Selon France 24, les combats se sont intensifiés ces derniers jours à Kidal, dans le nord du Mali, où les mercenaires russes engagés aux côtés de l’armée malienne ont subi un repli face à la poussée conjointe du JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans) et de ses alliés rebelles touaregs. Une situation qui questionne l’efficacité de Moscou comme partenaire militaire dans la région.

Ce qu'il faut retenir

  • Les mercenaires russes ont reculé sous la pression des forces du JNIM et des rebelles touaregs à Kidal, selon les informations rapportées par France 24.
  • Le chef de la junte malienne, le colonel Assimi Goïta, a affirmé mardi 28 avril que « la situation est maîtrisée » malgré ces revers.
  • Ces affrontements surviennent dans un contexte de montée en puissance du JNIM, principal groupe jihadiste du Sahel, qui étend son influence au nord du pays.

Une pression accrue sur les forces pro-gouvernementales

Les combats à Kidal, ville stratégique du nord du Mali, illustrent la difficulté croissante des autorités maliennes à contenir la menace jihadiste et les revendications indépendantistes touarègues. Selon les analystes, le retrait partiel des mercenaires russes – souvent évoqués sous l’appellation de groupe Wagner – marque un tournant dans la stratégie de Bamako, qui misait sur leur appui pour stabiliser la région.

Les forces du JNIM, affilié à Al-Qaïda, profitent de ce recul pour renforcer leur emprise territoriale. Les rebelles touaregs, regroupés au sein du CSA (Cadre stratégique pour la sauvegarde de l’Azawad), allié tactique du JNIM, jouent également un rôle clé dans cette dynamique. Leur alliance a permis des avancées significatives ces dernières semaines, notamment dans les zones désertiques du nord.

Les déclarations rassurantes de Bamako

Face à cette situation, le pouvoir malien tente de minimiser l’ampleur des revers. Dans une déclaration rendue publique mardi 28 avril, le colonel Assimi Goïta, président de la junte au pouvoir depuis 2020, a affirmé que « la situation est maîtrisée ». Une prise de parole qui contraste avec les rapports de terrain décrivant une résistance fragile des troupes maliennes et de leurs alliés.

Les autorités de transition, en place depuis le coup d’État de 2020, se retrouvent sous pression. Leur dépendance accrue envers les mercenaires russes – officiellement pour former et soutenir l’armée malienne – est désormais remise en cause. Moscou, déjà critiqué pour son manque de résultats concrets, voit son image d’allié indéfectible s’effriter un peu plus.

Un contexte sécuritaire toujours plus dégradé

Depuis le retrait des forces françaises de l’opération Barkhane en 2022, le Mali a basculé dans une crise sécuritaire sans précédent. L’État malien, affaibli et fragilisé, peine à contrôler de vastes portions de son territoire, notamment dans le nord et le centre. Le JNIM en profite pour étendre son emprise, tandis que les groupes armés signataires de l’Accord d’Alger de 2015 – censé ramener la paix avec les Touaregs – peinent à faire respecter leur autorité.

L’intervention des mercenaires russes, déployés en 2023 pour épauler Bamako, n’a pas permis d’inverser la tendance. Leur efficacité reste limitée, et leur présence soulève des questions sur leur capacité réelle à inverser la dynamique des conflits au Sahel. Autant dire que, pour l’heure, l’alliance entre le Mali et la Russie montre ses limites face à la montée en puissance des groupes armés.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer la capacité du Mali à inverser la tendance à Kidal. Plusieurs scénarios pourraient se dessiner : un renforcement des troupes maliennes et de leurs alliés, une intensification des frappes aériennes ou, à l’inverse, une consolidation de l’avancée du JNIM et de ses partenaires. Les autorités de Bamako devraient également préciser leur stratégie militaire, notamment concernant le rôle des mercenaires russes. Une chose est sûre : la situation reste extrêmement volatile, et chaque jour compte.

Les observateurs internationaux suivent de près l’évolution de la situation, dans l’attente de réactions plus concrètes de la part de la communauté internationale, notamment de la CEDEAO et de l’Union africaine, déjà engagées dans des médiations complexes avec le pouvoir malien.

Les mercenaires russes, souvent associés au groupe Wagner, ont été engagés par Bamako pour fournir un soutien militaire, notamment en matière de formation et de renforcement des capacités des troupes maliennes. Leur mission officielle était d’aider à stabiliser le pays face aux groupes jihadistes et aux rebelles touaregs. Cependant, leur efficacité réelle reste sujette à caution, comme en témoignent les revers enregistrés ces derniers jours à Kidal.