La dirigeante des Écologistes, Marine Tondelier, a réagi avec fermeté après avoir été la cible d’une insulte sexiste en ligne de la part d’un responsable de la FDSEA de l’Oise. Selon Le Figaro, celui-ci a utilisé l’expression « grosse salope » dans un commentaire publié sur Facebook, en réponse à un post de la députée dénonçant le vote de la loi d’urgence agricole, qui autorise temporairement deux pesticides controversés.
Dans un message publié sur X, l’ancienne plateforme de Twitter, Marine Tondelier a exigé « des excuses publiques » de la part de Régis Desrumaux, président de la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) de l’Oise. « Sinon, il y aura des poursuites judiciaires », a-t-elle prévenu, tout en ajoutant : « Quoi qu’il en soit, cette manière de s’exprimer en dit beaucoup plus sur l’auteur de ces propos que sur moi. »
Ce qu'il faut retenir
- Une insulte sexiste a été proférée à l’encontre de Marine Tondelier par un responsable syndical agricole, Régis Desrumaux, sur Facebook.
- Ce dernier a employé l’expression « grosse salope », jugée dégradante et sexiste, en réaction à un post de la dirigeante écologiste.
- Marine Tondelier exige des excuses publiques et menace de poursuites judiciaires si elles ne sont pas présentées.
- La polémique survient dans le contexte du vote de la loi d’urgence agricole, qui autorise temporairement deux pesticides, dont l’acétamipride et le flupyradifurone.
- Plusieurs responsables politiques, dont Manuel Bompard (LFI), ont apporté leur soutien à Marine Tondelier et dénoncé ces propos.
Une réaction publique immédiate et sans équivoque
Dès que l’information a été relayée par Le Courrier Picard, Marine Tondelier a réagi sur X, en rappelant la définition de l’insulte utilisée à son encontre. Elle a souligné que ce type de propos vise à « dégrader sexuellement et moralement » les femmes dans l’espace public. « Alors force à toutes les “grosses salopes” et à toutes les “sales connes”. On est ensemble. Et on ne se taira pas », a-t-elle lancé, adoptant un ton à la fois combatif et solidaire avec les autres femmes visées par ce genre de remarques.
Cette réponse intervient alors que les tensions autour de la loi d’urgence agricole restent vives. Le texte, adopté en juillet 2026, prévoit notamment la réintroduction temporaire de deux pesticides : l’acétamipride, utilisé dans la filière noisette, et le flupyradifurone, destiné à la betterave sucrière, à la pomme et à la cerise. Les Écologistes, ainsi que d’autres formations politiques, dénoncent une mesure jugée dangereuse pour la santé et l’environnement.
Un contexte politique et agricole explosif
La loi d’urgence agricole, portée par le gouvernement, a suscité de vives critiques de la part des écologistes et de la gauche. Selon Le Figaro, les députés insoumis et écologistes ont d’ailleurs saisi le Conseil constitutionnel pour tenter d’en faire censurer plusieurs dispositions. La FNSEA, principal syndicat agricole, a été pointée du doigt par Marine Tondelier dans un post initial, où elle accusait « les agro-industriels de la FNSEA de fêter au champagne le vote de la loi d’urgence agricole ».
C’est en réaction à ce message que Régis Desrumaux a publié son commentaire insultant. Sur sa page Facebook privée, il a partagé le post de la dirigeante écologiste avant d’ajouter : « Je n’ai qu’un seul mot qui me vient immédiatement en tête... Grosse salope. Ah mince, ça fait deux. » Un choix de mots qui a provoqué l’indignation au-delà des cercles politiques.
Un soutien politique unanime, mais des divisions persistantes
Manuel Bompard, coordinateur national de La France insoumise, a apporté son soutien à Marine Tondelier sur X. « On attend les condamnations indignées de toute la classe politique. Ou pas », a-t-il commenté, adoptant un ton ironique pour souligner le manque de réactions immédiates de certains responsables politiques. Il a également demandé « les excuses et les sanctions des responsables de la FNSEA », avant d’ajouter une nouvelle fois « Ou pas », laissant entendre que les divisions politiques pourraient persister.
Cette affaire illustre les tensions persistantes entre les partisans d’une agriculture intensive et les défenseurs d’une transition écologique. La loi d’urgence agricole, adoptée dans un contexte de crise pour le secteur, symbolise ces oppositions. Elle autorise, entre autres, des assouplissements sur le stockage et la gouvernance de l’eau, ainsi que sur la gestion des zones humides. Des mesures qui, pour les écologistes, risquent d’aggraver la raréfaction des ressources hydriques et de menacer les écosystèmes.
Les enjeux sanitaires et environnementaux au cœur du débat
Le texte de loi prévoit que l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) puisse autoriser, pour des durées limitées, l’utilisation de deux pesticides : l’acétamipride et le flupyradifurone. Le premier est un néonicotinoïde, une classe de pesticides déjà pointée du doigt pour ses effets néfastes sur les abeilles et la biodiversité. Le second, le flupyradifurone, est également controversé en raison de ses impacts potentiels sur la santé humaine et l’environnement.
Les Écologistes dénoncent une mesure qui, selon eux, ignore les alertes des scientifiques et des associations. « Les agro-industriels de la FNSEA fêtent au champagne le vote de la loi d’urgence agricole », avait lancé Marine Tondelier, pointant du doigt les liens entre certains syndicats agricoles et les industriels du secteur. Une affirmation qui a visiblement heurté Régis Desrumaux, dont la réaction a dépassé le cadre du simple désaccord politique.
Enfin, le Conseil constitutionnel devrait rendre sa décision sur la loi d’urgence agricole d’ici la fin de l’année 2026. Si certaines de ses dispositions étaient censurées, cela pourrait contraindre le gouvernement à revoir sa copie et à trouver un compromis avec les acteurs du monde agricole et les associations environnementales.
La loi d’urgence agricole autorise temporairement l’utilisation de deux pesticides : l’acétamipride, un néonicotinoïde destiné à la filière noisette, et le flupyradifurone, utilisé pour la betterave sucrière, la pomme et la cerise. Ces deux substances sont controversées en raison de leurs impacts potentiels sur la santé et l’environnement.
Régis Desrumaux pourrait être poursuivi pour injure sexiste, un délit puni par l’article 33 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. Les peines encourues vont jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. Marine Tondelier a d’ores et déjà annoncé son intention de déposer plainte.