« Je ne suis pas du tout comme le reste de ma famille », déclarait Märtha Louise de Norvège dans le documentaire Rebel Royals, diffusé sur Netflix en octobre 2025. Selon le Figaro, cette affirmation résume l’écart entre la princesse et le rôle qui aurait pu lui revenir au sein de la monarchie norvégienne. À la mort de son père, le roi Harald V, le 27 août 2026 à l’âge de 89 ans, c’est son frère cadet, Haakon, qui lui succède sur le trône. Pourtant, Märtha Louise est l’aînée des deux enfants du souverain.
Ce qu'il faut retenir
- Primogéniture absolue : La réforme de 1990 exclut Märtha Louise de la succession, son frère Haakon devenant héritier en raison de sa naissance en 1973, deux ans après elle.
- Refus de la couronne : À 15 ans, la princesse décline une offre de modifier la loi pour lui permettre de régner, préférant une vie libre et indépendante.
- Carrière alternative : Après des études en littérature et en physiothérapie, elle renonce à son titre d’« Altesse royale » en 2002 pour exercer comme thérapeute et écrivaine.
- Mariages et drames : Divorcée d’Ari Behn en 2017, elle épouse en 2024 le chaman californien Durek Verrett, figure controversée accusée d’agression sexuelle en 2015.
- Crise familiale : Depuis 2025, Märtha Louise et son époux multiplient les critiques contre la monarchie, provoquant une rupture avec la famille royale.
Une succession norvégienne bouleversée par la primogéniture absolue
Le roi Harald V s’est éteint le 27 août 2026 après dix jours d’hospitalisation pour une anémie hémolytique, aggravée par des effets secondaires de cortisone et une infection bactérienne. Selon le Figaro, sa disparition consacre l’avènement de son fils Haakon, et non de Märtha Louise, pourtant née en 1971, soit deux ans avant son frère. Cette situation s’explique par une réforme constitutionnelle majeure : en 1990, la Norvège adopte la primogéniture absolue, stipulant que l’aîné du souverain hérite de la couronne, quel que soit son sexe. Cependant, cette loi n’étant pas rétroactive, Märtha Louise reste exclue de l’ordre de succession.
Un destin royal refusé dès l’adolescence
En 1986, alors âgée de 15 ans, Märtha Louise se voit proposer une opportunité historique. Son grand-père, le roi Olav V, et la Première ministre Gro Harlem Brundtland lui suggèrent de modifier la Constitution pour lui permettre de régner. Sa réponse, rapportée par le Figaro, est sans équivoque : « J’ai 15 ans, je n’y connais rien. » Une décision qui révèle son désintérêt pour les obligations protocolaires et son attachement à une vie sans contraintes. Dans une interview accordée en 2020 au magazine Insider, elle évoque la pression que représenterait une telle vie : « C’est vraiment une vie qu’il faut choisir et pour laquelle il faut s’engager à 100 %. » Elle assume ainsi son choix de préserver son insouciance, loin des responsabilités monarchiques.
Une carrière et une vie personnelle en rupture avec les traditions
Après une scolarité à Oslo et des études de littérature à Oxford, Märtha Louise se tourne vers l’équitation, discipline dans laquelle elle brille au niveau national dans les années 1990. Mais elle abandonne rapidement son cursus littéraire pour se former à la physiothérapie, une décision motivée par sa passion pour le corps humain et son expérience de cavalière. Diplômée en 1997 après un stage à Maastricht, elle se spécialise ensuite dans les thérapies alternatives, notamment la méthode Rosen, une approche manuelle douce. En 2002, elle renonce à son prédicat d’« Altesse royale » pour exercer librement et publie des livres pour enfants inspirés de contes norvégiens, comme Why Kings and Queens Don’t Wear Crowns en 2004.
