Malgré les divisions internes au sein d’Europe Écologie-Les Verts (EELV), Marine Tondelier maintient sa candidature à la primaire écologiste en vue de la présidentielle de 2027. La secrétaire nationale du parti, qui incarne depuis 2023 la direction des Écologistes, persiste à croire en la faisabilité de ce processus de sélection, même si une fronde se fait entendre au sein de sa formation. Selon Le Figaro, elle continue de présenter cette primaire comme une « bouée de sauvetage » pour son camp politique, alors que les tensions entre les différentes sensibilités de la gauche écologique s’exacerbent.
Ce qu'il faut retenir
- Marine Tondelier, secrétaire nationale d’EELV, porte toujours le projet d’une primaire écologiste pour désigner un candidat à la présidentielle de 2027, malgré les réticences internes.
- La dirigeante a multiplié les déplacements locaux pour défendre son approche, comme à Loos-en-Gohelle, dans le Pas-de-Calais, où elle a évoqué la lutte contre l’isolement et la sauvegarde des cafés de village.
- Son argumentaire met en avant un « plan de sauvetage des bistrots » comme levier contre la désertification des centres-bourgs, un thème qu’elle lie à la crise sociale touchant les territoires ruraux.
- Le débat au sein des Verts s’articule autour de la stratégie à adopter face à la gauche radicale et à la possible alliance avec Jean-Luc Mélenchon, une option que Marine Tondelier n’exclut pas totalement.
- Les sondages actuels placent l’écologie politique dans une position fragile, ce qui pousse la dirigeante à défendre l’idée d’une primaire comme outil de mobilisation militante et électorale.
Une campagne ancrée dans les territoires face aux divisions internes
Mercredi dernier, Marine Tondelier s’est rendue à Loos-en-Gohelle, une commune du Pas-de-Calais où elle a grandi. Ce déplacement n’avait rien d’anodin : l’ancienne élève du lycée local a choisi ce cadre pour rappeler ses origines et son attachement aux territoires miniers. Dans un petit bar PMU du centre-ville, le Chantilly, la dirigeante des Écologistes a discuté avec le gérant et quelques habitués autour d’un verre, un moment qui illustre sa volonté de s’ancrer dans le quotidien des Français. Selon Le Figaro, elle a notamment développé son projet phare : un plan de sauvegarde des cafés de village, qu’elle présente comme un rempart contre l’isolement social et la désertification des bourgs.
Ce choix de communication n’est pas anecdotique. Marine Tondelier mise sur des thèmes concrets, comme la revitalisation des commerces de proximité, pour incarner une écologie ancrée dans le social. Pourtant, en coulisses, les tensions persistent au sein d’EELV. Certains cadres du parti estiment que cette primaire, initialement prévue pour désigner un candidat unique, risque d’affaiblir la gauche face à une droite et un centre en pleine recomposition. Pour la secrétaire nationale, « l’urgence, c’est que les cafés qui existent ne ferment pas », une formule qu’elle reprend régulièrement lors de ses meetings.
La primaire écologiste, entre outil démocratique et risque de division
L’idée d’une primaire pour désigner le candidat écologiste à la présidentielle de 2027 remonte à plusieurs mois. Marine Tondelier en fait depuis le début un pilier de sa stratégie, arguant que ce processus permettrait de mobiliser les militants et de clarifier le positionnement du parti. Pourtant, cette approche ne fait pas consensus. D’après Le Figaro, plusieurs figures d’EELV, y compris d’anciens alliés de Yannick Jadot, critiquent ouvertement cette méthode, jugée trop risquée dans un contexte électoral déjà tendu. « Une primaire, c’est bien si elle renforce notre camp. Sinon, c’est une machine à diviser », confie un membre du bureau national sous couvert d’anonymat.
Le débat porte également sur l’alliance avec d’autres forces de gauche. Marine Tondelier n’a jamais exclu une union avec La France insoumise (LFI) de Jean-Luc Mélenchon, une perspective qui divise profondément les Verts. Certains y voient une nécessité stratégique pour peser face au Rassemblement national, tandis que d’autres craignent une dilution de l’identité écologiste. « En arrimant l’écologie à Mélenchon, vous la sacrifiez », a ainsi lancé Agnès Pannier-Runacher, figure de proue de Renaissance, dans une tribune publiée récemment. Pour Marine Tondelier, la primaire doit justement permettre de trancher cette question en interne, avant toute négociation avec d’autres partis.
Un positionnement social assumé pour séduire au-delà du clivage gauche-droite
Le discours de Marine Tondelier se distingue par son ancrage social, un axe qu’elle entend exploiter pour élargir son électorat. Lors de son passage à Loos-en-Gohelle, elle a mis en avant la lutte contre l’isolement, un phénomène qui touche particulièrement les petites communes et les zones rurales. « Les cafés, les commerces de proximité, ce sont des lieux de sociabilité indispensables », a-t-elle expliqué devant un auditoire conquis. Ce positionnement tranche avec les discours plus classiques de l’écologie politique, souvent centrés sur la transition énergétique ou la justice climatique.
Pour autant, cette stratégie ne convainc pas tous les observateurs. Certains analystes politiques soulignent que l’écologie reste un thème clivant, et que les propositions de Marine Tondelier peinent à séduire au-delà de la base militante. « Le tropisme médiatique de Marine Tondelier, la patronne des Verts », titrait récemment Guillaume Tabard dans Le Figaro, soulignant la difficulté pour la dirigeante à faire entendre sa voix dans un paysage médiatique saturé. Pourtant, elle persiste, convaincue que son approche « par le bas » peut porter ses fruits.
Dans les prochains mois, la capacité de Marine Tondelier à apaiser les tensions au sein des Verts et à imposer son calendrier sera déterminante. Si elle échoue, l’écologie politique pourrait entrer dans une phase de recomposition, voire de marginalisation, dans la perspective de 2027. Pour l’heure, la dirigeante reste campée sur ses positions : « C’est sa bouée de sauvetage », résume un observateur proche du dossier.
Les principaux obstacles sont d’ordre interne : divisions au sein d’EELV sur la stratégie à adopter, notamment concernant l’alliance avec Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise, ainsi que des désaccords sur la méthode même de la primaire. Certains craignent qu’elle n’affaiblisse le camp écologiste face à une droite et un centre en pleine recomposition.
Marine Tondelier utilise ce thème comme un symbole de la lutte contre l’isolement et la désertification des territoires ruraux. Elle en fait un levier pour incarner une écologie sociale, ancrée dans le quotidien des Français, et élargir son électorat au-delà des cercles militants traditionnels.