Les marchés financiers mondiaux restent marqués jeudi 2 avril 2026 par une volatilité persistante, alimentée par les tergiversations de la politique économique américaine. Selon BFM Business, plusieurs indicateurs et événements récents ont alimenté cette nervosité, notamment la réduction du déficit commercial des États-Unis en février, la tension accrue sur les obligations souveraines et l’attractivité renouvelée du dollar en tant que valeur refuge. Ces thèmes ont été abordés dans l’émission BFM Bourse, diffusée chaque jour de 15h à 16h sur BFM Business, animée par Antoine Larigaudrie.

Ce qu'il faut retenir

  • Réduction du déficit commercial américain en février 2026, selon les dernières données disponibles.
  • Hausse des tensions sur le marché obligataire, reflétant une incertitude accrue parmi les investisseurs.
  • Renforcement du dollar comme valeur refuge, dans un contexte géopolitique et économique tendu.
  • Discours de Donald Trump sur le conflit au Moyen-Orient jugé décevant par les marchés européens et les analystes.
  • Lancement prochain de l’introduction en Bourse de SpaceX, scruté de près par les investisseurs.
  • Inquiétudes de la Banque mondiale face aux répercussions économiques de la guerre en Iran.

Un déficit commercial américain en baisse, mais une économie toujours sous tension

Les dernières statistiques publiées par le département du Commerce américain indiquent une réduction du déficit commercial des États-Unis en février 2026, une nouvelle qui a été accueillie avec prudence par les analystes. « Cette amélioration est réelle, mais elle ne suffit pas à apaiser les craintes liées à la trajectoire budgétaire américaine », a déclaré Claire Dissaux, responsable des études macroéconomiques chez AXA, lors de son intervention dans BFM Bourse. Selon elle, la volatilité actuelle s’explique en grande partie par les incertitudes persistantes autour des décisions de politique économique de l’administration américaine.

Par ailleurs, la hausse des taux d’intérêt sur les marchés obligataires, notamment en Europe, a renforcé la pression sur les finances publiques des États membres de la zone euro. Les investisseurs redoutent un durcissement des conditions de financement, susceptible de freiner la croissance économique dans un contexte déjà marqué par des tensions géopolitiques.

Le dollar, valeur refuge malgré les remous politiques

Dans ce contexte d’incertitude, le dollar américain a consolidé sa position de valeur refuge, attirant les capitaux en quête de sécurité. « Le billet vert profite de son statut traditionnel de monnaie de réserve, mais aussi de la perception d’un dollar fort dans un monde où les risques politiques et économiques s’accumulent », a expliqué Claire Dissaux. Cette dynamique a été observée malgré les déclarations parfois contradictoires de l’administration américaine, qui alimentent les spéculations sur l’orientation future de la politique monétaire.

Les analystes s’interrogent désormais sur la capacité des banques centrales à maintenir une politique accommodante sans risquer de nouvelles tensions sur les taux. « La volatilité actuelle reflète une défiance des marchés envers les engagements des États », a souligné la responsable d’AXA.

Donald Trump, le Moyen-Orient et l’impact sur les marchés européens

Dans sa chronique USA Today, diffusée également dans BFM Bourse, John Plassard, associé et responsable de la stratégie d’investissement chez Cité Gestion, a analysé le discours de Donald Trump sur le conflit au Moyen-Orient, jugé « décevant » par les marchés. « Ses déclarations n’ont pas apporté les garanties attendues quant à une désescalade du conflit, ce qui a provoqué une réaction immédiate sur les bourses européennes et une hausse des prix du pétrole », a-t-il précisé.

Cette réaction s’inscrit dans un contexte où la Banque mondiale a alerté sur les conséquences économiques de la guerre en Iran, qui pèse sur les chaînes d’approvisionnement mondiales. « Les tensions régionales aggravent les risques inflationnistes, alors que les économies tentent de se remettre des chocs récents », a rappelé Plassard. Parallèlement, le lancement de l’introduction en Bourse de SpaceX, annoncé pour les prochains mois, suscite un vif intérêt parmi les investisseurs, à la recherche de nouvelles opportunités dans un marché en quête de croissance.

