Selon Cryptoast, les entreprises liées à l’intelligence artificielle pèsent désormais 48,67 % de la capitalisation totale du S&P 500, un record historique qui n’avait pas été atteint depuis plus d’un siècle. Cette concentration, mesurée le 29 mai 2026, dépasse les niveaux observés lors des bulles Internet ou des « Nifty Fifty » des années 1970, et interroge sur la résilience du marché américain.

Ce qu’il faut retenir

  • 48,67 % de la capitalisation du S&P 500 est aujourd’hui captée par 41 valeurs liées à l’IA, selon des données compilées par Bianco Research.
  • Depuis le lancement de ChatGPT fin 2022, ces 41 entreprises ont capté 70 % de la hausse totale du S&P 500, contre seulement 30 % pour les 459 autres valeurs de l’indice.
  • Cette tendance s’est accentuée en 2026 avec l’émergence de l’IA « agentique », capable d’exécuter des tâches de manière autonome.
  • Les introductions en bourse à venir de SpaceX, Anthropic et OpenAI pourraient encore renforcer cette concentration, avec une capitalisation potentielle de plus de 3 000 milliards de dollars pour ces trois acteurs.
  • Le S&P 500 a progressé de 10,19 % depuis le 27 février 2026, tandis que le reste du marché affichait une baisse de 0,66 % sur la même période.

Un indice boursier de moins en moins diversifié

Le S&P 500, souvent présenté comme un baromètre de l’économie américaine grâce à sa diversité, est aujourd’hui largement dominé par le secteur de l’IA. Selon J.P. Morgan, les 41 entreprises exposées à cette technologie se répartissent en trois catégories : 29 acteurs directement impliqués dans l’IA (comme Nvidia, Microsoft, Alphabet ou Meta), 8 utilities profitant de l’augmentation de la demande électrique des data centers (Vistra, NextEra Energy, etc.), et 4 fournisseurs d’équipements pour ces infrastructures (Eaton, Trane Technologies, etc.).

Cette concentration inédite depuis 150 ans rappelle les excès observés lors de la bulle Internet en 1999 (41 %), des « Nifty Fifty » dans les années 1970 (40 %), ou encore de la bulle japonaise à la fin des années 1980 (44 %). Seul le secteur des chemins de fer au XIXe siècle avait atteint un niveau supérieur, avec 63 %, mais sur une période bien plus longue.

L’IA générative, un moteur de croissance encore puissant

Contrairement à la bulle Internet, où la spéculation reposait sur des promesses futures incertaines, l’IA générative répond déjà à une demande massive et croissante. Comme l’a souligné Jim Bianco, analyste chez Bianco Research, le marché actuel ressemble davantage à 1997 qu’à 2000 : le cycle pourrait donc se poursuivre malgré une concentration déjà très élevée.

Les données de Goldman Sachs, reprises par Bianco Research, montrent que le S&P 500 a progressé de 10,19 % depuis fin février 2026, tandis que les autres valeurs de l’indice affichaient un repli de 0,66 %. Cette performance s’explique en grande partie par l’engouement pour les entreprises technologiques spécialisées dans l’IA, dont les valorisations continuent de s’envoler.

« Le marché américain n’avait pas connu une telle concentration depuis 150 ans. »

— Michael Hartnett, stratégiste chez Bank of America, dans son rapport « Flow Show » du 22 mai 2026.

Les risques d’une concentration excessive

Si l’IA générative répond aujourd’hui à une demande réelle, certains analystes s’interrogent sur la durabilité de cette croissance. Le décalage entre une demande exponentielle et des capacités encore limitées pourrait, à terme, devenir un facteur de risque majeur. Marius Off-Chain, journaliste spécialisé chez Cryptoast, rappelle que l’histoire des marchés montre que les bulles éclatent souvent lorsque la réalité ne suit plus les anticipations.

Les prochaines introductions en bourse, notamment celles de SpaceX (valorisée à plus de 2 000 milliards de dollars selon certaines estimations), Anthropic (développeur de l’IA Claude) et OpenAI, pourraient encore accentuer cette tendance. À elles seules, ces trois entreprises pourraient représenter plus de 3 000 milliards de dollars de capitalisation, renforçant ainsi la domination des méga-capitalisations technologiques dans les indices américains.

Et maintenant ?

Plusieurs scénarios pourraient se dessiner dans les mois à venir. D’une part, l’émergence de l’IA « agentique » pourrait prolonger le cycle haussier actuel, si la demande continue de croître plus vite que l’offre. D’autre part, une correction brutale n’est pas à exclure, notamment si les valorisations des géants de la tech s’avèrent déconnectées de leurs fondamentaux. Les prochaines publications de résultats trimestriels des grandes entreprises technologiques, ainsi que les annonces des banques centrales sur les taux d’intérêt, seront des indicateurs clés à surveiller.

Les investisseurs devront également surveiller l’évolution des régulations autour de l’IA, qui pourraient impacter la rentabilité des entreprises du secteur. Enfin, la capacité des autres secteurs économiques à se développer en parallèle de l’IA sera déterminante pour éviter un déséquilibre structurel du marché.

Un marché en tension, mais pas nécessairement en fin de cycle

Si la concentration du S&P 500 rappelle les excès du passé, les fondamentaux de l’IA générative diffèrent de ceux des bulles précédentes. Contrairement à la bulle Internet, où les modèles économiques étaient souvent flous, l’IA répond aujourd’hui à des besoins concrets, notamment dans les domaines de la santé, de la finance ou de la logistique. Cette différence pourrait expliquer pourquoi certains analystes, comme Michael Hartnett, estiment que le cycle n’est pas encore arrivé à son terme.

Cependant, la prudence reste de mise. Les valorisations élevées des entreprises technologiques, combinées à une dépendance croissante du marché à un nombre restreint d’acteurs, pourraient amplifier la volatilité en cas de retournement de tendance. Les prochains mois seront donc cruciaux pour évaluer la résilience du marché face à cette concentration sans précédent.

L’IA représente aujourd’hui près de la moitié de la capitalisation du S&P 500 en raison de l’engouement des investisseurs pour les entreprises spécialisées dans cette technologie. Depuis le lancement de ChatGPT fin 2022, ces valeurs ont capté 70 % de la hausse totale de l’indice, tirée par des promesses de croissance exponentielle et une demande croissante pour des solutions d’intelligence artificielle.

Une concentration excessive du marché autour de quelques valeurs peut amplifier la volatilité en cas de retournement. Si les valorisations des géants de la tech s’avèrent déconnectées de leurs fondamentaux, une correction brutale pourrait impacter l’ensemble du marché. De plus, une dépendance trop forte à un seul secteur pourrait freiner la diversification économique.