dans les véhicules en sont les exemples les plus tangibles.
Ces évolutions soulèvent des questions sur l’équilibre entre innovation et protection des données. Alors que les lunettes connectées et les véhicules intelligents deviennent monnaie courante, les régulateurs européens pourraient soon durcir le cadre juridique, notamment sur l’utilisation des données de santé ou de comportement. Une chose est sûre : la frontière entre technologie grand public et applications industrielles s’estompe rapidement.
Les lunettes connectées offrent des fonctionnalités supplémentaires grâce à l’intégration de capteurs et d’écrans miniatures. Elles permettent notamment de mesurer des paramètres physiologiques (rythme cardiaque, niveau de stress), d’afficher des notifications en temps réel, de prendre des photos ou vidéos, et même d’interagir avec des assistants vocaux. Pour les personnes malvoyantes, des modèles équipés d’IA peuvent décrire l’environnement en temps réel. Enfin, elles s’intègrent souvent à des écosystèmes domotiques ou mobiles, offrant une expérience utilisateur enrichie.
Plusieurs applications existent déjà. Les systèmes d’aide à la conduite (ADAS) utilisent l’IA pour analyser l’environnement du véhicule et prendre des décisions en temps réel, comme le freinage automatique ou le maintien de voie. Les constructeurs proposent aussi des assistants vocaux intelligents, capables de comprendre des commandes complexes. Dans les usines, l’IA optimise les chaînes de production en détectant les défauts sur les pièces ou en prédisant les besoins en maintenance. Enfin, des prototypes de véhicules autonomes de niveau 4 (sans conducteur) sont en phase de test avancée, avec des IA capables de gérer des situations de conduite complexes.
