Aux Philippines, l’ube n’est plus seulement un ingrédient traditionnel : il s’impose comme une véritable tendance mondiale. Selon Franceinfo - Culture, ce tubercule à la chair violette intense, autrefois cantonné aux recettes locales, est aujourd’hui plébiscité par les pâtissiers et les amateurs de gastronomie à l’international. Entre exportations record et créations culinaires innovantes, l’ube bouleverse les habitudes alimentaires et les économies des régions qui le cultivent.
Ce qu'il faut retenir
- Un tubercule violet originaire du nord des Philippines, autrefois méconnu hors de l’archipel, devenu star des desserts et boissons dans le monde.
- La production mensuelle atteint jusqu’à 20 tonnes dans certaines exploitations, comme celle de Villamor Laureta, qui a abandonné le maïs pour l’ube.
- L’ube est exporté en poudre vers l’Europe et la France, où il est utilisé pour colorer et aromatiser boissons et pâtisseries.
- Depuis mars 2025, les produits à base d’ube connaissent un boom en France, notamment après une viralité sur les réseaux sociaux.
- Plus de 40 personnes travaillent dans la ferme de Villamor Laureta, dont la production est désormais stable, contrairement aux cultures précédentes.
Un tubercule au cœur d’une révolution culinaire
L’ube, souvent confondu avec la patate douce en raison de sa texture, séduit d’abord par sa couleur violette éclatante. « Ça ressemble à de la patate douce, mais avec une pointe de vanille. La couleur violette est vraiment attirante et ce n’est pas trop sucré. C’est vraiment délicieux », témoigne une passante interrogée par Franceinfo - Culture. Longtemps réservé aux desserts traditionnels philippins, comme les gâteaux ou les bonbons, ce tubercule s’exporte désormais bien au-delà des frontières de l’archipel. Son succès tient autant à son goût unique qu’à sa polyvalence : il peut être utilisé en légume, en dessert, ou transformé en poudre pour colorer des préparations.
L’ube, un levier économique pour les agriculteurs philippins
Dans les champs du nord des Philippines, l’ube pousse sous un climat propice, donnant aux paysages des allures de vignobles. Villamor Laureta, agriculteur depuis toujours, a troqué le chou et le maïs contre ce tubercule il y a un an et demi. « Avant, je cultivais du chou et du maïs, mais je perdais de l’argent. Depuis que j’ai commencé à planter de l’ube, j’ai enfin un revenu stable », confie-t-il. Aujourd’hui, sa ferme emploie une quarantaine de personnes et produit jusqu’à 20 tonnes d’ube par mois, une partie étant transformée en poudre pour l’export. « Cette variété, on la transforme en poudre pour l’exporter en Europe. Ils l’aiment parce qu’elle est très violette, très colorée. C’est bien pour faire des boissons », explique Camelle Morta-Singh, également agricultrice.
Des recettes ancestrales aux créations modernes
Charlène Cristobal, pâtissière spécialisée, perpétue les recettes familiales à base d’ube depuis des générations. Pour elle, ce tubercule est bien plus qu’un ingrédient : « On peut cuisiner l’ube de plein de manières différentes. On peut l’utiliser comme un légume, en dessert. Pour nous, aux Philippines, c’est un dessert nostalgique. On le mange quand on est enfant, pendant les vacances. » La préparation n’a rien d’évident : les morceaux d’ube sont d’abord coupés et broyés, puis mélangés à du lait et du sucre avant d’être cuits avec du beurre. Une fois réduit en pâte violette, il peut servir de base à toutes sortes de gâteaux, des plus traditionnels aux plus audacieux.
L’ube conquiert les tables du monde, de Manille à Paris
Sur les réseaux sociaux, les recettes à base d’ube se multiplient, propulsant ce tubercule au rang d’icône culinaire. En France, certains cafés parisiens, comme le Kapé Paris, ont intégré l’ube à leur carte. « Depuis mars 2025, on a eu, suite à une vidéo sur les réseaux sociaux, on a senti un vrai boom. Du coup, il y a énormément de monde qui sont venus goûter nos produits à base d’ube. Maintenant, ça devient un peu plus répandu », explique Aurélie Véchot, propriétaire de l’établissement. Glaces, cookies ou boissons : l’ube se décline désormais sous toutes ses formes, séduisant une clientèle en quête d’originalité et de couleurs.
Longtemps resté dans l’ombre de la cuisine traditionnelle philippine, l’ube a su s’imposer comme un incontournable des desserts et des boissons à l’échelle mondiale. Son succès repose autant sur son goût unique que sur sa capacité à se réinventer, des champs du nord des Philippines aux terrasses des cafés parisiens. Une chose est sûre : ce tubercule violet a encore de beaux jours devant lui.