Après plus d’un an de tensions, le Mali et l’Algérie amorcent un rapprochement diplomatique marqué par plusieurs gestes concrets. Selon nos confères de France 24, les deux pays ont rétabli leurs relations en procédant au retour de leurs ambassadeurs respectifs, en réouvrant leurs espaces aériens et en organisant une visite officielle du Premier ministre malien Abdoulaye Maïga à Alger. Ces avancées, qualifiées de « spectaculaires » par la presse régionale, soulèvent néanmoins des interrogations sur la pérennité de cette réconciliation, alors que les divergences structurelles entre les deux États persistent.
Ce qu'il faut retenir
- Le Mali et l’Algérie ont rétabli leurs relations diplomatiques après quinze mois de crise.
- Les deux pays ont procédé au retour de leurs ambassadeurs et à la réouverture de leurs espaces aériens.
- Le Premier ministre malien Abdoulaye Maïga s’est rendu à Alger pour des discussions officielles.
- Les tensions portaient notamment sur la situation au Nord-Mali et le rôle de l’Algérie dans la région.
- Plusieurs libérations de militaires détenus dans le Nord ont été enregistrées ces dernières semaines.
Une crise diplomatique aux racines profondes
La rupture entre Bamako et Alger remonte à mai 2025, lorsque le Mali avait accusé l’Algérie de soutenir des groupes armés dans le Nord du pays. Ces tensions s’étaient aggravées avec la suspension des accords sécuritaires et la fermeture des frontières terrestres et aériennes. Pourtant, comme le rapporte France 24, les deux capitales ont choisi de tourner la page en engageant une série de mesures symboliques et pratiques pour apaiser leurs relations.
Parmi ces gestes, la libération de militaires maliens détenus par des groupes armés dans le Nord a été saluée comme un premier pas vers une désescalade. Selon des sources locales citées par nos confères, ces libérations s’inscrivent dans un cadre informel de négociations parallèles, menées sous l’égide de médiateurs ouest-africains.
Les contentieux non résolus : un obstacle à une réconciliation durable
Malgré ces avancées, les principaux désaccords entre les deux pays restent entiers. D’après le sociologue malien Mohamed Amara, auteur de l’ouvrage « Marchands d’angoisse : Le Mali tel qu’il est, tel qu’il devrait être », les tensions portent avant tout sur la gestion du Nord-Mali, région en proie à une insurrection jihadiste depuis plus d’une décennie.
L’Algérie, qui partage une frontière de près de 1 500 km avec le Mali, est accusée par Bamako de jouer un double jeu : d’un côté, Alger soutient officiellement la lutte contre le terrorisme au Sahel, mais de l’autre, certains observateurs estiment que les services algériens entretiennent des liens avec des factions armées dans le Nord. Ces accusations, longtemps niées par Alger, ont été au cœur de la crise diplomatique.
Une stratégie sahélienne en recomposition
Ce rapprochement s’inscrit dans un contexte régional particulièrement instable. Depuis 2023, les juntes militaires au pouvoir au Mali, au Burkina Faso et au Niger ont rompu avec la France et tourné leur attention vers des partenaires alternatifs, comme la Russie et la Turquie. Cette realpolitik a créé un vide que l’Algérie cherche à combler, notamment pour préserver son influence au Sahel.
Pour Bamako, le dialogue avec Alger représente une opportunité de diversifier ses alliances sans pour autant renoncer à ses partenariats traditionnels. Cependant, comme le souligne Mohamed Amara, « la réconciliation entre le Mali et l’Algérie ne pourra être durable que si les deux pays parviennent à un compromis sur la question sécuritaire », un dossier où les intérêts divergent souvent.
Reste à voir si ces efforts diplomatiques se traduiront par des actions concrètes sur le terrain. Pour l’heure, le dégel entre Bamako et Alger reste fragile, et dépendra en grande partie de la capacité des deux pays à surmonter leurs divergences historiques.
Les tensions portent principalement sur la gestion du Nord-Mali, où l’Algérie est accusée de soutenir indirectement des groupes armés, et sur la stratégie sécuritaire régionale. Les deux pays ont également des divergences sur le rôle des acteurs internationaux dans la lutte contre le terrorisme au Sahel.