La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a lancé mardi 7 juillet 2026 à Bakou une tournée de deux jours dans le Caucase du Sud, marquant l’intérêt croissant de l’UE pour cette région clé. Selon Euronews FR, cette visite officielle s’inscrit dans une stratégie européenne visant à renforcer la stabilité, la sécurité énergétique et les liaisons de transport, alors que Bruxelles cherche à diversifier ses approvisionnements face aux tensions géopolitiques actuelles.

Cette étape azerbaïdjanaise constitue le premier volet d’un déplacement régional qui se poursuivra en Arménie, soulignant l’engagement de l’Union européenne à consolider ses partenariats dans le Caucase du Sud. Les discussions entre von der Leyen et le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev ont porté sur plusieurs dossiers prioritaires : le processus de paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, la coopération énergétique, la connectivité des transports et les infrastructures numériques.

Ce qu'il faut retenir

  • Ursula von der Leyen a rencontré Ilham Aliyev à Bakou pour lancer une visite de deux jours dans le Caucase du Sud, selon Euronews FR.
  • Les échanges ont porté sur la paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, la sécurité énergétique européenne et les projets de connectivité régionale.
  • L’UE a annoncé le lancement d’un Partenariat de connectivité UE-Azerbaïdjan, incluant des investissements pouvant atteindre 2 milliards d’euros via l’initiative Global Gateway.
  • L’Azerbaïdjan exporte désormais 50 % de son gaz vers l’UE, jouant un rôle clé dans la diversification des approvisionnements énergétiques européens.
  • Un programme de 20 millions d’euros a été dévoilé pour soutenir des initiatives de paix, comme le déminage ou le développement rural.
  • La visite s’inscrit dans une semaine de diplomatie européenne élargie, incluant des entretiens à Ankara avec le président turc Recep Tayyip Erdoğan.

Une coopération énergétique et géopolitique renforcée

Lors d’une conférence de presse conjointe, Ursula von der Leyen a salué le rôle de l’Azerbaïdjan comme partenaire énergétique fiable pour l’Europe. « Ces dernières années, l’Azerbaïdjan s’est révélé être un partenaire énergétique fiable et digne de confiance pour l’Union européenne », a-t-elle déclaré. « Nous n’avons pas oublié qu’à un moment où la Russie a instrumentalisé l’énergie, en particulier le gaz, contre l’Europe, l’Azerbaïdjan a pris le relais. Le corridor gazier méridional a effectivement renforcé la sécurité énergétique de l’Europe, et c’est une remarquable réussite. »

Le président Aliyev a pour sa part souligné l’augmentation des exportations de gaz azerbaïdjanais vers l’UE, qui représentent désormais la moitié des livraisons totales du pays. « Aujourd’hui, la moitié de nos exportations de gaz sont destinées aux États membres de l’Union européenne », a-t-il indiqué. Il a également présenté le corridor gazier méridional comme « la principale artère pour le transport du gaz naturel de l’Azerbaïdjan vers l’Europe », un axe devenu central dans la stratégie de diversification énergétique de Bruxelles.

Connectivité et paix : les autres piliers de l’accord

Au-delà de l’énergie, les deux dirigeants ont mis en avant la nécessité de renforcer la connectivité des transports dans le Caucase du Sud. Ursula von der Leyen a qualifié la région de « carrefour stratégique reliant l’Europe, la région caspienne et l’Asie centrale ». De son côté, Ilham Aliyev a insisté sur le rôle de l’Azerbaïdjan dans le développement des corridors de transport est-ouest et nord-sud, ainsi que sur l’augmentation des flux de marchandises transitant par le pays.

La présidente de la Commission européenne a également salué les progrès du processus de paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. « Je tiens à vous féliciter pour avoir engagé un accord de paix historique avec l’Arménie. Vous avez fait preuve d’un leadership personnel en faveur de la paix et de la coopération dans toute la région. Ensemble, nous pouvons réellement transformer la paix sur le papier en paix concrète », a-t-elle affirmé. Un accord dont elle a estimé qu’il pourrait ouvrir la voie à une coopération régionale plus large.

