Près d’un an après le renversement du président Andry Rajoelina, Madagascar s’apprête à engager une phase cruciale de son processus de transition politique. D’après France 24, le Conseil œcuménique des Églises chrétiennes (FFKM) a présenté la feuille de route des concertations nationales, prévues pour ce mois de septembre. L’objectif affiché est double : offrir une plateforme de dialogue aux Malgaches et esquisser les contours des futures institutions du pays.

Ce qu'il faut retenir

  • Un an après le renversement d’Andry Rajoelina, Madagascar entame des concertations nationales en septembre 2026.
  • Ces discussions sont organisées par le Conseil œcuménique des Églises chrétiennes (FFKM), représentant les principales confessions du pays.
  • L’enjeu est de définir les bases des nouvelles institutions malgaches à travers un dialogue inclusif.
  • La feuille de route dévoilée par le FFKM servira de cadre à ces échanges.

Une transition politique en suspens depuis un an

Le coup de force qui a conduit au départ d’Andry Rajoelina en septembre 2025 a laissé le pays dans une situation institutionnelle instable. Depuis, les acteurs politiques malgaches peinent à s’accorder sur une feuille de route commune. C’est dans ce contexte que le FFKM, acteur historique du dialogue social à Madagascar, a pris l’initiative de relancer le processus. « Nous souhaitons que ces concertations permettent à tous les Malgaches de s’exprimer librement », a déclaré un représentant du FFKM, cité par France 24. La démarche vise à éviter une transition prolongée sans perspective claire de sortie de crise.

Un cadre institutionnel à reconstruire

Les concertations nationales doivent aboutir à des propositions concrètes pour la refonte des institutions malgaches. Parmi les sujets clés figurent la réforme du système électoral, la répartition des pouvoirs entre les différentes branches de l’État, et la question de la décentralisation. « Ces échanges ne se limiteront pas à des discussions théoriques, a précisé un membre du FFKM. Nous voulons des engagements précis pour une transition crédible. » Les Malgaches sont appelés à participer activement, que ce soit via des assemblées locales ou des contributions écrites.

Des défis majeurs pour la crédibilité du processus

Malgré l’enthousiasme affiché par les organisateurs, les défis restent nombreux. D’abord, la méfiance entre les différents camps politiques pourrait freiner les avancées. Ensuite, la question de la représentativité des participants sera cruciale : comment s’assurer que toutes les régions et toutes les couches sociales soient entendues ? Enfin, le calendrier s’annonce serré. Les concertations sont prévues pour durer plusieurs semaines, avec l’objectif d’adopter un texte final d’ici la fin de l’année. « Nous tablons sur un processus transparent, a souligné un responsable du FFKM. Mais la réussite dépendra de l’implication de tous. »

Et maintenant ?

Si les concertations aboutissent à un consensus, elles pourraient déboucher sur la convocation d’une conférence nationale ou d’une assemblée constituante. Une telle étape marquerait une avancée significative vers la stabilisation du pays. Pour l’heure, le FFKM a prévu d’organiser des réunions régionales dès la mi-septembre, avant de centraliser les contributions à Antananarivo. Reste à voir si les acteurs politiques parviendront à dépasser leurs divergences pour servir l’intérêt général.

Ces concertations s’inscrivent dans une dynamique plus large de reconstruction institutionnelle à Madagascar. Après une année marquée par l’instabilité, les Malgaches attendent des signes tangibles de progrès. L’enjeu dépasse la simple transition politique : il s’agit de restaurer la confiance dans les institutions et de poser les bases d’un avenir plus stable. La feuille de route tracée par le FFKM pourrait en être le premier jalon, à condition que les parties prenantes jouent le jeu.