Le nombre d’exécutions recensées dans le monde en 2025 a atteint un niveau inédit depuis 1981, selon le dernier rapport annuel de l’ONG Amnesty International, comme le rapporte Libération. Au total, 2 707 cas ont été documentés, impliquant uniquement 17 pays, un chiffre qui illustre une concentration extrême des pratiques judiciaires dans quelques États seulement.

Ce qu'il faut retenir

  • En 2025, 2 707 exécutions ont été recensées dans le monde, un record depuis 1981.
  • Ces exécutions concernent seulement 17 pays, principalement situés au Moyen-Orient.
  • L’Iran et l’Arabie saoudite représentent à eux seuls la majorité de ces cas.
  • Le Moyen-Orient domine largement ce classement, confirmant une tendance régionale persistante.

L’ONG souligne que ces chiffres, bien que partiels, reflètent une réalité alarmante. Amnesty International précise que les données proviennent de sources officielles, de médias et d’organisations locales, mais que le nombre réel pourrait être bien plus élevé en raison des pratiques opaques de certains régimes. « Les chiffres officiels sous-estiment souvent la réalité, notamment dans les pays où les exécutions sont menées dans la clandestinité », a déclaré une porte-parole de l’ONG.

Le Moyen-Orient, épicentre des exécutions

Parmi les 17 pays ayant recours à la peine de mort, le Moyen-Orient se distingue comme l’épicentre de ces pratiques. L’Iran et l’Arabie saoudite figurent en tête du classement, avec des milliers de cas documentés entre eux. Ces deux États appliquent la peine capitale pour des infractions allant du meurtre au trafic de drogue, en passant par les crimes politiques ou religieux. Libération rappelle que l’Iran a exécuté 500 personnes en 2025, tandis que l’Arabie saoudite en a recensé 81, selon les chiffres de l’ONU.

D’autres pays de la région, comme l’Irak et le Yémen, contribuent également à ce bilan. Cependant, leurs chiffres restent bien inférieurs à ceux de Téhéran et Riyad. « La concentration des exécutions dans quelques pays seulement montre que la peine de mort est avant tout une question de politique intérieure et de contrôle social », a analysé un expert en droits humains cité par Libération.

Des disparités criantes avec le reste du monde

Hors du Moyen-Orient, les exécutions se raréfient. Seuls 15 autres pays dans le monde y ont eu recours en 2025, principalement en Asie et en Afrique. La Chine, bien que ses données restent classifiées, est régulièrement pointée du doigt pour son usage massif de la peine capitale. En Afrique, le Soudan et la Somalie figurent parmi les rares États à appliquer encore cette pratique, souvent dans des contextes de conflits armés ou de tensions politiques.

En Europe, la peine de mort est totalement abolie, tandis que les États-Unis, seul pays du continent américain à encore l’appliquer, en ont recensé 24 cas en 2025. Ces chiffres contrastent fortement avec ceux du Moyen-Orient, où la peine capitale est souvent utilisée comme un outil de dissuasion ou de répression. « La peine de mort n’a jamais été prouvée comme un moyen de réduire la criminalité », a rappelé Amnesty International dans son rapport.

Et maintenant ?

Les prochains mois pourraient voir une intensification des pressions internationales sur les pays pratiquant la peine de mort. L’ONU doit se prononcer en juin 2026 sur un nouveau texte appelant à un moratoire mondial, une échéance que les défenseurs des droits humains suivront de près. Cependant, rien n’indique pour l’instant que les régimes concernés, comme l’Iran ou l’Arabie saoudite, soient prêts à revoir leur position.

Les organisations de défense des droits humains appellent à une mobilisation accrue pour documenter ces pratiques et soutenir les familles des condamnés. « Chaque exécution est une atteinte irréparable aux droits fondamentaux », a souligné une représentante d’Amnesty International. Reste à voir si la communauté internationale parviendra à faire entendre sa voix face à des régimes déterminés à maintenir ces pratiques.

En Iran, la peine capitale est appliquée pour des infractions telles que le meurtre, le viol, le trafic de drogue à grande échelle, l’apostasie, l’adultère et certains crimes politiques. En Arabie saoudite, les crimes passibles de la peine de mort incluent le meurtre, le viol, le terrorisme, le trafic de drogue, l’apostasie, le blasphème et certains crimes liés à la sorcellerie ou à la magie. Ces deux pays appliquent également la peine de mort pour des infractions commises par des mineurs au moment des faits, ce qui est contraire au droit international.