Avec son Milton ANC, la marque britannique Marshall propose un casque supra-auriculaire à réduction de bruit active, premier du genre depuis huit ans dans la gamme. Selon Frandroid, ce modèle remplace l’ancien Mid ANC et se positionne entre le Major V et le Monitor III ANC, avec un tarif de 199 euros. L’objectif affiché ? Allier style et fonctionnalités modernes, mais le résultat sonore reste en demi-teinte.

Ce qu'il faut retenir

  • Premier casque supra-auriculaire à ANC de Marshall depuis huit ans, lancé à 199 €
  • Design rétro avec câbles apparents et finitions premium (cuir, logo laiton)
  • Autonomie annoncée jusqu’à 50 heures avec ANC activé et 80 heures sans
  • Réduction de bruit adaptative et compatibilité Bluetooth 5.0 (LE Audio, Auracast)
  • Signature sonore marquée par une bosse dans les médiums, un grave manquant de profondeur et une scène sonore étroite
  • Autonomie réelle mesurée à 53 heures en conditions d’écoute standard

Un design rétro et soigné qui rappelle les années 80-90

Le Marshall Milton ANC séduit d’abord par son apparence. Selon Frandroid, le casque arbore un look rétro assumé, avec des câbles de modulation visibles reliant les deux oreillettes — une signature visuelle rare aujourd’hui, qui renvoie aux décennies passées. La structure est pliable, compacte et légère, ce qui facilite son transport. Les matériaux, comme le faux cuir des coussinets, offrent un toucher agréable et un confort durable, même lors d’une utilisation prolongée.

Le logo Marshall en laiton et le bouton de commande complètent une finition soignée. Seul bémol : le câble, bien que solide, reste visible et peut s’accrocher en cas de mouvement brusque. Pour autant, l’ensemble reste cohérent et cohésif, avec une impression de qualité globale qui justifie son positionnement tarifaire.

Des fonctionnalités modernes mais un son perfectible

Côté connectique, le Milton ANC mise sur la polyvalence. Il intègre un port USB-C pour la recharge et l’écoute filaire, ainsi qu’un câble mini-jack 3,5 mm vers USB-C fourni. Comme le rapporte Frandroid, l’écoute via USB-C permet un flux lossless, sans compression, contrairement au Bluetooth. Le casque prend en charge les codecs SBC, AAC, LC3 et LDAC, mais les différences entre ces derniers restent minimes en pratique.

Le contrôle se fait via une manette multidirectionnelle (bouton M) située sur l’oreillette droite, gérant volume, lecture, appels et appairage. Un second bouton permet de basculer entre réduction de bruit, égaliseur ou mode Soundstage. L’application Marshall Bluetooth offre un égaliseur limité à trois présélections et cinq bandes d’ajustement, insuffisant pour corriger les défauts de la courbe de réponse.

Une réduction de bruit adaptative efficace mais perfectible

Le Milton ANC intègre six microphones pour une réduction de bruit adaptative, une première pour un supra-auriculaire Marshall. En théorie, ce système analyse en temps réel l’environnement sonore et ajuste le niveau d’atténuation. Comme le souligne Frandroid, l’isolation se concentre surtout sur les basses fréquences, tandis que les sons aigus restent partiellement audibles, bien qu’atténués. Le mode transparence fonctionne correctement, même s’il conserve une légère coloration, sans empêcher une conversation fluide.

L’application permet de choisir entre un mode ANC automatique ou manuel, offrant plus de flexibilité que certains concurrents imposant un réglage fixe. Cependant, l’efficacité reste limitée face à des bruits clairs ou soudains, où d’autres modèles à prix similaire (comme le JBL Live 670NC) offrent une meilleure isolation.

Une signature sonore déséquilibrée, malgré quelques atouts

Le point faible majeur du Milton ANC réside dans sa courbe de réponse. Comme le révèle l’analyse de Frandroid, une bosse marquée autour de 2 000 Hz — fréquence critique pour l’oreille humaine — domine les médiums, rendant le son agressif et désagréable. Les voix et les instruments manquent de clarté, tandis que les aigus sont étouffés par cette résonance. Le grave, quant à lui, manque de profondeur et d’impact, limitant l’écoute sur des morceaux exigeants comme le rap ou la techno.

Malgré ces défauts, certains morceaux bénéficient d’un rendu correct, notamment ceux avec des nappes synthétiques ou des rythmes entraînants. L’activation du mode Soundstage améliore la spatialisation, simulant une écoute en pièce close, mais cela ne suffit pas à masquer les lacunes de la courbe de réponse. L’égaliseur permet des ajustements partiels, mais reste insuffisant pour corriger les excès de médiums.

« Le Milton ANC adore les morceaux comme ceux des Daft Punk, où les nappes synthétiques ressortent bien et le rythme est entraînant. Le haut médium pousse parfois un peu trop les couches aiguës, mais l’énergie est au rendez-vous. »
— Analyse sonore de Frandroid

Une autonomie remarquable et une connectivité à la page

Côté autonomie, le Milton ANC tient ses promesses. Selon Frandroid, la batterie offre jusqu’à 50 heures avec l’ANC activé et 80 heures sans, des chiffres confirmés lors des tests. En conditions réelles (volume à 50 %, ANC activé), la durée mesurée atteint 53 heures, un score exceptionnel pour un casque de cette gamme. La batterie est remplaçable, une rareté dans ce segment, et la recharge rapide permet de récupérer plusieurs heures d’autonomie en seulement 15 minutes.

La connectivité Bluetooth 5.0 supporte le multipoint, le LE Audio et l’Auracast, une norme prometteuse pour la diffusion audio dans les lieux publics. Cependant, comme souvent avec les codecs Bluetooth, les différences de qualité sonore entre SBC et LDAC restent imperceptibles pour la plupart des utilisateurs, sauf avec des appareils haut de gamme.

Et maintenant ?

Le Marshall Milton ANC s’adresse aux amateurs de design rétro et de finitions premium, prêts à sacrifier la qualité sonore pour l’esthétique. Pour les audiophiles, il faudra attendre une prochaine version ou se tourner vers des concurrents comme le JBL Live 670NC ou le Sony WH-CH720N, proposés à des tarifs inférieurs (99 € et 75 € respectivement).

Marshall pourrait améliorer la courbe de réponse de ses casques en s’inspirant de ses enceintes festives, réputées pour leur équilibre sonore. La prochaine mise à jour logicielle ou une révision matérielle pourrait corriger ces défauts, mais rien n’est annoncé pour l’instant.

Avec un prix de 199 €, le Milton ANC se positionne comme un objet design avant tout. Son autonomie et son confort en font un choix pertinent pour les voyageurs, mais son son déséquilibré limite son attractivité pour les mélomanes exigeants. À ce tarif, la concurrence est rude, et le rapport qualité-prix reste discutable.

Le casque prend en charge les connexions Bluetooth 5.0, USB-C filaire et mini-jack 3,5 mm. Il est compatible avec la plupart des smartphones, tablettes et ordinateurs modernes. Cependant, pour une écoute filaire optimale, le casque doit être sous tension.

Oui, selon le constructeur, la batterie est remplaçable, une caractéristique rare dans cette gamme de prix. Marshall ne précise pas encore si cette opération est accessible aux utilisateurs ou nécessite un passage en service après-vente.