Selon Top Santé, une étude récente de l’université d’Oxford suggère que manger la bouche ouverte pourrait présenter certains avantages pour la santé. Réalisée sous la direction du professeur Robin Dunbar, anthropologue spécialiste du comportement humain, cette recherche explore les mécanismes de mastication et leur impact sur la digestion et le plaisir alimentaire. Les conclusions, encore provisoires, invitent à repenser les codes traditionnels de la table.

Ce qu'il faut retenir

  • Une étude d’Oxford, dirigée par le professeur Robin Dunbar, remet en cause l’interdiction de manger la bouche ouverte.
  • Les chercheurs soulignent des liens potentiels entre cette pratique et une meilleure digestion, grâce à une mastication plus complète.
  • Le plaisir gustatif pourrait aussi être amplifié, selon les observations préliminaires.
  • Les résultats, encore en phase d’analyse, ne constituent pas une validation définitive des bienfaits de cette habitude.

Une remise en question des règles de bienséance

Depuis l’enfance, on nous apprend à manger la bouche fermée, une norme sociale ancrée dans de nombreuses cultures. Pourtant, l’étude d’Oxford, publiée en mai 2026, interroge cette pratique. Les chercheurs ont observé que la mastication avec la bouche ouverte favoriserait une meilleure oxygénation des aliments, facilitant ainsi leur décomposition par les enzymes salivaires. « Cela pourrait réduire les ballonnements et améliorer l’absorption des nutriments », a déclaré le professeur Dunbar lors d’une conférence à Londres.

Autre piste explorée : le plaisir sensoriel. En laissant échapper des arômes lors de la mastication, les odeurs libérées stimuleraient davantage les récepteurs olfactifs, intensifiant ainsi la perception du goût. Une hypothèse qui rejoint les travaux sur l’importance des sens dans l’alimentation, mais qui reste à confirmer par des essais cliniques plus poussés.

Digestion et hygiène : un équilibre à trouver

L’étude ne se limite pas au plaisir. Elle aborde aussi la question de l’hygiène. Si manger la bouche ouverte peut sembler contre-intuitif, les chercheurs notent que cela pourrait, dans certains cas, limiter la prolifération de bactéries dans la cavité buccale. En effet, une mastication plus large favoriserait une production accrue de salive, un fluide naturel aux propriétés antibactériennes. « Ce n’est pas une recommandation médicale, mais une piste de réflexion intéressante », a précisé Dunbar, insistant sur le caractère exploratoire de ces travaux.

Cela dit, les auteurs de l’étude rappellent que ces résultats ne doivent pas être interprétés comme une incitation à adopter des manières de table négligentes. Les normes sociales, notamment en matière de partage de repas, restent des garde-fous essentiels pour éviter les conflits ou les rejets culturels.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes consisteront à mener des essais cliniques sur un échantillon plus large, afin de valider ou non ces hypothèses. Une publication officielle dans une revue scientifique est attendue d’ici la fin de l’année 2026. En attendant, les chercheurs invitent le grand public à adopter une approche nuancée : si l’idée de manger la bouche ouverte séduit certains, elle ne doit pas devenir une nouvelle norme systématique.

Une étude qui interroge les habitudes alimentaires

Cette recherche s’inscrit dans un courant plus large qui questionne les traditions culinaires. Des études récentes, comme celles sur les bienfaits du jeûne intermittent ou des régimes cétogènes, montrent à quel point les normes alimentaires évoluent avec les découvertes scientifiques. Ici, c’est la dimension culturelle et sociale de l’alimentation qui est remise en lumière. Les règles de bienséance, souvent transmises de génération en génération, ne sont pas figées.

Pour autant, comme le souligne l’étude, il ne s’agit pas de jeter aux orties des siècles de savoir-vivre. Les chercheurs d’Oxford rappellent que le contexte compte : un repas en famille, où l’ambiance prime, ne se prête pas aux mêmes attentes qu’un dîner professionnel. L’équilibre entre plaisir, santé et respect des autres reste donc le maître-mot.

Cette étude, aussi surprenante soit-elle, rappelle une vérité simple : la science progresse en remettant parfois en cause des certitudes. Reste à savoir si les Français, réputés pour leur attachement aux bonnes manières, seront prêts à adopter cette nouvelle habitude… ou si elle restera cantonnée aux laboratoires.

Non. Les chercheurs d’Oxford soulignent que leurs travaux sont préliminaires et ne constituent pas une recommandation médicale. Manger la bouche ouverte pourrait, dans certains cas, avoir des effets positifs sur la digestion ou le plaisir gustatif, mais cela ne doit pas devenir une nouvelle norme sociale.