Selon Ouest France à la une, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) joue un rôle crucial dans la protection de la santé des citoyens français. Le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, souligne que le mandat de l'organisation est universel : « Permettre à tous les peuples d'atteindre le niveau de santé le plus élevé possible ». L'OMS est souvent réduite à une bureaucratie onusienne, à la gestion des pandémies ou à l'assistance aux pays à revenu faible, mais en réalité, elle est une infrastructure qui permet aux systèmes de santé nationaux, y compris celui de la France, de fonctionner plus efficacement.

Ce qu'il faut retenir

  • L'OMS organise une surveillance sanitaire mondiale permanente pour anticiper les menaces.
  • L'organisation produit une intelligence sanitaire mondiale en agrégeant des données mondiales et en les transformant en recommandations opérationnelles.
  • L'OMS participe au fonctionnement concret des systèmes de santé, notamment à travers la Classification internationale des maladies.

Anticiper les menaces

La pandémie de Covid-19 a rappelé une réalité que l'on a trop souvent tendance à ignorer : la souveraineté sanitaire des États ne signifie pas que ces derniers disposent d'une autonomie complète. Dans un monde interdépendant, ladite autonomie dépend de la capacité des différents gouvernements à coopérer efficacement les uns avec les autres. L'OMS organise une surveillance sanitaire mondiale permanente pour anticiper les menaces et permettre aux pays de se préparer.

Le règlement sanitaire international (RSI), révisé en 2005 et adopté par 196 États, puis amendé en 2024, précise que les signataires doivent signaler rapidement tout événement susceptible de constituer une menace pour la santé publique mondiale. Ces informations sont centralisées et analysées par l'OMS, qui évalue les risques et coordonne, si nécessaire, une réponse internationale.

Produire une intelligence sanitaire mondiale

L'OMS ne se contente pas de gérer les crises. Elle joue également un rôle central dans la production et la circulation des connaissances scientifiques à l'échelle mondiale. Aujourd'hui, les décisions de santé publique reposent sur des données extrêmement complexes : évolution des maladies, impact de la pollution, efficacité des traitements ou effets du changement climatique sur la santé. L'OMS agrège ces données mondiales, les compare et les transforme en recommandations opérationnelles.

Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC, ou IARC en anglais), basé à Lyon et rattaché à l'OMS, joue un rôle mondial dans l'évaluation des substances cancérogènes. Les pouvoirs publics peuvent ensuite se baser sur ces classifications pour faire évoluer leurs législations, qu'il s'agisse de réglementer certains produits, d'orienter les crédits de recherche ou de renforcer les politiques de prévention.

Essentielle au fonctionnement des systèmes de santé

L'utilité de l'OMS ne se limite ni aux crises sanitaires ni à l'expertise scientifique. Elle participe aussi au fonctionnement concret des systèmes de santé. La Classification internationale des maladies, publiée par l'OMS, est utilisée quotidiennement dans les hôpitaux et les administrations de santé. Ce langage commun permet de standardiser le codage des maladies et des actes médicaux, ce qui facilite le financement des soins, l'établissement de statistiques sanitaires ou encore la comparaison des données entre pays.

L'OMS joue également un rôle majeur dans la coordination des politiques publiques lorsque les enjeux dépassent les frontières nationales. Par exemple, en matière de liens entre santé humaine, santé animale et santé environnementale, l'organisation assure un rôle de coordination avec l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), l'Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) et le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE).

Et maintenant ?

Les débats actuels autour de l'OMS mettent en lumière une question politique centrale : comment protéger efficacement les populations dans un monde où les risques sanitaires dépassent les frontières nationales ? L'OMS ne se substitue pas aux États. Elle rend leur action possible dans un monde interdépendant. Affaiblir cette coopération ne renforcerait pas la souveraineté sanitaire nationale ; cela accroîtrait au contraire la vulnérabilité collective.

En conclusion, l'OMS joue un rôle essentiel dans la protection de la santé des citoyens français, en anticipant les menaces, en produisant une intelligence sanitaire mondiale et en participant au fonctionnement concret des systèmes de santé. Il est donc crucial de continuer à soutenir et à renforcer cette organisation pour assurer la sécurité sanitaire de tous.