Le coordinateur de La France insoumise (LFI), Manuel Bompard, a appelé jeudi 2 avril 2026 les partis écologistes et communistes à former une nouvelle alliance populaire pour l’élection présidentielle de 2027, comme il l’a détaillé dans une interview accordée au Parisien et rapportée par Le Figaro. Cette proposition s’inscrit dans la continuité du Nouveau Front populaire (NFP), coalition de gauche ayant remporté les législatives de 2024, tout en cherchant à éviter les erreurs des accords passés.
Ce qu'il faut retenir
- Manuel Bompard, coordinateur de LFI, a proposé aux Écologistes et aux communistes une candidature commune pour la présidentielle 2027, évoquant une « nouvelle alliance populaire ».
- Il a insisté sur la nécessité d’un accord « sur le programme » et sur les candidatures aux élections sénatoriales et législatives, avec la création d’un « conseil politique » pour coordonner ces scrutins.
- Bompard a critiqué Marine Tondelier, cheffe des Écologistes, pour avoir privilégié un accord avec le Parti socialiste lors des municipales de mars 2026, plutôt qu’avec LFI et le Parti communiste.
- Il a proposé que le candidat de cette alliance soit une figure expérimentée, citant explicitement Jean-Luc Mélenchon comme candidat potentiel, sans exclure une désignation avant l’été 2026.
- Les réactions restent contrastées : Marine Tondelier défend une primaire de la gauche non-mélenchoniste, tandis qu’Olivier Faure (PS) y est également favorable, malgré des divisions internes au sein du parti.
Une alliance stratégique pour affronter l’extrême droite et Macron
Dans son entretien au Parisien, Manuel Bompard a présenté cette proposition comme une réponse à la menace que représente, selon lui, le Rassemblement national. « Le RN menace. Nous allons avoir besoin d’une formidable mobilisation populaire pour le battre. Nous l’avons fait en 2024. Nous pouvons le faire à nouveau en 2027 », a-t-il déclaré. Il a souligné que les députés insoumis, communistes et écologistes votent « de la même manière dans l’écrasante majorité des cas » à l’Assemblée nationale, une cohésion qu’il souhaite étendre au-delà des forces politiques pour inclure « syndicalistes, militants associatifs, personnalités du monde de l’art, de la culture et intellectuels ».
L’objectif affiché est de « tourner la page de la macronie » et de proposer une alternative claire à la politique menée depuis 2017. Bompard a rappelé que LFI, les communistes et les écologistes avaient déjà collaboré avec succès lors des municipales de mars 2026, notamment dans certaines villes où des listes communes avaient été constituées. Il a cependant regretté que Marine Tondelier ait choisi de s’allier avec le Parti socialiste plutôt qu’avec LFI et le PCF, une décision qu’il qualifie d’« erreur du passé ».
Un programme commun et une organisation à clarifier
Pour Manuel Bompard, cette alliance ne se limiterait pas à une candidature présidentielle, mais s’étendrait aux élections sénatoriales et législatives de 2027. Il a proposé la mise en place d’un « conseil politique » chargé de mener « en cohérence » ces différents scrutins. « Nous proposons à ceux qui sont restés fidèles au programme du NFP de constituer une nouvelle alliance populaire », a-t-il insisté, en référence à l’alliance de gauche qui avait permis de contrer la majorité présidentielle en 2024.
Côté calendrier, le coordinateur de LFI a indiqué qu’une désignation du candidat pourrait intervenir « avant l’été » 2026, bien que la décision finale revienne à son parti. Il a estimé que le profil idéal serait « une personnalité dont l’expérience, la profondeur politique et la détermination font référence », citant Jean-Luc Mélenchon comme exemple. « Jean-Luc Mélenchon dispose indéniablement de tous ces atouts », a-t-il affirmé, tout en précisant que « La France insoumise décidera de sa candidature en temps voulu ».
Des réactions contrastées au sein de la gauche
La proposition de Bompard a immédiatement suscité des réponses nuancées. Marine Tondelier, secrétaire nationale d’Europe Écologie-Les Verts (EELV), a réaffirmé que les écologistes ne soutiendraient un candidat issu d’un autre parti que dans le cadre d’une primaire de la gauche non-mélenchoniste. « Les Écologistes ne se rangeront derrière un candidat autre qu’écologiste que dans le cadre d’une primaire », a-t-elle précisé jeudi 2 avril 2026. Cette position s’inscrit dans une stratégie défendue par plusieurs responsables de gauche, dont le Premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, malgré des divisions internes au PS sur ce sujet.
Certains cadres socialistes, comme Olivier Faure, défendent en effet l’idée d’une primaire ouverte à l’ensemble de la gauche, hors LFI, pour désigner un candidat commun. Cette piste, bien que soutenue par une partie de la direction écologiste, se heurte à la réalité des rapports de force internes. Pour l’instant, aucune date n’a été avancée pour le lancement d’un tel processus, et les discussions restent en suspens. « La dynamique est du côté de la ligne de rupture », a encore souligné Manuel Bompard, rappelant que la gauche doit se structurer rapidement pour être compétitive en 2027.
Un contexte politique marqué par les divisions et les défis
Cette initiative intervient alors que la gauche française traverse une période de recomposition, marquée par des tensions entre les différentes familles politiques. Les résultats des municipales de mars 2026, où les écologistes ont parfois privilégié des alliances avec le PS au détriment de LFI et du PCF, illustrent ces divisions. Manuel Bompard a pointé du doigt ces choix stratégiques, estimant qu’ils avaient affaibli la capacité de la gauche à peser dans le débat national.
Par ailleurs, le paysage politique reste marqué par la menace que représente l’extrême droite, avec un Rassemblement national en progression dans les sondages. La gauche, divisée lors des dernières élections, doit désormais trouver un terrain d’entente pour éviter une nouvelle fragmentation de ses voix. « Nous devons nous mettre en mouvement avant l’été », a plaidé Bompard, appelant à une mobilisation rapide pour préparer l’échéance de 2027.
Pour l’heure, les prochaines étapes restent incertaines. Si une dynamique se dessine autour de la proposition de Bompard, les écologistes et les socialistes pourraient maintenir leur position en faveur d’une primaire, tandis que LFI et le PCF miseraient sur une alliance plus directe. Une chose est sûre : la course à la présidentielle de 2027 s’annonce déjà comme l’un des scrutins les plus disputés de la Ve République.
La proposition de Manuel Bompard concerne principalement La France insoumise (LFI), les Écologistes (EELV) et le Parti communiste français (PCF). Il s’adresse également aux « syndicalistes, militants associatifs, personnalités du monde de l’art, de la culture et intellectuels » pour élargir la base de cette alliance.
Manuel Bompard reproche à Marine Tondelier d’avoir privilégié un accord avec le Parti socialiste lors des municipales de mars 2026, plutôt qu’avec LFI et le PCF. Pour lui, ce choix relève d’une « erreur du passé » et affaiblit la capacité de la gauche à s’unir face à l’extrême droite et à la majorité présidentielle.