Un premier mariage marqué par le succès… et le drame
Le 24 mai 2002, Märtha Louise épouse Ari Behn, un écrivain norvégien rencontré à la fin des années 1990. Leur mariage, célébré à Trondheim, est un événement fastueux : la princesse porte une robe en crêpe de soie blanche et un manteau de soie ivoire orné de cristaux Swarovski, avec une traîne de trois mètres. Le couple donne naissance à trois filles : Maud Angelica en 2003, Leah Isadora en 2005 et Emma Tallulah en 2008. Pourtant, leur union se brise en 2016, aboutissant à un divorce en 2017. Le 25 décembre 2019, Ari Behn met fin à ses jours après des années de lutte contre la dépression. Märtha Louise, confrontée à un deuil brutal, décrit cette épreuve dans le podcast Who’s Your Daddy en mai 2025 : « C’était la chose la plus difficile à laquelle j’ai été confrontée. Surtout un chagrin aussi soudain. J’avais l’impression d’avoir couru un marathon chaque jour, et en même temps, je ne pouvais ni dormir ni manger. »
L’étrange ascension de Durek Verrett et ses controverses
En 2019, Märtha Louise officialise sa relation avec Durek Verrett, un chaman californien au style flamboyant et aux déclarations souvent contradictoires. Selon le Figaro, ce dernier, connu pour avoir travaillé avec des stars comme Gwyneth Paltrow, se présente comme un guérisseur spirituel. Pourtant, son passé judiciaire le rattrape : en 1991, il est condamné à cinq ans de prison pour avoir organisé une fête illégale ayant provoqué un incendie criminel en Californie. Libéré après deux ans, il multiplie les allégations sur ses prétendues capacités chamaniques, suscitant le scepticisme.
Märtha Louise, convaincue de ses dons, l’épouse le 31 août 2024 dans les fjords de Geiranger, un site classé à l’UNESCO. Le mariage, célébré sous une tente devant 380 invités dont la famille royale, marque une rupture définitive avec les traditions. Pourtant, leur union est rapidement ternie par une accusation grave : en septembre 2025, Joakim Boström, un Suédois de 49 ans, accuse Durek Verrett d’agression sexuelle en 2015 lors d’une séance de chamanisme. Verrett dément catégoriquement et se présente en victime : « J’ai été comparé au prince Andrew, à Jeffrey Epstein et à P. Diddy. C’est horrible », déclare-t-il en janvier 2025 au Verdens Gang, aux côtés de Märtha Louise qui le soutient publiquement. « Si Durek avait été un agresseur sexuel, je n’aurais jamais été avec lui », affirme-t-elle.
Une rupture publique avec la monarchie
Le couple s’exprime sans filtre dans le documentaire Rebel Royals, diffusé sur Netflix en octobre 2025. Märtha Louise et Durek Verrett y dénoncent le racisme et l’acharnement médiatique dont ils seraient victimes, s’inscrivant dans une dynamique similaire à celle de Harry et Meghan au Royaume-Uni. Ces déclarations provoquent la colère du palais royal. Selon Stéphane Bern, cité par le Figaro, le nouveau roi Haakon pourrait adopter une position plus stricte : « Il sera certainement moins indulgent envers Märtha Louise que ne l’était son père Harald V. Il va probablement établir une distinction plus nette entre le noyau dur de l’institution et les autres membres de la famille qui devront rester à l’écart. »
Questions en suspens
La princesse Märtha Louise, qui a toujours refusé le rôle qui lui était destiné, parviendra-t-elle à concilier son attachement à la monarchie avec ses choix de vie personnels ? Le nouveau roi Haakon confirmera-t-il les craintes d’un durcissement de la ligne dynastique, ou fera-t-il preuve de pragmatisme envers sa sœur ? Autant de questions qui pourraient redéfinir l’équilibre fragile de la famille royale norvégienne dans les années à venir.
La réforme de la primogéniture absolue, adoptée en Norvège en 1990, n’est pas rétroactive. Bien que Märtha Louise soit l’aînée des enfants du roi Harald V, née en 1971, son frère Haakon, né en 1973, a été désigné héritier du trône en raison de l’ordre de naissance.
En septembre 2025, Joakim Boström, un Suédois de 49 ans, a accusé Durek Verrett d’agression sexuelle lors d’une séance de chamanisme en 2015. Verrett nie ces accusations et dénonce une campagne de diffamation, soutenu par Märtha Louise qui affirme ne pas avoir eu de relation avec lui s’il avait été un agresseur.