Alors que la France attend toujours l’inscription à l’ordre du jour d’une proposition de loi globale visant à lutter contre les violences sexistes et sexuelles, la Coalition féministe et enfantiste a organisé ce mardi 2 juin 2026 une mobilisation devant l’hémicycle de l’Assemblée nationale. L’objectif affiché : rappeler aux députés l’urgence d’agir, comme le rapporte Libération.
Ce qu'il faut retenir
- Une proposition de loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles est en attente d’inscription à l’agenda parlementaire.
- La Coalition féministe et enfantiste a manifesté devant l’Assemblée nationale ce mardi 2 juin 2026 pour accélérer le processus législatif.
- Les militantes dénoncent le retard pris dans l’examen d’un texte qu’elles jugent indispensable.
- Cette mobilisation intervient dans un contexte où les violences faites aux femmes et aux enfants restent un enjeu de santé publique en France.
Dès 10 heures ce matin, une vingtaine de militantes, issues de différentes associations, se sont rassemblées devant les grilles du Palais-Bourbon. Elles brandissaient des pancartes aux messages sans équivoque : « Le temps presse », « Justice maintenant » ou encore « Protégez les femmes et les enfants ». Selon les organisatrices, cette action symbolique visait à interpeller directement les députés, alors que le texte, porté par plusieurs groupes politiques, tarde à être inscrit au calendrier législatif. «
Nous ne pouvons plus attendre, chaque jour sans cette loi, c’est une vie qui pourrait être sauvée», a déclaré Camille Moreau, porte-parole de la Coalition féministe et enfantiste, devant les médias.
La proposition de loi en question, déposée en 2024, vise à renforcer les dispositifs de prévention, de protection et de sanction contre les violences sexistes et sexuelles. Elle prévoit notamment la création d’un fichier national des auteurs de violences, l’extension des peines pour les crimes conjugaux ou encore des mesures renforcées pour les mineurs victimes. Pourtant, malgré son adoption en commission, elle n’a toujours pas été inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée, faute de majorité claire pour la faire voter. «
C’est inacceptable que des vies soient en jeu par manque de volonté politique», a ajouté Moreau, soulignant que la France accuse un retard préoccupant par rapport à d’autres pays européens sur ce sujet.
Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte où les chiffres des violences faites aux femmes et aux enfants restent alarmants. Selon les dernières statistiques de l’Observatoire national des violences faites aux femmes, près de 125 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2025, et plus de 160 000 enfants sont victimes de violences chaque année en France. Les associations dénoncent un système judiciaire souvent défaillant, avec des délais de traitement des plaintes jugés trop longs et des taux de condamnation encore insuffisants. «
On ne peut plus se contenter de déclarations d’intention», a rappelé Élodie Renard, membre de l’association « Femme en Lumière », présente lors de la manifestation. « Nous voulons des actes concrets, et cette loi en est un ».
Du côté des députés, les réactions restent prudentes. Si certains élus de gauche, comme Sandrine Rousseau (NUPES), ont apporté leur soutien à la mobilisation, la majorité présidentielle n’a pas encore réagi officiellement. Contacté par Libération, le cabinet de la ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes n’a pas communiqué sur une date potentielle d’inscription du texte à l’ordre du jour. «
Le gouvernement est conscient de l’urgence, mais les arbitrages prennent du temps», a indiqué une source proche du dossier, sans préciser si un calendrier était en préparation.
La Coalition féministe et enfantiste a d’ores et déjà annoncé le dépôt d’une motion de censure symbolique si aucun progrès n’est constaté d’ici la fin du mois. «
Nous ne lâcherons rien», a prévenu Moreau. De son côté, le gouvernement devra rapidement clarifier ses intentions, sous peine de voir la mobilisation s’amplifier dans les semaines à venir.
La proposition de loi prévoit notamment la création d’un fichier national des auteurs de violences, l’extension des peines pour les crimes conjugaux, des mesures renforcées pour les mineurs victimes, et un renforcement des dispositifs de prévention et de protection.