Selon Ouest France, un phénomène curieux touche chaque année des milliers de vacanciers au moment de partir : une fatigue soudaine, des maux de tête ou même des symptômes grippaux apparaissent dès le premier jour de congés. Ce trouble, désormais reconnu sous le nom de « maladie des loisirs », s’explique par des mécanismes psychologiques et physiologiques bien précis.
Ce qu'il faut retenir
- Le concept de « maladie des loisirs » a été théorisé par un psychologue néerlandais au début des années 2000.
- Elle se manifeste souvent par une fatigue intense ou des symptômes grippaux dès le premier jour de vacances.
- Ce phénomène est lié à la libération du cortisol, une hormone du stress, qui chute brutalement en début de congé.
- Les personnes les plus exposées sont celles soumises à un stress prolongé avant les vacances.
Un phénomène identifié par la psychologie néerlandaise
Théorisé au début des années 2000 par un psychologue néerlandais, le concept de « maladie des loisirs » désigne cet état de santé dégradé qui frappe certains individus dès les premiers instants de leurs vacances. Selon les spécialistes, cette réaction n’a rien d’anodin : elle reflète un déséquilibre temporaire entre le corps et l’esprit, lié à la transition brutale entre une période de tension et un moment de détente. « Le corps, habitué à un rythme soutenu, met du temps à s’adapter à l’arrêt des contraintes professionnelles », explique le psychologue néerlandais Ad Vingerhoets, à l’origine de ces travaux.
Un mécanisme physiologique encore mal compris
Les chercheurs s’accordent à dire que la « maladie des loisirs » est en partie liée à la chute brutale du taux de cortisol, une hormone sécrétée en réponse au stress. En temps normal, cette hormone permet de maintenir un niveau d’énergie et de vigilance élevé. Mais lorsqu’elle chute soudainement — à l’image d’un interrupteur qu’on éteint —, l’organisme peut réagir par des symptômes variés : fatigue intense, migraines, voire fièvre légère. D’autres facteurs, comme la déshydratation ou une baisse des défenses immunitaires due à la fatigue accumulée, aggravent parfois ces manifestations.
Qui est le plus touché par ce phénomène ?
D’après les observations réalisées par les professionnels de santé, certaines catégories de la population sont plus vulnérables que d’autres. Les travailleurs soumis à des rythmes soutenus — cadres, soignants, enseignants — figurent parmi les plus exposés. « Les personnes qui n’arrivent pas à déconnecter mentalement pendant leurs congés sont particulièrement concernées », précise Vingerhoets. Les individus présentant des antécédents de stress chronique ou de troubles anxieux sont également plus susceptibles de développer ces symptômes. Enfin, les départs précipités ou mal préparés, sans transition progressive, augmentent les risques de ressentir ces effets indésirables.
Comment prévenir la « maladie des loisirs » ?
Plusieurs pistes permettent de limiter l’impact de ce phénomène. Les spécialistes recommandent avant tout d’anticiper la déconnexion en aménageant des temps de repos avant le départ. Une réduction progressive des heures de travail dans les jours précédant les congés peut ainsi faciliter l’adaptation. « Il est essentiel de ne pas attendre le dernier moment pour organiser sa transition », souligne un médecin du travail interrogé par Ouest France. Une bonne hydratation, une alimentation équilibrée et un sommeil régulier pendant la période de congé contribuent également à atténuer les symptômes.
Oui, le phénomène est désormais documenté par plusieurs études en psychologie et en médecine du travail. Il n’est pas considéré comme une maladie au sens strict, mais plutôt comme une réaction physiologique temporaire. Les symptômes, bien que gênants, disparaissent généralement en quelques jours sans traitement spécifique.