Alors que la dix-septième épidémie d’Ebola frappe la République démocratique du Congo (RDC) depuis plusieurs semaines, l’Union européenne (UE) a réitéré son engagement aux côtés des autorités locales et des partenaires internationaux. D’après RFI, la commissaire européenne à l’Égalité, à la préparation aux crises et à la gestion des urgences, s’est rendue le 8 juin 2026 au siège du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), situé à Addis-Abeba, en Éthiopie. Cette visite s’inscrit dans le cadre d’une mission sur le terrain, marquée par un déplacement à Bunia, dans le nord-est de la RDC, considéré comme l’épicentre du foyer épidémique.
Ce qu'il faut retenir
- La RDC recense 515 cas confirmés d’Ebola, dont 91 décès.
- L’Ouganda déclare 19 cas confirmés, avec 2 décès.
- La commissaire européenne à l’Égalité et à la gestion des crises a rencontré les responsables de l’Africa CDC pour coordonner l’aide.
- Le nord-est de la RDC, autour de Bunia, reste la zone la plus touchée par l’épidémie.
- Cette épidémie est la 17e enregistrée en RDC depuis la découverte du virus en 1976.
Une mission européenne pour évaluer l’ampleur de la crise
La venue de la commissaire européenne à Bunia, dans la province de l’Ituri, visait à mesurer l’impact de l’épidémie sur les populations locales. Selon les autorités sanitaires congolaises, le nord-est du pays concentre la majorité des cas, en raison de la mobilité des populations et de la difficulté d’accès à certaines zones reculées. L’Africa CDC, organisme continental chargé de la surveillance épidémiologique, joue un rôle central dans la coordination des réponses entre les États africains et leurs partenaires internationaux.
Lors de sa déclaration à Addis-Abeba, la commissaire européenne a souligné « l’urgence de maintenir un soutien logistique et financier pour endiguer la propagation du virus », alors que les ressources locales sont mises à rude épreuve. Les équipes sur place font face à des défis logistiques majeurs, entre l’isolement de certaines communautés et les tensions sécuritaires persistantes dans la région.
Des chiffres préoccupants en RDC et en Ouganda
Les derniers bilans sanitaires, arrêtés au 8 juin 2026, révèlent une situation sanitaire critique en RDC, où l’épidémie a déjà causé la mort de 91 personnes sur 515 cas confirmés. En Ouganda, voisin de la RDC, 19 cas ont été recensés, dont 2 décès. Ces chiffres, bien que moins élevés qu’en RDC, alimentent les craintes d’une extension géographique du virus, d’autant que les systèmes de santé des deux pays restent fragiles.
Le variant du virus Ebola circulant en RDC en 2026 est le même que celui identifié lors des précédentes flambées, ce qui limite les risques de mutation dangereuse. Cependant, la persistance de cas groupés dans des zones densément peuplées complique la tâche des équipes médicales, notamment en raison des rites funéraires traditionnels, souvent vecteurs de transmission.
L’Africa CDC, pivot de la riposte continentale
L’Africa CDC, basé à Addis-Abeba, coordonne depuis des années les réponses aux épidémies sur le continent africain. Ses missions incluent le déploiement d’experts, la fourniture de matériel médical et la formation des personnels soignants. Lors de la visite de la commissaire européenne, le directeur général de l’Africa CDC a rappelé « l’importance d’une approche régionale pour éviter une propagation transfrontalière ». L’organisme a déjà mobilisé des ressources pour renforcer les capacités de détection précoce dans les pays voisins de la RDC.
— Cette épidémie survient dans un contexte où l’Afrique fait face à une résurgence de maladies infectieuses, entre fièvre de Lassa, choléra et dengue, ce qui exerce une pression supplémentaire sur les systèmes de santé nationaux.
Reste à savoir si ces mesures suffiront à inverser la tendance, alors que les défis logistiques et communautaires persistent. La situation sanitaire en RDC et en Ouganda pourrait, en cas d’aggravation, nécessiter une mobilisation accrue de la communauté internationale.
L’Africa CDC coordonne la réponse continentale aux épidémies, en fournissant un appui technique et logistique aux pays touchés. Il supervise notamment le déploiement d’équipes médicales, la distribution de matériel de protection et la formation des personnels de santé, tout en assurant une surveillance épidémiologique renforcée.