Selon RFI, la concertation nationale à Madagascar, maintes fois reportée depuis le début de l’année, a connu un nouveau délai ce 3 juin. Initialement prévue pour être lancée ce jour-là, cette initiative politique majeure a été une nouvelle fois ajournée. Le président de la Refondation, le colonel Michaël Randrianirina, en a profité pour officialiser un rôle central : celui du Conseil œcuménique des Églises chrétiennes dans le processus.
Ce qu'il faut retenir
- Nouveau report de la concertation nationale prévue initialement le 3 juin 2026.
- Le président de la Refondation, le colonel Michaël Randrianirina, confirme le rôle pilote du Conseil œcuménique des Églises chrétiennes.
- Cette annonce intervient alors que le processus peine à se concrétiser depuis le début de l’année.
Un processus politique en suspens depuis des mois
Depuis le début de l’année, Madagascar tente de mettre en place une concertation nationale visant à rassembler les différentes forces vives du pays. Pourtant, cette initiative n’a cessé d’être repoussée, reflétant les difficultés à trouver un terrain d’entente entre les acteurs politiques et sociaux. Le report du 3 juin marque une nouvelle étape dans cette dynamique complexe, où chaque tentative de lancement semble se heurter à des obstacles logistiques ou politiques.
Côté institutions, l’absence de calendrier clair pour cette concertation avait déjà nourri les spéculations sur sa faisabilité. Le colonel Michaël Randrianirina, figure centrale de ce projet, a donc saisi cette journée symbolique pour clarifier la suite des événements et donner une nouvelle impulsion à un processus jusqu’ici en stand-by.
Les Églises chrétiennes désignées comme pilotes
Dans son allocution, le président de la Refondation a confirmé que le Conseil œcuménique des Églises chrétiennes se verra confier un rôle central dans l’organisation et le pilotage de cette concertation. Cette décision s’inscrit dans une logique de médiation, les Églises étant perçues comme des acteurs neutres et fédérateurs dans un contexte politique fragmenté. Leur légitimité auprès de la population pourrait ainsi faciliter le dialogue entre les différentes parties prenantes.
Selon RFI, cette désignation intervient après des consultations menées en amont avec les différentes confessions religieuses présentes à Madagascar. Le Conseil œcuménique, qui regroupe plusieurs Églises chrétiennes, aura pour mission de structurer les échanges et de proposer un cadre propice à la concertation, tout en veillant à l’inclusivité du processus.
Un choix stratégique pour relancer le dialogue
Le choix de confier ce rôle aux Églises ne relève pas du hasard. Dans un pays où la religion chrétienne, notamment protestante et catholique, occupe une place importante dans la société, ces institutions disposent d’une influence significative. Leur neutralité relative dans les affaires politiques leur permet d’agir comme des facilitateurs, capables de transcender les clivages partisans.
Bref, en désignant les Églises chrétiennes comme pilotes, les autorités malgaches misent sur leur capacité à rassembler les acteurs autour d’une table. Reste à voir si ce choix suffira à débloquer une situation politique qui s’enlise depuis des mois. Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’efficacité de cette nouvelle approche.
« Nous avons fait le choix de confier à un acteur reconnu et neutre le rôle de piloter ce processus essentiel pour la stabilité de notre pays », a déclaré le colonel Michaël Randrianirina, selon RFI.
Cette annonce laisse en suspens plusieurs questions : dans quel délai cette concertation pourra-t-elle enfin débuter ? Les acteurs politiques, divisés, parviendront-ils à s’entendre sous l’égide des Églises ? Et surtout, ce processus suffira-t-il à rétablir la confiance entre les institutions et la population ? Autant de défis qui attendent encore les Malgaches en cette année 2026.