Pour la deuxième année consécutive, la Slow Fashion Week s’installe à Marseille jusqu’au 13 juin. Ce festival dédié à une mode plus durable organise défilés, ateliers et conférences pour promouvoir une industrie textile respectueuse de l’environnement. 105 tenues, toutes confectionnées à partir de vêtements de seconde main, défilent ce week-end sur l’esplanade de la cathédrale de La Major. Un événement entièrement gratuit, dont l’accès est ouvert au public, avec plus de 2 000 spectateurs attendus pour la clôture samedi à 18h30.

Selon Franceinfo - Culture, c’est au sein de l’atelier du Studio Lausié, une école de couture marseillaise, que ces pièces uniques ont été imaginées et réalisées. Les étudiants et étudiantes ont reçu pour consigne de ne travailler qu’à partir de vêtements déjà existants, sans rien acheter de neuf. Leur objectif ? Limiter l’impact écologique d’un secteur textile souvent pointé du doigt pour son empreinte environnementale.

Ce qu'il faut retenir

  • 105 tenues entièrement conçues à partir de vêtements de seconde main, sans achat de matières neuves.
  • La Slow Fashion Week se tient jusqu’au 13 juin à Marseille, avec un défilé de clôture samedi 18h30 à l’esplanade de La Major.
  • Le secteur textile représente 2 à 8 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, selon l’ONU.
  • 215 000 milliards de litres d’eau sont utilisés chaque année par l’industrie de la mode.
  • Les étudiants de l’école Studio Lausié utilisent des tissus vintage, des cravates anciennes ou des sacs-poubelle recyclés pour créer leurs modèles.
  • L’accès au défilé de clôture est gratuit et ouvert à plus de 2 000 personnes.

Une école de mode engagée pour une mode circulaire

Le Studio Lausié, à l’origine de ce projet, mise sur l’upcycling pour démontrer que la mode écoresponsable peut rivaliser avec les créations neuves. « On veut prouver avec cette deuxième édition que la mode écoresponsable a sa place sur les podiums », souligne Marion Lopez, directrice de l’école et cofondatrice du collectif organisateur. Elle rappelle que l’upcycling est souvent perçu à tort comme une technique de mauvaise qualité, alors que les pièces réalisées sont souvent dignes de la haute couture.

Dans l’atelier, une robe tissée à partir de cravates vintage pend sur un portant. Certaines appartenaient au grand-père de Marion Lopez. « C’est une pièce absolument magnifique, digne de la haute couture », s’enthousiasme-t-elle. Les étudiants, eux, prennent le contre-pied du modèle traditionnel en privilégiant le temps, la couture et la réparation plutôt que la production massive.

La créativité comme réponse aux limites des matières disponibles

Le jeune Lilian, 27 ans, a imaginé une jupe à fleurs noires brodées… à partir de sacs-poubelle récupérés dans le garage de sa grand-mère. « C’est la matière que je préfère travailler », confie-t-il. Une démarche qui illustre la philosophie du projet : ne pas produire plus, mais mieux utiliser ce qui existe déjà.

Leila, 21 ans, a pour sa part transformé une vieille veste militaire en pièce de haute couture, ornée de perles de seconde main. « Ça pousse à la créativité, explique-t-elle. On est limité dans les matières à disposition, donc on doit trouver des solutions pour obtenir des résultats qualitatifs. » Quant à Victor, dans la vingtaine, son look monochrome vert est composé d’un vieux sweat, d’épaulettes et d’éléments récupérés chez lui. « Ce serait aberrant de vouloir faire table rase de la création de mode. Il faut juste l’adapter aux conditions climatiques actuelles », plaide-t-il.

Un secteur textile sous le feu des critiques environnementales

L’industrie de la mode est aujourd’hui l’une des plus polluantes au monde. Selon les Nations unies, elle est responsable chaque année de 2 à 8 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, de 9 % de la pollution des océans par des microplastiques, et consomme 215 000 milliards de litres d’eau. À ces chiffres s’ajoutent les conditions de travail précaires et les atteintes aux droits humains dont sont victimes de nombreux travailleurs du textile dans le monde.

Face à ces constats, des initiatives comme la Slow Fashion Week tentent de montrer qu’une autre voie est possible. En mettant en avant des créations à partir de vêtements existants, les organisateurs espèrent sensibiliser le public et les professionnels à une consommation plus responsable. « On n’a pas besoin de produire plus de vêtements, tout est déjà là », rappelle Marion Lopez.

Et maintenant ?

La troisième édition de la Slow Fashion Week devrait confirmer la tendance des défilés écoresponsables, avec une possible extension à d’autres villes françaises. Les organisateurs pourraient également annoncer de nouveaux partenariats avec des marques locales pour renforcer l’offre de vêtements de seconde main. Reste à voir si ce mouvement parviendra à s’imposer durablement dans un secteur encore largement dominé par la fast fashion.

La clôture de l’événement ce samedi permettra de mesurer l’engouement du public pour cette initiative. Si les retours sont positifs, d’autres éditions pourraient suivre, avec peut-être une intégration de critères écoresponsables dans les grands défilés de mode nationaux.

Les organisateurs de la Slow Fashion Week proposent régulièrement des ateliers ouverts au public. Pour y participer, il est conseillé de consulter le site officiel de l’événement ou de contacter directement le Studio Lausié à Marseille. Certains ateliers sont gratuits, tandis que d’autres nécessitent une inscription préalable.