Près d’une centaine de personnes ont manifesté samedi 30 août à Buenos Aires contre la présence de Peter Thiel, cofondateur du géant américain de l’intelligence artificielle Palantir, qu’elles accusent de vouloir influencer la politique argentine en faveur de projets jugés liberticides. Cette mobilisation, la deuxième en deux semaines devant sa résidence présumée dans la capitale argentine, s’inscrit dans un climat de tension politique exacerbé par les réformes portées par le président Javier Milei. Selon Le Figaro, ces rassemblements dénoncent des projets qualifiés de « technofascisants » et réclament l’expulsion du milliardaire américain.
Ce qu'il faut retenir
- Deux manifestations ont eu lieu en deux semaines à Buenos Aires devant la résidence présumée de Peter Thiel.
- Les opposants accusent le milliardaire de promouvoir des projets législatifs liberticides en lien avec son idéologie anarcho-capitaliste.
- Un projet de loi sur les investissements dans l’IA et les centres de données, avec des avantages fiscaux sur 30 ans, a déjà été approuvé en première lecture.
- Une réforme des sociétés anonymes, incluant des « sociétés automatisées » sans représentant humain, est également dans le viseur.
- Peter Thiel, proche de l’administration Trump et de l’appareil sécuritaire américain, s’est installé en Argentine après un entretien avec Javier Milei en avril.
Une présence controversée liée à des réformes législatives
La résidence de Peter Thiel à Buenos Aires a été le théâtre de deux rassemblements organisés par l’opposition en l’espace de quinze jours. Selon nos confrères du Figaro, les manifestants dénoncent une tentative d’influence de l’homme d’affaires sur la politique argentine, en lien avec des projets de loi perçus comme des menaces pour les libertés. L’un d’eux, porté par Javier Milei, vise à créer un régime fiscal avantageux pour les investissements supérieurs à un milliard de dollars dans des secteurs comme l’intelligence artificielle ou les centres de données. Ce texte, déjà adopté en première lecture par la Chambre des députés, prévoit des exonérations fiscales et des garanties monétaires sur trois décennies.
Autre point de crispation : une réforme de la loi sur les sociétés, encore en discussion, qui introduirait selon l’opposition des « sociétés anonymes automatisées ». Ces entités, sans représentant humain identifiable, seraient selon Juan Marino, député de l’opposition et participant à la mobilisation, une illustration de la dérive « technofascisante » que les manifestants reprochent à Peter Thiel. « La présence de Peter Thiel en Argentine n’est pas dissociée de ce paquet législatif, elle fait partie d’une tentative technofascisante », a-t-il affirmé à l’AFP.
Peter Thiel, figure controversée du numérique et allié de Javier Milei
Peter Thiel, cofondateur de Palantir, une entreprise spécialisée dans l’analyse de données, a acquis une réputation controversée en raison de ses liens avec le renseignement américain. Fondée en partie avec le soutien de la CIA, Palantir se présente comme une entreprise « défendant l’Occident » et participe à des projets pour le Pentagone. Comme le rapporte Le Figaro, Peter Thiel s’est rapproché du président argentin Javier Milei, avec qui il partage une idéologie anarcho-capitaliste. Leur rencontre en avril en Argentine a marqué le début d’une relation qui, selon des enquêtes journalistiques et des responsables politiques, aurait conduit le milliardaire à s’installer dans le pays.
Lors de leur entrevue, Javier Milei a précisé qu’il ne s’agissait pas d’un entretien sur des investissements, mais d’un échange sur leurs convictions communes. Pourtant, l’arrivée de Peter Thiel coïncide avec l’émergence de textes législatifs perçus comme des avantages pour les entreprises technologiques. Une coïncidence qui nourrit les suspicions de l’opposition, laquelle voit dans cette proximité une stratégie de captation d’influence.
Les manifestants réclament l’expulsion de Peter Thiel
Parmi les slogans scandés lors de la dernière manifestation figuraient des appels à l’expulsion de Peter Thiel. Une manifestante, vêtue d’un gilet et d’un masque aux couleurs noir et blanc, a déclaré à l’AFP : « Nous sommes venues expulser Peter Thiel. » Elle a demandé à ne pas être nommée, illustrant le climat de tension qui entoure cette mobilisation. Selon Le Figaro, les opposants brandissent l’argument d’un risque de dérive autoritaire, alimenté par des réformes perçues comme liberticides et des liens jugés trop étroits entre le milliardaire et le pouvoir argentin.
Ces manifestations s’inscrivent dans un contexte politique déjà tendu en Argentine, où les réformes économiques et sociales de Javier Milei divisent profondément l’opinion. L’opposition, qui critique la rapidité et l’opacité de ces changements, voit dans la présence de Peter Thiel un symbole de cette dérive autoritaire qu’elle dénonce.
Contexte : qui est Peter Thiel et quel est son rôle dans ce dossier ?
Peter Thiel, milliardaire américain et cofondateur de Palantir, est une figure controversée du secteur technologique. Ancien soutien de Donald Trump, il a également financé des projets liés au renseignement américain, notamment pour le compte du Pentagone. Son arrivée en Argentine en 2026, après sa rencontre avec Javier Milei, a relancé les débats sur l’influence des géants du numérique dans les politiques publiques. Selon Le Figaro, son installation dans le pays et les réformes législatives associées à son nom nourrissent les craintes d’une collusion entre pouvoir politique et intérêts technocratiques.
Ces événements surviennent alors que l’Argentine, comme d’autres pays d’Amérique latine, observe avec attention les transformations du paysage numérique mondial. Les craintes d’une capture des institutions par des acteurs privés, couplées à des réformes économiques radicales, alimentent un climat de défiance que les manifestations de Buenos Aires illustrent parfaitement.
Le texte, déjà adopté en première lecture, propose des exonérations fiscales et des garanties monétaires sur trente ans pour les investissements supérieurs à un milliard de dollars dans des secteurs comme l’intelligence artificielle ou les centres de données. Ces mesures visent à attirer les capitaux étrangers dans ces industries stratégiques.
Non. À ce jour, Peter Thiel n’a pas réagi publiquement aux accusations d’influence « technofascisante » ni aux appels à son expulsion formulés lors des manifestations à Buenos Aires.