La photographe et artiste plasticienne Lisa Roze présente jusqu’au 30 juin 2026 son dernier ouvrage, « Carnet de curiosités », accompagné d’une exposition immersive dans l’atelier d’Agnès B., rue du Jour à Paris. Selon Franceinfo - Culture, cette création, née pendant les périodes de confinement, marque un tournant dans son travail en transformant l’absence de voyages en une exploration intime et poétique du temps.

Ce qu'il faut retenir

  • Lisa Roze publie « Carnet de curiosités », un livre et une exposition à Paris jusqu’au 30 juin 2026.
  • L’ouvrage mêle photographies, objets éphémères et textes d’Amélie Nothomb et Matthieu Chédid.
  • L’artiste a réalisé sa première photographie à 11 ans avec un sténopé artisanal.
  • L’exposition s’inscrit dans l’atelier historique d’Agnès B., rue du Jour à Paris.
  • Le projet reflète une curiosité pour l’enfance, l’époque victorienne et les souvenirs personnels.

Un carnet né de l’absence de voyages

Comme le rapporte Franceinfo - Culture, Lisa Roze a toujours documenté ses déplacements à travers des carnets de voyage. Pendant les confinements, l’impossibilité de se déplacer a transformé cette habitude en un projet artistique inédit. « J’ai toujours fait des carnets de voyage, explique-t-elle. Là, c’était un voyage sans voyages. » L’idée, née spontanément, a évolué en une œuvre intime et sensible, mêlant photographies, objets éphémères et fragments de souvenirs. Autant dire que ce carnet est devenu bien plus qu’un simple recueil : un refuge artistique, un musée imaginaire où chaque page raconte une histoire.

Une œuvre nourrie par l’enfance et la curiosité

Née d’une double culture anglaise et japonaise, Lisa Roze a très tôt développé un regard unique sur le monde. Sa première photographie, réalisée à 11 ans avec un sténopé fabriqué à partir d’une boîte à chaussures, a marqué le début d’une carrière dédiée à la capture de l’invisible et de l’intime. « C’était un moment incroyable, confie-t-elle. Fabriquer un appareil photo avec une boîte à chaussures, c’est magique, même si la photo n’était pas parfaite. » Cette expérience précoce a forgé son approche artistique, où la curiosité joue un rôle central : « La curiosité amène à pouvoir se déplacer dans le temps, à des moments suspendus. »

Les thèmes de son « Carnet de curiosités » reflètent cette sensibilité. Entre époque victorienne, Pac-Man et souvenirs d’enfance, l’artiste a construit un univers où se mêlent nostalgie et modernité. Les textes d’Amélie Nothomb et Matthieu Chédid, ajoutés de manière artisanale sur des photocopies de ses tirages, renforcent cette dimension poétique et personnelle.

Une exposition immersive à Paris

L’exposition, qui se tient jusqu’au 30 juin 2026 dans l’atelier d’Agnès B., rue du Jour à Paris, plonge le visiteur dans l’univers du carnet. « C’est une plongée créative, comme si on entrait dans le livre », souligne Lisa Roze. L’espace, chargé d’histoire, s’inscrit dans la continuité du parcours de l’artiste, qui collabore avec Agnès B. depuis des années. « Agnès B. m’a toujours accompagnée. Elle m’a toujours prêté des vêtements pour mes expositions ou mes pochettes de disques », précise-t-elle. L’exposition, conçue pour être immersive, met en valeur cette relation de confiance et de soutien mutuel.

Un héritage artisanal et collaboratif

Le processus de création de « Carnet de curiosités » illustre une démarche à la fois personnelle et collaborative. Lisa Roze a travaillé de manière artisanale, envoyant des photocopies de ses tirages à Amélie Nothomb et Matthieu Chédid, qui ont écrit spontanément dessus. « On a travaillé à l’ancienne, explique-t-elle. Chacun a contribué de manière très libre, ce qui a donné une dimension unique à l’ouvrage. » Ce projet, né d’une contrainte, s’est transformé en une célébration de l’artisanat, de la spontanéité et de la mémoire collective.

« C’est lié à des souvenirs d’enfance, à plein de choses. L’idée, c’était de me refaire un petit univers poétique. »
— Lisa Roze, à Franceinfo - Culture

Et maintenant ?

Après l’exposition parisienne, prévue jusqu’au 30 juin 2026, Lisa Roze pourrait prolonger son « Carnet de curiosités » sous une autre forme. L’artiste, dont l’œuvre est souvent associée à des collaborations musicales, n’exclut pas d’enrichir ce projet avec de nouveaux artistes ou de nouvelles collaborations. La question d’une édition internationale ou d’une version numérique reste également en suspens. En attendant, le public est invité à découvrir cette plongée poétique dans l’univers de Lisa Roze, où la curiosité devient un passeport pour l’imaginaire.

Ce projet, né d’une période de restrictions, rappelle que l’art peut transformer les contraintes en opportunités créatives. Pour les amateurs de photographie et d’art contemporain, l’exposition à Paris offre une occasion unique de plonger dans un univers où le temps se suspend, où les souvenirs deviennent des œuvres, et où la curiosité est le moteur de l’innovation artistique.