Organisé pour la quarante-cinquième fois depuis 1986, le Marathon des Sables s’élance ce vendredi 3 avril 2026 dans le désert marocain, un défi extrême qui attire chaque année quelque 1 500 coureurs, dont un tiers de femmes. Selon Franceinfo - Santé, cette édition anniversaire, marquée par un parcours de six étapes totalisant 270 km, illustre les adaptations nécessaires face au réchauffement climatique. Les organisateurs, conscients des risques liés aux canicules, ont renforcé leurs dispositifs médicaux et logistiques pour garantir la sécurité des participants.
Ce qu'il faut retenir
- 1 500 coureurs participent à cette édition, dont 500 femmes, dans un parcours de 270 km répartis sur six étapes.
- Les températures, pouvant atteindre 57°C, ont poussé les organisateurs à déployer 120 médecins et infirmiers, ainsi qu’un conteneur réfrigéré pour les urgences.
- Des checkpoints équipés de glace et une stratégie de prévention des hyperthermies sont mis en place pour limiter les risques.
- À long terme, les organisateurs envisagent de réduire la distance du parcours (220, 200 ou 150 km) ou de déplacer l’événement vers des mois plus frais (février, mars, décembre).
Une épreuve mythique confrontée à l’urgence climatique
Le Marathon des Sables, course d’autosuffisance alimentaire réputée pour son exigence physique et mentale, se déroule traditionnellement début avril au Maroc. Pourtant, cette année encore, les organisateurs doivent composer avec des températures extrêmes. « On est monté à 57°C, on a des variations auxquelles on doit maintenant s’adapter », a souligné Cyril Gauthier, directeur de l’épreuve depuis 2023. Face à ces conditions, la sécurité des participants devient une priorité absolue.
Le parcours de cette édition, plus long de 20 km par rapport aux années précédentes, impose aux coureurs de parcourir 270 km en six étapes, dont une de 100 km. Un défi physique déjà exigeant, rendu encore plus complexe par la chaleur. Pour y répondre, l’organisation a déployé un dispositif médical renforcé, incluant une équipe de 120 professionnels de santé et un conteneur réfrigéré transformé en hôpital de campagne.
Glace, eau fraîche et prévention : les armes contre les hyperthermies
« Le risque, quand il y a ces températures élevées, ce sont les hyperthermies. Leur température corporelle va augmenter. Les hyperthermies, on peut en mourir, donc c’est vraiment important de lutter contre », a expliqué Fabien Doguet, médecin présent sur l’épreuve. Pour prévenir ces accidents, les checkpoints sont désormais équipés en permanence de glace, tandis que les véhicules de secours transportent des réserves d’eau fraîche destinées à arroser les coureurs en cas de besoin.
« L’idée est d’être dans la prévention et d’arroser la tête des coureurs avec de l’eau fraîche », a précisé le médecin. Ces mesures, bien que temporaires, permettent de limiter les risques immédiats. Cependant, elles ne suffisent pas à résoudre le problème structurel posé par l’augmentation des températures dans la région du Sahara marocain.
Vers une refonte des règles pour les prochaines éditions ?
Face à l’évolution du climat, les organisateurs envisagent des changements profonds pour les années à venir. Cyril Gauthier a évoqué plusieurs pistes : « Du mois d’avril, on passera peut-être en mars, en février, en janvier ou en décembre. Surtout, on adaptera aussi les itinéraires, il faudra peut-être qu’on accepte de passer à 220, 200 ou 150 km. » Ces ajustements, bien que contraignants, pourraient être nécessaires pour préserver l’intégrité de l’épreuve et la sécurité des participants.
Un autre défi réside dans le maintien de l’autosuffisance alimentaire, principe fondateur du Marathon des Sables. Réduire la distance du parcours tout en garantissant une logistique viable pour les coureurs et les organisateurs représente un équilibre délicat. Pour l’heure, aucune décision définitive n’a été prise, mais les discussions sont en cours.
Le Marathon des Sables incarne à lui seul les défis posés par le réchauffement climatique aux événements sportifs en milieu extrême. Entre adaptation immédiate et réflexion à long terme, l’épreuve marocaine pourrait bien servir de laboratoire pour d’autres compétitions confrontées à des enjeux similaires.