Un partenariat inédit et des investissements ambitieux

Ursula von der Leyen a annoncé le lancement d’un Partenariat de connectivité UE-Azerbaïdjan, couvrant les transports, l’énergie et les infrastructures numériques. Ce projet s’appuiera sur l’initiative Global Gateway de l’UE, qui prévoit jusqu’à 200 millions d’euros de subventions pour des projets dans le Caucase du Sud. Bruxelles pourrait mobiliser jusqu’à 2 milliards d’euros supplémentaires en investissements publics et privés, selon les besoins identifiés.

Par ailleurs, la Commission européenne a dévoilé un programme de 20 millions d’euros destiné à soutenir des initiatives de consolidation de la paix. Ce fonds financera notamment le déminage, des projets de santé, le développement rural et l’appui aux petites et moyennes entreprises. « Autant dire que ces mesures visent à ancrer la stabilité dans la durée », a précisé von der Leyen.

Pour Ilham Aliyev, ces annonces reflètent une « phase très active » dans les relations entre l’UE et l’Azerbaïdjan. « Il s’agit d’une dynamique sans précédent dans nos relations, qui reflète la volonté partagée de toutes les parties d’intensifier notre coopération et de renforcer le partenariat », a-t-il commenté. Il a également rappelé que les exportations de gaz vers l’UE avaient « fortement augmenté » depuis la signature du partenariat énergétique de 2022.

Une semaine de diplomatie européenne élargie

La visite de von der Leyen à Bakou s’inscrit dans un cadre plus large de diplomatie européenne dans la région. Le même jour, la haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères, Kaja Kallas, ainsi que les commissaires Marta Kos (Élargissement) et Magnus Brunner (Affaires intérieures) ont rencontré à Ankara le président turc Recep Tayyip Erdoğan et le ministre des Affaires étrangères Hakan Fidan. Ces échanges ont porté sur la sécurité régionale, la migration, le commerce et la connectivité, illustrant la stratégie globale de Bruxelles pour approfondir ses liens avec le Caucase du Sud et la Turquie.

Ces initiatives parallèles visent à renforcer la coopération de l’UE en matière d’énergie, de transport, de résilience économique et de stabilité régionale, alors que l’Europe cherche à réduire sa dépendance aux approvisionnements russes depuis l’invasion de l’Ukraine. Depuis 2022, la coopération UE-Azerbaïdjan s’est élargie au-delà du gaz naturel, incluant désormais les énergies renouvelables, les infrastructures numériques et le développement de la route internationale de transport transcaspienne, également appelée corridor médian.

Et maintenant ?

Ursula von der Leyen doit poursuivre sa tournée régionale en Arménie, où les discussions devraient porter sur la paix, la connectivité et l’engagement continu de l’UE dans le Caucase du Sud. Les prochaines étapes incluront la finalisation des accords de partenariat, notamment sur les infrastructures et les énergies renouvelables, ainsi que l’évaluation des projets financés par Global Gateway. Une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE est prévue en septembre 2026 pour faire un premier bilan de ces engagements, sans que des décisions supplémentaires n’aient été annoncées pour l’heure.

Les observateurs s’interrogent déjà sur la capacité de l’Azerbaïdjan à maintenir son rôle de fournisseur énergétique clé pour l’Europe, alors que les tensions avec l’Arménie persistent malgré les avancées diplomatiques. Les investissements dans les énergies renouvelables et les corridors de transport pourraient, à terme, modifier l’équilibre géopolitique de la région, mais leur mise en œuvre dépendra des négociations en cours.

Le Caucase du Sud, un enjeu stratégique pour l’UE

Cette tournée de von der Leyen dans le Caucase du Sud intervient dans un contexte où l’Europe cherche à sécuriser ses approvisionnements et à renforcer ses alliances en dehors de son voisinage immédiat. Le corridor gazier méridional, opérationnel depuis 2021, a déjà permis à l’Azerbaïdjan d’exporter plus de 12 milliards de mètres cubes de gaz par an vers l’UE, un volume appelé à augmenter avec l’extension des infrastructures.

Les projets de connectivité, comme le corridor médian, pourraient à l’avenir relier l’Europe à l’Asie centrale via le Caucase, créant une alternative aux routes commerciales traditionnelles. Cependant, leur réalisation dépendra de la stabilité politique dans la région et de la volonté des parties prenantes à concrétiser ces ambitions. Pour l’heure, l’UE mise sur ce partenariat pour diversifier ses sources d’énergie et renforcer sa présence dans une zone où la Russie et la Turquie étendent également leur influence.