Selon Ouest France, concilier alimentation équilibrée, produits de qualité et budget serré est un défi que nombre de Français relèvent chaque jour. L’enjeu ? Maintenir une nutrition saine sans sacrifier le plaisir de manger, ni vider son porte-monnaie. Pour y parvenir, l’association Aux goûts du jour propose des pistes concrètes, portées notamment par Victoria Mével, experte en nutrition et en accessibilité alimentaire.

Ce qu'il faut retenir

  • Une alimentation saine et économique repose sur des ajustements simples, pas sur un budget illimité.
  • Victoria Mével, de l’association Aux goûts du jour, livre des conseils adaptés aux contraintes budgétaires.
  • Prioriser les produits de saison, les légumineuses et les circuits courts permet de réduire les coûts.
  • L’organisation et la planification des repas jouent un rôle clé dans l’équilibre alimentaire.
  • Le plaisir reste au cœur de la démarche : l’alimentation doit rester un moment agréable.

Des astuces pour concilier santé, qualité et prix

Selon Victoria Mével, « ça doit rester un moment de plaisir ». Son approche repose sur des principes accessibles, loin des régimes coûteux ou des produits exotiques. L’association Aux goûts du jour, dont elle est l’une des figures, milite pour une alimentation qui allie nutrition, économie et convivialité. Parmi ses recommandations : privilégier les fruits et légumes de saison, qui affichent des prix plus stables en période d’abondance. « En achetant des produits locaux et de saison, on limite les coûts tout en garantissant une fraîcheur optimale », explique-t-elle.

Autre levier : les légumineuses. Lentilles, pois chiches ou haricots secs, riches en protéines et en fibres, coûtent quelques euros le kilo et se conservent longtemps. « Une portion de lentilles cuites équivaut à une portion de viande, mais pour un coût trois à quatre fois inférieur », précise Victoria Mével. Les œufs, le riz complet ou les pâtes complètes figurent aussi parmi les aliments de base à intégrer dans ses repas, pour leur rapport qualité-prix et leur valeur nutritionnelle.

Planifier ses repas pour éviter le gaspillage

Le gaspillage alimentaire est l’un des principaux facteurs d’inflation dans les budgets ménagers. Pour y remédier, Victoria Mével insiste sur l’importance de la planification. « Faire une liste de courses en fonction d’un menu hebdomadaire permet d’éviter les achats impulsifs et les denrées oubliées au fond du frigo », indique-t-elle. Selon elle, cuisiner en grandes quantités et congeler les portions excédentaires est une stratégie efficace pour économiser temps et argent. « Une soupe maison, un plat mijoté ou une salade composée peuvent nourrir une famille pendant plusieurs jours, à condition de bien les conserver. »

Les circuits courts, comme les AMAP ou les marchés de producteurs, offrent aussi des avantages économiques. En achetant directement aux agriculteurs, les consommateurs bénéficient de tarifs souvent inférieurs à ceux des supermarchés, tout en soutenant l’économie locale. « Ces alternatives permettent de diversifier son alimentation sans exploser son budget », souligne Victoria Mével.

Adapter ses habitudes sans renoncer au plaisir

Le défi n’est pas seulement budgétaire, mais aussi culturel. « Beaucoup de gens associent alimentation saine à des produits hors de prix ou à des recettes compliquées », rappelle Victoria Mével. Pourtant, des plats traditionnels, comme les gratins de courgettes, les salades de lentilles ou les omelettes aux légumes, peuvent être à la fois nutritifs et économiques. Son conseil : varier les sources de protéines en alternant viande, poisson, œufs et légumineuses. « Une alimentation équilibrée ne se résume pas à un steak et une salade. Il faut diversifier les apports pour couvrir tous ses besoins. »

Autre piste : les conserves et surgelés. « Ils sont souvent moins chers que les produits frais et tout aussi nutritifs », affirme-t-elle. Les surgelés, en particulier, conservent leurs vitamines et permettent de cuisiner des légumes hors saison sans surcoût. « C’est une solution simple pour toujours avoir des légumes sous la main, même quand ils ne sont pas de saison. »

Et maintenant ?

L’association Aux goûts du jour prévoit de lancer, d’ici l’automne 2026, des ateliers pratiques dans plusieurs communes françaises. L’objectif ? Montrer, en situation réelle, comment appliquer ces conseils au quotidien. Les inscriptions devraient ouvrir en juin, selon Victoria Mével. Par ailleurs, l’État pourrait renforcer, dans son prochain plan nutritionnel, les dispositifs d’aide à l’accès aux produits frais pour les ménages modestes. Rien n’est encore acté, mais les discussions sont en cours.

Pour Victoria Mével, l’enjeu dépasse le simple cadre alimentaire : « Manger sain sans se ruiner, c’est aussi un acte de résistance face à la malbouffe industrielle. » Une conviction qui pourrait inspirer d’autres initiatives locales dans les mois à venir.

D’après Victoria Mével, ce sont les lentilles (riches en protéines et fibres, environ 2,50 €/kg), le riz complet (1,50 €/kg) et les œufs (2,50 €/la douzaine). Ces trois produits offrent un excellent rapport qualité-prix et peuvent composer la base de nombreux repas.

La clé réside dans la planification. Victoria Mével recommande de préparer un menu hebdomadaire, de faire une liste de courses précise, et de cuisiner en grandes quantités pour congeler les portions excédentaires. « Dix minutes de réflexion en amont peuvent faire économiser des dizaines d’euros par mois », explique-t-elle.