Alors que la course à l’Élysée de 2027 s’engage dans une phase décisive, la droite française est appelée à clarifier son projet politique par l’une de ses figures montantes. Marie-Claire Carrère-Gée, sénatrice LR de Paris et ancienne collaboratrice de Jacques Chirac à l’Élysée ainsi que de Michel Barnier au gouvernement, a plaidé ce week-end pour une campagne axée sur l’héritage gaulliste et social du parti. Selon Le Figaro - Politique, elle estime que ce positionnement pourrait permettre à la droite de répondre aux défis économiques et sociétaux du pays, tout en éloignant le risque d’une fragmentation de ses forces face à trois candidatures concurrentes.

Ce qu'il faut retenir

  • Marie-Claire Carrère-Gée, sénatrice LR de Paris et ancienne ministre sous Michel Barnier, appelle la droite à recentrer sa campagne sur le gaullisme social, un héritage politique qu’elle juge essentiel pour séduire les électeurs.
  • La droite française fait face à une triple menace : la montée des extrêmes (RN et LFI), la concurrence entre trois candidats potentiels (Retailleau, Philippe, Attal), et la lassitude des Français face à un « jeu tacticien » jugé déconnecté.
  • L’ancienne secrétaire générale adjointe de l’Élysée sous Chirac souligne que la gauche et l’éventualité d’un retour de François Hollande constituent des éléments de pression supplémentaires pour les Républicains.
  • La stratégie proposée par Carrère-Gée vise à éviter une nouvelle fracture au sein de la droite, comme ce fut le cas lors des primaires précédentes, où les divisions avaient affaibli la candidature finale.

Une droite en quête d’identité face aux divisions internes

Dans un entretien accordé au Figaro - Politique, Marie-Claire Carrère-Gée dresse un constat sans concession sur le paysage politique actuel. « C’est une drôle de campagne, comme il y eut une drôle de guerre », déclare-t-elle en référence à l’immobilisme apparent des acteurs politiques. Pour elle, les Français se détournent des discours politiques perçus comme déconnectés de leurs préoccupations quotidiennes, notamment dans un contexte économique marqué par des craintes de « triple effondrement ». Autant dire que la droite dispose d’une fenêtre d’opportunité étroite pour se repositionner.

La sénatrice LR met en garde contre les dangers d’une division entre les trois principaux candidats pressentis : Bruno Retailleau, Édouard Philippe et Gabriel Attal. Chacun incarne une sensibilité différente au sein de la famille républicaine, mais leur rivalité risque de reproduire les erreurs des primaires passées. « Leur concurrence pourrait faire autant de dégâts qu’en ont fait les primaires », estime-t-elle, soulignant que cette fragmentation affaiblirait mécaniquement la droite face aux autres forces politiques.

Le gaullisme social comme boussole contre les extrêmes

Pour Carrère-Gée, la réponse à ces défis réside dans un retour aux fondamentaux du gaullisme, réinterprété à l’aune des enjeux contemporains. « La droite doit faire campagne sur son ADN, le gaullisme social », insiste-t-elle. Ce courant, qui mêle défense des services publics, souveraineté économique et justice sociale, pourrait, selon elle, servir de socle à une campagne crédible et mobilisatrice. Elle cite en exemple la nécessité de répondre aux attentes des classes moyennes et populaires, souvent laissées pour compte dans les débats actuels.

L’ancienne ministre de Michel Barnier rappelle également que cette ligne permet de se différencier clairement de l’extrême droite, incarnée par Marine Le Pen, et de la gauche radicale de Jean-Luc Mélenchon. « La sourde menace qui plane est celle des extrêmes, de Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon », rappelle-t-elle, insistant sur l’urgence de proposer une alternative solide. Ce positionnement stratégique vise aussi à contrer l’éventualité d’un retour de François Hollande, dont la présence dans le débat public pourrait redistribuer les cartes à gauche.

« C’est une drôle de campagne, comme il y eut une drôle de guerre. Un jeu entre tacticiens qui n’intéresse pas beaucoup les Français. » — Marie-Claire Carrère-Gée

Un contexte politique marqué par l’incertitude et les tensions

La prise de position de Carrère-Gée intervient alors que les tensions au sein des Républicains (LR) s’exacerbent. Récemment, Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, a lancé un avertissement lors d’un déplacement à Port-Marly : « Si ce sont les socialistes, ce sera sans nous ! » — une déclaration qui illustre la crispation autour de la ligne à adopter. Parallèlement, Laurent Wauquiez a été critiqué pour ses propos jugés trop durs envers Édouard Philippe et Retailleau, certains y voyant une stratégie kamikaze au sein du parti.

Ces divisions internes contrastent avec la dynamique observée à gauche, où La France insoumise (LFI) parvient à maintenir son influence malgré plusieurs polémiques récentes. Selon Le Figaro - Politique, le mouvement de Mélenchon ne semble pas affecté par les remous médiatiques, confirmant sa capacité à mobiliser une partie de l’électorat. Une situation qui place d’autant plus la droite sous pression pour clarifier son projet avant les prochaines échéances électorales.

Et maintenant ?

Avec moins d’un an avant le début officiel de la campagne présidentielle, les prochains mois s’annoncent cruciaux pour la droite. La capacité de Marie-Claire Carrère-Gée et des autres figures LR à fédérer autour d’un projet commun pourrait déterminer l’issue des primaires internes. Si une ligne unifiée émerge, elle pourrait permettre à LR de peser face à un Emmanuel Macron affaibli ou à une gauche divisée. Reste à voir si les tensions actuelles céderont la place à une stratégie cohérente d’ici la fin de l’année 2026.

La droite française devra également composer avec l’évolution de l’opinion publique, de plus en plus sensible aux questions de pouvoir d’achat et de souveraineté. Les prochaines universités d’été des partis, où se retrouveront les différentes sensibilités, pourraient offrir une première occasion de mesurer l’impact des propositions gaullistes sociales portées par Carrère-Gée et ses alliés.

Dans ce contexte, une chose est sûre : l’unité ou la fragmentation de LR pourrait bien sceller, en partie, le sort de la présidentielle de 2027.

Selon elle, ce courant permet à la droite de proposer un projet fédérateur, alliant justice sociale et souveraineté nationale, tout en se différenciant clairement des extrêmes (RN et LFI) et de la gauche traditionnelle. Il s’agit aussi de répondre aux attentes des classes populaires, souvent ignorées dans les débats politiques actuels.

Marie-Claire Carrère-Gée craint que cette rivalité ne reproduise les erreurs des primaires passées, affaiblissant mécaniquement la droite face aux autres forces politiques. Une division pourrait aussi favoriser la fragmentation de l’électorat de droite et limiter son influence dans la course à l’Élysée.