Près d’un million de vues sur les réseaux sociaux pour une vidéo de sensibilisation : un psychologue met en garde contre l’usage systématique des benzodiazépines comme le Lorazépam ou l’Alprazolam lors des crises d’anxiété. Selon Top Santé, cette pratique courante empêche pourtant de saisir le message que l’organisme tente d’adresser.

Ce qu'il faut retenir

  • Près d’un million de vues pour une vidéo d’un psychologue sur les benzodiazépines comme l’Alprazolam et le Lorazépam
  • L’usage réflexe de ces médicaments masque l’origine réelle des crises d’angoisse
  • Les crises d’anxiété sont souvent le symptôme d’un déséquilibre à identifier, et non une simple réaction passagère
  • Les benzodiazépines agissent en 30 à 60 minutes mais masquent les causes profondes de l’anxiété

Des comprimés efficaces, mais une réponse incomplète

Les benzodiazépines comme le Lorazépam (commercialisé sous le nom de Temesta) ou l’Alprazolam (Xanax) sont fréquemment prescrits pour soulager rapidement les crises d’angoisse aiguë. Leur action sédative, souvent ressentie dans les 30 à 60 minutes après la prise, en fait un recours immédiat pour des millions de patients en France. Pourtant, comme le souligne le psychologue auteur de la vidéo virale, cette solution ne traite que les symptômes, sans résoudre la cause du malaise.

« Prendre ces médicaments à chaque crise revient à éteindre une alarme sans chercher à comprendre pourquoi elle s’est déclenchée », explique-t-il. Selon ses propos rapportés par Top Santé, cette approche expose les patients à un risque de dépendance et de chronicisation des troubles anxieux, alors même que les crises pourraient être prévenues par une meilleure gestion du stress ou une thérapie ciblée.

L’angoisse, un signal à décrypter

Les crises d’anxiété ne sont pas des réactions aléatoires. Elles reflètent souvent des tensions psychologiques ou des déséquilibres internes que le corps exprime de manière brutale. Plutôt que de masquer ces signaux avec des médicaments, les spécialistes recommandent d’en analyser les déclencheurs : surmenage, conflits relationnels, traumatismes non résolus, ou même déséquilibres neurobiologiques comme un excès de cortisol.

« Une crise d’angoisse, c’est comme un voyant rouge sur le tableau de bord de votre voiture », précise le psychologue. « Si vous le couvrez avec du ruban adhésif, le problème persiste. La solution, c’est d’ouvrir le capot et de voir ce qui ne va pas. » Une métaphore qui résume l’enjeu : les benzodiazépines offrent un soulagement immédiat, mais à quel prix à long terme ?

Les benzodiazépines, une solution à risque

Les benzodiazépines sont des molécules puissantes, dont l’usage prolongé peut entraîner une accoutumance, voire une dépendance physique. En France, leur prescription est encadrée depuis plusieurs années, notamment en raison de leur potentiel d’abus. Selon les données de l’Assurance Maladie, plus de 11 millions de boîtes de benzodiazépines anxiolytiques sont vendues chaque année, malgré les mises en garde des autorités sanitaires.

D’après Top Santé, le psychologue insiste sur le fait que ces médicaments ne devraient être utilisés qu’en dernier recours, et pour une durée limitée. « Ils sauvent des vies dans les crises aiguës, mais leur utilisation répétée sans accompagnement thérapeutique est un piège », a-t-il déclaré. Pourtant, faute d’alternatives accessibles, beaucoup de patients se tournent vers eux par habitude ou par méconnaissance.

Et maintenant ?

Face à la popularité croissante de cette prise de conscience, les professionnels de santé pourraient accélérer la mise en place d’ateliers de prévention ou de thérapies brèves pour apprendre aux patients à gérer leurs crises sans recourir systématiquement aux médicaments. Une initiative déjà testée dans certaines régions, mais encore trop peu diffusée. Reste à voir si les pouvoirs publics suivront cette voie, alors que les listes d’attente pour les consultations en psychologie s’allongent.

La question n’est donc plus seulement de savoir comment calmer une crise, mais comment en éviter l’apparition. Une approche qui suppose un changement de paradigme dans la prise en charge de l’anxiété, bien au-delà de la simple prescription médicamenteuse.

Plusieurs méthodes peuvent aider à apaiser une crise sans recourir aux médicaments. Parmi elles, les techniques de respiration profonde (comme la cohérence cardiaque), la méditation, ou encore des exercices de recentrage sensoriel (comme la méthode 5-4-3-2-1). Certaines thérapies cognitivo-comportementales (TCC) enseignent également des outils pour gérer les pensées anxieuses sur le long terme.