D'après BFM Business, l'ancien Premier ministre chinois Zhu Rongji est mort. Zhu Rongji, qui a occupé le poste de Premier ministre de 1998 à 2003, est considéré comme l'un des principaux artisans de l'ouverture économique de la Chine et de son intégration dans l'économie mondiale.
Il est né en 1928 à Changsha, dans le centre de la Chine, alors que le pays était en proie à la guerre civile. La rumeur faisait de lui un descendant de l'empereur fondateur de la dynastie Ming. Il a adhéré au Parti communiste en 1949, année où Mao Zedong a proclamé la création de la République populaire.
Ce qu'il faut retenir
- Zhu Rongji a été purgé à deux reprises sous Mao avant d'être réhabilité.
- Il a été l'artisan majeur de l'ouverture économique de la Chine et de son intégration dans l'économie mondiale.
- Il a mis en place un vaste programme de privatisation des entreprises d'État non rentables.
- Il a supervisé la privatisation du logement urbain et encouragé la propriété privée.
- Il a permis à la Chine d'éviter le pire lors de la crise financière de 1997 en Asie.
Une carrière marquée par les purges et la réhabilitation
Zhu Rongji a travaillé à la planification économique, mais il a été atteint par une première purge lors de la « Campagne des cent fleurs » dans les années 1950, pour ses critiques contre les politiques économiques de Mao. Gracié, il a été de nouveau écarté au cours de la Révolution culturelle lancée en 1966 et a été envoyé en exil à la campagne.
Il a été finalement réhabilité après la mort de Mao en 1976. Il a travaillé au ministère du Pétrole et à la Commission économique d'État, avant d'être repéré par le dirigeant Deng Xiaoping.
Un défenseur du libre marché et de la privatisation
En 1988, Zhu Rongji est devenu maire de Shanghai, poumon économique du pays. Il a défendu avec ferveur les réformes économiques, appelant à ce que les entreprises d'État soient autorisées à « nager par elles-mêmes dans les marchés ».
Il a été nommé vice-Premier ministre en 1991, sous Jiang Zemin, alors secrétaire général. Il a été surnommé le « Mikhaïl Gorbatchev chinois », en référence au dirigeant de l'Union soviétique.
Un héritage controversé
Zhu Rongji est aussi reconnu pour avoir permis à la Chine d'éviter le pire lors de la crise financière de 1997 en Asie. Anglophone, il a mené les négociations pour l'adhésion de la Chine à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2001, une étape importante du passage historique de l'isolement à l'intégration dans l'économie internationale.
Il s'est érigé en farouche adversaire de la corruption : un ancien vice-gouverneur de province a été exécuté pour avoir accepté des pots-de-vin, devenant le plus haut responsable condamné à mort pour de tels faits en cinquante ans.
Comme le rappelle BFM Business, Zhu Rongji a déclaré à un journaliste danois : « J'espère seulement qu'après mon départ, les gens à travers tout le pays diront : 'C'était un fonctionnaire honnête, pas un fonctionnaire corrompu', et cela me suffira amplement ». Il a également ajouté : « S'ils se montrent un peu plus généreux et disent que 'Zhu Rongji a accompli certaines choses concrètes', j'en remercierai le ciel ».