Selon Franceinfo - Santé, une personne sur trois dans le monde éprouve des difficultés à se déplacer en voiture, en train ou en bateau en raison de nausées, vertiges ou étourdissements liés au mal des transports. Une situation qui peut transformer un trajet anodin en épreuve pour les plus sensibles, d’autant que les solutions varient selon les individus et les technologies disponibles.
Ce qu'il faut retenir
- Le mal des transports touche 14 % des adultes de moins de 30 ans et jusqu’à 43 % des enfants avant la puberté, selon des données de la Bibliothèque nationale de médecine des États-Unis.
- Les iPhone récents (iOS 18 et modèles à partir de l’iPhone XS/XR) proposent des « points dansants » pour recréer visuellement les mouvements du véhicule et réduire les symptômes.
- L’application Hearapy, développée par Samsung en partenariat avec l’université de Nagoya, utilise des sons à 100 Hz pour stimuler l’oreille interne et atténuer les effets pendant deux heures.
- Les lunettes à liquide bleu, proposées comme alternative aux écrans, créent une ligne d’horizon artificielle pour aider le cerveau à anticiper les mouvements.
Des solutions technologiques pour tromper le cerveau
Le mal des transports, ou cinétose, trouve son origine dans un conflit sensoriel : l’oreille interne détecte un mouvement que les yeux ne perçoivent pas, comme des objets statiques dans un véhicule en mouvement. Ce décalage perturbe le cerveau, qui peine à s’adapter, expliquent les spécialistes. Pour y remédier, les smartphones intègrent désormais des fonctionnalités visant à recréer visuellement le mouvement et rétablir la cohérence entre les sens.
Sur iPhone, la fonction « points dansants » (disponible depuis iOS 18 en 2024) affiche des petits points noirs aux extrémités de l’écran qui bougent en opposition au déplacement réel. Une accélération vers l’avant fait tomber les points vers l’arrière, une bifurcation à droite les déplace vers la gauche, et inversement. « Cette technologie exploite les capteurs intégrés pour donner une représentation visuelle du mouvement, ce qui aide le cerveau à anticiper les changements », précise Stéphane Besnard, médecin au CHU de Caen et spécialiste en neurophysiologie.
Stimulation sonore et lunettes intelligentes : des pistes complémentaires
Samsung mise sur une approche différente avec son application gratuite Hearapy, basée sur une étude japonaise. Elle émet un son à une fréquence de 100 Hz à un volume de 80 à 85 dB pendant une minute, ce qui stimule l’oreille interne et réduit les symptômes pendant deux heures. « La stimulation auditive à basse fréquence est une piste intéressante, mais elle n’est pas assez puissante pour tout le monde », tempère Stéphane Besnard. Le médecin collabore avec l’université de Caen dans le cadre du programme Navelys pour explorer des fréquences micro-électriques, avec l’espoir de commercialiser un jour des dispositifs autonomes.
Pour les enfants ou les personnes peu enclines à utiliser un écran, des lunettes équipées d’un liquide bleu dans les verres proposent une alternative. En créant une ligne d’horizon artificielle, elles informent le cerveau en temps réel du mouvement du véhicule. « Aucune étude scientifique ne prouve que cette méthode est efficace pour tout le monde », nuance toutefois Stéphane Besnard. Autant dire que les solutions restent à ce stade individuelles et non universelles.
Pourquoi certaines personnes sont-elles plus touchées que d’autres ?
Le professeur Tom Stoffregen, émérite à l’Université du Minnesota, avance une théorie différente : le mal des transports résulterait de l’écart entre le mouvement anticipé et le mouvement réel. Le conducteur, qui anticipe les trajectoires, est moins affecté que le passager, dont le corps n’est pas préparé. Tom Stoffregen suggère donc de poser son téléphone et de regarder la route pour réduire les symptômes. Une solution simple, mais qui n’est pas toujours réalisable en pratique.
Autre piste évoquée par Stéphane Besnard : l’adaptation progressive du cerveau. Des kinésithérapeutes proposent des séances de désensibilisation via la réalité virtuelle pour habituer l’oreille interne aux mouvements. « Le seul moyen durable de lutter contre le mal des transports est d’habituer son cerveau au mouvement, ce qui peut nécessiter plusieurs séances », explique-t-il. Une approche qui demande du temps, mais qui pourrait offrir des résultats plus durables que les solutions ponctuelles.
En attendant, les technologies intégrées aux smartphones et les applications dédiées restent les options les plus accessibles. Leur efficacité varie cependant d’une personne à l’autre, et leur utilisation doit être adaptée au contexte (en voiture, en train, en bateau). Les experts s’accordent sur un point : plus le cerveau dispose d’informations fiables sur le mouvement, moins les symptômes sont marqués.
La fonction « points dansants » est disponible depuis iOS 18, apparue en 2024. Seuls les iPhone à partir du XS et XR (commercialisés en 2018) peuvent en bénéficier, les modèles antérieurs ne disposant pas des capteurs nécessaires.
Non. Hearapy, développée par Samsung, est conçue pour les smartphones de la marque. Elle n’est pas compatible avec les appareils iOS ou d’autres marques. Son utilisation nécessite également des écouteurs pour diffuser le son à la fréquence adaptée.