L'Ouzbékistan, un pays d'Asie centrale, ambitionne de devenir un acteur majeur dans le domaine de l'intelligence artificielle (IA). Selon Euronews FR, le pays vise à atteindre au moins 5 milliards de dollars (4,3 milliards d'euros) d'exportations de services informatiques et d'IA d'ici à 2030. Cette stratégie fait partie d'un plan plus large pour développer l'économie numérique du pays et passer de la sous-traitance à des services à plus forte valeur ajoutée.

Ce plan est motivé par la jeunesse et la connectivité croissante de la population ouzbèke. Avec 9,6 millions de personnes âgées de 14 à 30 ans au début de l'année 2025 et un taux de pénétration d'Internet de 89 % à la fin de 2025, le pays offre une base potentielle pour la formation au numérique et le développement de l'IA.

Ce qu'il faut retenir

  • L'Ouzbékistan vise 5 milliards de dollars d'exportations d'IA d'ici 2030.
  • Les exportations annuelles de services informatiques sont passées de moins de 1 million de dollars en 2017 à près de 1 milliard de dollars en 2026.
  • Le pays compte 9,6 millions de personnes âgées de 14 à 30 ans et un taux de pénétration d'Internet de 89 %.
  • L'Ouzbékistan cherche à attirer des entreprises en quête de talents, de centres de production et d'équipes multilingues.
  • Le gouvernement a lancé le programme « 5 Million AI Leaders » pour diffuser la culture de l'IA dans les écoles, les universités et parmi les fonctionnaires.

Les défis de l'IA en Ouzbékistan

Le ministre ouzbek des Technologies numériques, Sherzod Shermatov, souligne que la prochaine étape dépendra des compétences, des investissements et de la capacité à déployer l'IA dans les entreprises comme dans les services publics. Les responsables, les investisseurs et les spécialistes de l'IA ont détaillé ces enjeux dans des entretiens accordés à Euronews en marge du Forum international de l'investissement de Tachkent.

Les centres de données restent au cœur des projets ouzbeks en matière d'IA, mais ils ne constituent pas une fin en soi. Ils sont l'infrastructure nécessaire pour soutenir les services cloud, les outils d'IA et les exportations numériques. Shermatov relie directement l'essor des centres de données à la politique énergétique, soulignant que l'Ouzbékistan veut vendre de l'électricité « sous forme de services de centres de données dédiés à l'IA ».

Les perspectives pour l'IA en Asie centrale

Benedict Macon-Cooney, directeur de l'IA et de l'innovation à l'Institut Tony Blair pour le changement global, estime que des pays comme l'Ouzbékistan ont davantage de chances de trouver leur place dans les services et les applications d'IA, plutôt qu'en tentant de rivaliser directement avec les États-Unis ou la Chine dans la conception des modèles d'IA les plus avancés.

Le principal défi reste la mise en œuvre, selon Macon-Cooney. Il s'agit de « transformer des documents bien réels en prestations concrètes et en actions ». Les premiers gains pourraient venir de domaines routiniers mais essentiels de l'administration publique, comme la gestion des formulaires, les contrôles de conformité, l'administration fiscale et la détection des fraudes.

Et maintenant ?

L'Ouzbékistan devra continuer à investir dans les compétences, les infrastructures et les incitations pour attirer les entreprises et les investisseurs dans le domaine de l'IA. La confiance et la cybersécurité seront également des défis majeurs à relever pour assurer le succès de ce plan ambitieux.

En conclusion, l'Ouzbékistan est sur la voie de devenir un acteur important dans le domaine de l'IA, avec des objectifs ambitieux et des défis à relever. Le pays doit maintenant mettre en œuvre ses plans et attirer les investissements nécessaires pour atteindre ses objectifs.