Les pétrolières et la défense : des secteurs en pleine mutation

Dans un autre registre, Nicolas Lasry, gérant actions chez Mandarine Gestion, a analysé les performances des secteurs pétrolier et parapétrolier, qui profitent de la remontée des cours du brut. « Les entreprises du secteur bénéficient d’un environnement favorable, mais les investisseurs doivent rester vigilants face à la volatilité persistante des marchés », a-t-il indiqué. Il a également évoqué la situation des deux géants américains de la gestion d’actifs privés, KKR et Cliffwater, confrontés à des difficultés dans leurs fonds privés, reflétant les défis structurels du secteur.

Côté défense, les performances restent contrastées. « Certains acteurs profitent des commandes liées aux tensions géopolitiques, tandis que d’autres subissent la pression des restrictions budgétaires », a expliqué Lasry. Il a également pointé la volatilité récente d’entreprises comme Edenred et Pluxee, ainsi que la forte sensibilité du secteur bancaire aux variations de taux d’intérêt.

Le secteur bancaire et la distribution : entre résilience et fragilité

Les banques, en particulier, restent sous surveillance en raison de leur exposition aux risques de crédit et de liquidité. « Leur sensibilité aux variations de taux en fait des acteurs particulièrement vulnérables dans un contexte de normalisation monétaire », a rappelé Lasry. À l’inverse, le secteur de la distribution, souvent considéré comme défensif, suscite des interrogations. « Face à la remontée des coûts et à la baisse du pouvoir d’achat dans certains pays, sa résilience pourrait être mise à l’épreuve », a-t-il ajouté.

Enfin, la chronique Culture Bourse a abordé la question du dividende exceptionnel prévu par Bolloré en juin 2026. « Un montant élevé, mais qui doit être analysé à l’aune de la situation financière globale du groupe », a commenté Nicolas Lasry. « Les investisseurs doivent évaluer si ce dividende reflète une santé durable ou une stratégie opportuniste dans un marché incertain. »

Et maintenant ?

Plusieurs échéances pourraient influencer l’évolution des marchés dans les semaines à venir. D’abord, la publication des prochains indicateurs économiques américains, notamment les chiffres de l’emploi et de l’inflation, devrait fournir des indices sur la trajectoire de la politique monétaire de la Fed. Ensuite, les annonces de la Banque mondiale et du FMI concernant les perspectives de croissance mondiale seront scrutées de près, alors que les tensions géopolitiques en Iran et au Moyen-Orient persistent. Enfin, le lancement de l’IPO de SpaceX, attendu d’ici l’été, pourrait offrir une bouffée d’oxygène aux marchés, à condition que l’opération se déroule dans de bonnes conditions.

Une chose est sûre : dans un contexte où les incertitudes politiques et économiques s’accumulent, la volatilité devrait rester de mise. Les investisseurs devront naviguer entre opportunités sectorielles et risques systémiques, en gardant à l’esprit que la moindre déclaration ou donnée économique pourrait déclencher de nouvelles secousses sur les marchés.

Malgré les tergiversations politiques, le dollar conserve son statut de monnaie de réserve mondiale en raison de sa liquidité et de la confiance historique des investisseurs dans la stabilité à long terme de l’économie américaine. Cependant, cette position pourrait être fragilisée en cas d’aggravation des tensions budgétaires ou d’un durcissement des politiques monétaires à l’échelle internationale.

Les secteurs pétrolier et parapétrolier sont les premiers bénéficiaires, avec des entreprises comme TotalEnergies, Shell ou Equinor qui voient leurs marges se renforcer. En revanche, les secteurs très dépendants de l’énergie, comme le transport ou une partie de l’industrie, pourraient subir une hausse des coûts susceptible de peser sur leurs résultats.