Le marché de l’or traverse une période de forte volatilité depuis le début de l’année 2026. Selon Cryptoast, le métal jaune a perdu plus de 5 % sur la semaine et s’échange désormais autour de 4 000 dollars l’once, un niveau inédit depuis sept mois. Cette baisse s’inscrit dans un contexte de tensions géopolitiques et de décisions majeures des grandes banques centrales, notamment aux États-Unis et en Chine.

Le mouvement de repli s’accompagne d’une chute de près de 30 % depuis le pic historique enregistré en janvier 2026, où l’once avait frôlé les 5 600 dollars. L’argent, souvent considéré comme un actif complémentaire à l’or, a quant à lui reculé de plus de 50 % sur la même période, illustrant l’ampleur du retournement de tendance. Face à cette situation, les investisseurs s’interrogent sur les raisons de ce recul et sur l’éventualité d’une opportunité d’achat.

Ce qu'il faut retenir

  • L’or chute sous les 4 000 dollars l’once, un niveau plus vu depuis sept mois, après avoir perdu plus de 5 % en une semaine.
  • Cette baisse de près de 30 % depuis janvier 2026 s’accompagne d’un recul de plus de 50 % pour l’argent sur la même période.
  • Les causes identifiées incluent un mouvement de bear flattening de la courbe des taux américains et l’arrêt des injections de liquidités par la Banque populaire de Chine.
  • Le directeur de la Réserve fédérale, Kevin Warsh, joue un rôle clé dans cette dynamique, selon l’analyste Gaurav Mehta de Pine Tree Macro.

Un aplatissement de la courbe des taux américains sous l’effet des annonces de la Fed

L’une des principales explications à la baisse de l’or réside dans le mouvement de « bear flattening » observé sur la courbe des taux américains. Selon l’analyste Gaurav Mehta, de Pine Tree Macro, ce phénomène reflète un aplatissement de la courbe, directement lié à l’annonce de la nomination de Kevin Warsh à la tête de la Réserve fédérale. Ce type de mouvement, traditionnellement associé à un resserrement de la liquidité bancaire, tend à renforcer le dollar.

L’indice du dollar (DXY) a d’ailleurs atteint cette semaine son plus haut niveau en plus d’un an. Les marchés anticipent désormais une hausse des taux d’intérêt, ce qui, historiquement, profite à la fois à l’or et au Bitcoin. « Le contexte actuel montre une corrélation inverse entre le dollar et l’or, dans un environnement marqué par des anticipations de politique monétaire plus restrictive », a précisé Gaurav Mehta.

La Chine, premier acheteur mondial d’or, réduit ses injections de liquidités

Un autre facteur clé expliquant la chute de l’or provient de la politique monétaire de la Chine. Dès la première semaine de mars 2026, la Banque populaire de Chine a brutalement interrompu ses injections de liquidités. Or, Pékin était jusqu’alors considéré comme le premier acheteur marginal d’or au monde, privilégiant ce métal aux placements immobiliers ou actions en période de crise.

Selon Gaurav Mehta, cette décision pourrait s’inscrire dans une stratégie plus large visant à sortir le pays d’un « piège à dette » en dévaluant le yuan par rapport à l’or. « La Chine cherche à ajuster sa position en liquidités pour éviter un surendettement, et l’or, souvent perçu comme une valeur refuge, est un outil de cette politique », a-t-il souligné. Par ailleurs, des ventes d’or par d’autres banques centrales pour financer leurs achats de pétrole pourraient également expliquer cette tendance baissière.

Un recul de l’or aux conséquences multiples sur les marchés

La chute de l’or sous les 4 000 dollars l’once intervient dans un contexte géopolitique déjà tendu, notamment en raison du conflit en Iran. Les tensions au Moyen-Orient ont souvent poussé les investisseurs vers les actifs refuges, mais cette fois, le métal jaune n’a pas résisté à la combinaison de facteurs macroéconomiques et politiques.

Les observateurs notent que l’or, qui avait atteint des sommets en janvier 2026, a depuis perdu près de 1 600 dollars l’once. Pour Gaurav Mehta, deux scénarios pourraient inverser cette tendance : soit une perte de confiance dans la politique de Kevin Warsh, soit un retour des liquidités de la part de la Banque populaire de Chine. « Tout dépendra de la capacité de Pékin à relancer son économie via des injections de liquidités et de l’évolution de la politique monétaire américaine », a-t-il conclu.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines s’annoncent décisives pour l’or. Si la Réserve fédérale maintient une posture restrictive ou si la Chine ne relance pas ses injections de liquidités, la tendance baissière pourrait se prolonger. En revanche, un assouplissement monétaire de la part de la Fed ou une reprise des achats chinois pourrait inverser la vapeur. Les investisseurs devraient surveiller de près les annonces des deux banques centrales d’ici la fin du mois de juillet.

Au-delà de ces facteurs conjoncturels, la chute de l’or soulève des questions plus larges sur la stratégie des grandes puissances économiques. La dépréciation du yuan orchestrée par Pékin, combinée à la politique de la Fed, pourrait redessiner les équilibres monétaires mondiaux. Dans un contexte où les métaux précieux perdent leur rôle traditionnel de valeur refuge, les acteurs du marché doivent adapter leurs stratégies d’investissement.

Selon Gaurav Mehta de Pine Tree Macro, cité par Cryptoast, la Banque populaire de Chine cherche à sortir d’un « piège à dette » en dévaluant le yuan par rapport à l’or. Cette stratégie vise à réduire l’endettement du pays en limitant les placements dans des actifs comme l’or, jugés moins prioritaires que la stabilité financière interne.