Selon France 24, les autorités maliennes, confrontées à une intensification des attaques jihadistes en direction du sud du pays, viennent de créer des zones d’intérêt militaire sur l’ensemble du territoire. Ces mesures, annoncées récemment, visent à restreindre l’accès des civils à certaines zones jugées stratégiques ou sensibles.

Ce qu'il faut retenir

  • La junte malienne a instauré des zones d’intérêt militaire sur l’ensemble du territoire national
  • Ces zones sont désormais interdites d’accès aux civils, selon un décret officiel
  • Cette décision intervient dans un contexte d’intensification des attaques jihadistes en direction du sud du Mali
  • Les autorités justifient ces mesures par la nécessité de protéger les populations et les infrastructures stratégiques

Ces zones d’intérêt militaire, dont les contours précis n’ont pas encore été dévoilés, s’ajoutent à un arsenal de mesures sécuritaires déjà en place au Mali. La junte, au pouvoir depuis 2020, fait face à une menace jihadiste en constante expansion, notamment dans les régions du centre et du nord du pays. Ces groupes armés, affiliés à Al-Qaïda ou à l’État islamique, multiplient les attaques contre les forces de sécurité et les civils, forçant des milliers de personnes à quitter leur foyer.

Côté gouvernemental, on souligne que cette restriction d’accès s’inscrit dans une logique de protection des populations. « Ces zones sont désormais considérées comme des territoires sous contrôle militaire exclusif, où la présence de civils pourrait compromettre les opérations de sécurité ou exposer les habitants à des risques accrus », a expliqué un porte-parole du ministère malien de la Défense, sous couvert d’anonymat. Selon lui, cette mesure permettrait de limiter les infiltrations et les actions des groupes armés dans ces secteurs.

Pour autant, cette décision ne fait pas l’unanimité. Des organisations de la société civile malienne, contactées par France 24, s’interrogent sur les conséquences humanitaires de cette mesure. « Dans certaines zones, les civils n’ont plus d’autre choix que de se déplacer ou de vivre sous la menace constante des groupes armés. Une interdiction d’accès pourrait aggraver leur situation », a réagi un responsable d’une ONG locale. Ces restrictions pourraient, en effet, compliquer l’accès des humanitaires à des populations déjà vulnérables, notamment dans les régions du centre du pays, où les déplacements sont déjà fortement limités par les violences.

« Ces zones sont désormais considérées comme des territoires sous contrôle militaire exclusif, où la présence de civils pourrait compromettre les opérations de sécurité ou exposer les habitants à des risques accrus. »
— Porte-parole du ministère malien de la Défense

Sur le plan opérationnel, les forces maliennes et leurs partenaires internationaux, comme la Mission de l’ONU au Mali (MINUSMA) – dont le mandat devrait être révisé prochainement –, devraient voir leurs missions facilitées dans ces zones. Pour autant, la question de la coordination avec les acteurs humanitaires et les acteurs locaux reste en suspens. Certains observateurs craignent que ces restrictions ne soient perçues comme une militarisation accrue du territoire, au détriment des civils.

Et maintenant ?

La junte malienne n’a pas précisé la date à laquelle ces zones d’intérêt militaire entreront officiellement en vigueur, ni les modalités pratiques de leur application. Les prochaines semaines pourraient voir des ajustements, notamment en fonction des réactions des populations concernées et des partenaires internationaux. Une chose est sûre : cette mesure s’inscrit dans une stratégie globale de sécurisation du territoire, mais son efficacité dépendra largement de sa mise en œuvre sur le terrain.

Dans l’immédiat, les populations civiles des régions concernées devront s’adapter à ces nouvelles restrictions, tandis que les autorités devront clarifier leur impact sur l’accès aux services de base. Reste à savoir si cette décision parviendra à inverser la tendance des attaques jihadistes ou si elle ne fera que déplacer le problème vers d’autres zones.

Les autorités maliennes n’ont pas encore précisé les contours exacts des zones d’intérêt militaire. Selon France 24, ces zones pourraient concerner des régions du centre et du nord du pays, où la menace jihadiste est la plus forte. Les détails devraient être annoncés dans les prochains jours.