La Commission européenne a publié, le 9 juin 2026, la 48e mise à jour de sa liste noire de l’aviation civile européenne, plus communément appelée EU Air Safety List (ASL). Selon Euronews FR, cette liste recense désormais 154 compagnies aériennes interdites de vol dans l’espace aérien de l’Union européenne en raison de graves lacunes en matière de sécurité.

Parmi les transporteurs ajoutés figure Air Express Algeria, dont l’exploitation a été suspendue après que les régulateurs européens ont identifié « des déficiences majeures » dans le respect des normes internationales de sécurité édictées par l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI). Une décision qui intervient dans un contexte où Bruxelles renforce son arsenal de contrôle pour garantir la sûreté des vols au-dessus de l’Europe.

Ce qu'il faut retenir

  • La EU Air Safety List compte désormais 154 compagnies aériennes interdites au 9 juin 2026, contre 128 en 2025.
  • Air Express Algeria fait partie des nouvelles interdictions en raison de « graves préoccupations en matière de sécurité ».
  • Douze pays voient l’intégralité de leurs compagnies aériennes bannies, tandis que d’autres font l’objet de restrictions ciblées.
  • Le Kirghizstan a été retiré de la liste noire après avoir « significativement amélioré » sa supervision aérienne.
  • Les voyageurs consultent massivement cette liste : 81 % des Européens interrogés déclarent éviter une compagnie figurant sur l’ASL.

Une liste noire qui s’allonge et se durcit

Air Express Algeria rejoint les 126 autres transporteurs issus de 16 pays déjà inscrits sur l’ASL pour « supervision insuffisante » par leurs autorités nationales de l’aviation civile. La Commission européenne justifie cette exclusion par l’impossibilité pour ces compagnies de garantir un niveau de sécurité conforme aux exigences de l’OACI.

Parmi les pays concernés par une interdiction totale, 15 États voient tous leurs opérateurs aériens bannis : Afghanistan, Arménie, Congo, République démocratique du Congo, Djibouti, Guinée équatoriale, Érythrée, Libéria, Libye, Népal, São Tomé-et-Príncipe, Sierra Leone, Soudan, Suriname et Tanzanie. Une mesure qui reflète l’incapacité de ces pays à superviser efficacement leurs compagnies, selon les audits réalisés par l’UE.

Des exceptions et des restrictions ciblées

L’Angola fait figure d’exception : si l’ensemble de ses compagnies était auparavant interdit, deux transporteurs conservent aujourd’hui une autorisation de vol en Europe : TAAG Angola Airlines et Heli Malongo. Une décision prise après vérification de leur conformité aux normes européennes.

Côté restrictions, 22 compagnies russes restent interdites, tout comme Air Zimbabwe (Zimbabwe), Avior Airlines (Venezuela), Iran Aseman Airlines (Iran), Fly Baghdad et Iraqi Airways (Irak). Ces transporteurs ont été épinglés pour des « déficiences critiques en matière de sécurité », selon les termes de Bruxelles. En revanche, Iran Air et les compagnies nord-coréennes ne sont pas totalement bannies : elles peuvent opérer en Europe, mais uniquement avec des appareils spécifiques agréés.

Le Kirghizstan sort de la liste noire après 20 ans de progrès

À l’inverse des pays sanctionnés, le Kirghizstan a été retiré de l’ASL, une première depuis la création de la liste il y a vingt ans. La Commission européenne salue dans un communiqué les « progrès significatifs » réalisés par ce pays pour renforcer la supervision de sa sécurité aérienne. Une évolution qui pourrait inspirer d’autres États encore sous surveillance.

Cette mise à jour illustre la double logique de l’ASL : d’un côté, sanctionner les compagnies et pays défaillants, de l’autre, encourager les améliorations structurelles via un mécanisme de pression progressive. « C’est un outil dissuasif efficace », souligne la Commission, rappelant que les pays placés sous surveillance tendent à corriger leurs pratiques pour éviter une interdiction totale.

Et maintenant ?

Les prochaines révisions de l’ASL ne sont pas planifiées à date fixe. Le comité de la sécurité aérienne de l’UE, composé d’experts des États membres et soutenu par l’Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne (EASA), se réunit deux à trois fois par an pour examiner les dossiers. Une nouvelle mise à jour pourrait intervenir d’ici la fin 2026, notamment si des États membres ou l’EASA identifient de nouveaux risques.

Pour les voyageurs, la prudence reste de mise : consulter régulièrement la liste avant un vol international permet d’éviter les mauvaises surprises. Les pays où la sensibilisation à l’ASL est la plus forte – à savoir Chypre, Malte et le Luxembourg – montrent que la vigilance des passagers peut aussi jouer un rôle dans la pression exercée sur les compagnies défaillantes.

Une liste qui influence les choix des passagers

L’impact de l’ASL sur les comportements des voyageurs est indéniable. Selon une enquête Eurobaromètre commandée par la Commission, 81 % des Européens déclarent tenir compte de cette liste lors de la réservation de leurs billets d’avion. Parmi eux, 36 % évitent purement et simplement une compagnie figurant sur la liste noire, une donnée qui montre à quel point ce dispositif pèse dans les décisions de transport aérien.

Créée en 2006, l’ASL s’appuie sur des audits rigoureux menés par l’EASA et les autorités nationales de l’aviation civile. Les compagnies ou pays concernés sont notifiés des manquements relevés, avec la possibilité de présenter des correctifs. Si ces derniers sont jugés insuffisants, l’interdiction est prononcée. Un processus qui, selon Bruxelles, a permis d’améliorer la sécurité aérienne dans plusieurs régions du monde.

Cette 48e version de l’ASL rappelle que la sécurité des vols reste une priorité absolue pour l’Europe, malgré les tensions géopolitiques et les défis économiques qui pèsent sur le secteur aérien. Pour les passagers, la règle est simple : vérifier avant de réserver.

Un passager ayant réservé un vol avec une compagnie inscrite sur la EU Air Safety List verra son vol annulé ou détourné. Les compagnies européennes ou celles opérant dans l’espace Schengen appliquent strictement cette interdiction et refuseront l’embarquement. En cas de réservation via une agence, celle-ci est tenue de proposer une alternative ou un remboursement, conformément au règlement européen sur les droits des passagers aériens.

La liste complète et actualisée des compagnies interdites est disponible sur le site officiel de la Commission européenne et de l’EASA. Il est recommandé de consulter cette liste avant toute réservation, notamment pour les vols en provenance ou à destination de pays à risque. Certaines compagnies peuvent également afficher leur conformité sur leur site web ou dans les conditions générales de transport.