Le groupe britannique Massive Attack s’est vu interdire l’accès à la scène singapourienne pour de futures performances, après que deux de ses membres ont brandi un drapeau palestinien lors d’un concert organisé dans la cité-État mercredi soir. Une décision prise par les autorités locales en raison du non-respect des règles strictes en matière d’affichage de symboles étrangers, comme l’a indiqué la police singapourienne dans un communiqué diffusé vendredi 8 août 2026.
Ce qu'il faut retenir
- Interdiction ferme pour deux membres du groupe de se produire à nouveau à Singapour, assortie d’un avertissement sévère.
- Le drapeau palestinien, considéré comme un symbole étranger, a été déployé sans autorisation préalable.
- Un cri de « Free Palestine » a également été lancé sur scène, aggravant l’infraction selon les autorités.
- Singapour applique une politique restrictive sur les symboles nationaux ou étrangers en public.
- Massive Attack est connu pour ses prises de position en faveur de la cause palestinienne.
Selon Le Figaro, les faits remontent au concert donné mercredi 6 août 2026 au Marina Bay Sands de Singapour. Lors de cette prestation, deux membres du groupe ont enfreint les conditions d’obtention de la licence de représentation en déployant un drapeau palestinien sur scène. L’un d’eux a également lancé un appel en faveur de la libération de la Palestine, un geste qui a été relevé par les forces de l’ordre.
Dans son communiqué, la police singapourienne a précisé que « bien que l’organisateur de l’événement ait été informé au préalable des règles encadrant l’octroi des licences, deux membres du groupe ont brandi un drapeau étranger sur scène ». L’enquête menée par les autorités, suivie de consultations avec le parquet local, a conduit à l’envoi d’avertissements sévères aux deux artistes concernés. Ces derniers se voient désormais interdits de revenir dans la cité-État, et donc d’y organiser ou de participer à tout concert futur.
L’organisateur du concert n’a, pour sa part, pas réagi aux sollicitations de l’AFP concernant cette affaire. Contacté à plusieurs reprises, il n’a pas fait de déclaration publique à ce jour.
Un groupe engagé dans la cause palestinienne
Massive Attack n’en est pas à son premier acte de soutien à la cause palestinienne. Le groupe, fondé à Bristol dans les années 1980, est régulièrement engagé dans des mouvements militants. En avril 2026, son chanteur Robert Del Naja figurait parmi les plus de 200 personnes arrêtées lors d’une manifestation pro-palestinienne à Londres. L’événement, organisé par le groupe « Palestine Action » — lui-même interdit par les autorités britanniques — dénonçait les actions militaires israéliennes à Gaza. Del Naja, connu pour son activisme, avait alors été interpellé aux côtés d’autres militants.
Ce nouvel incident à Singapour s’inscrit donc dans une logique de mobilisation constante du groupe en faveur de la Palestine. Leur popularité leur permet d’amplifier leur message, mais elle les expose aussi à des sanctions dans des pays appliquant des législations restrictives sur la liberté d’expression. Singapour, où les lois encadrant les rassemblements et les symboles sont parmi les plus strictes au monde, n’est pas un terrain propice aux manifestations politiques ouvertes.
— Une politique restrictive sur les symboles étrangers —
À Singapour, l’affichage public de tout drapeau étranger sans autorisation préalable est strictement interdit. Cette règle s’applique aussi bien aux individus qu’aux groupes artistiques ou politiques. Toute infraction à cette disposition peut entraîner des poursuites, des amendes, voire des interdictions de séjour ou de représentation. Dans le cas de Massive Attack, les autorités ont choisi la voie de l’interdiction définitive, une mesure rarement appliquée avec une telle sévérité pour un groupe international de cette envergure.
Des répercussions possibles sur la tournée du groupe
Cette sanction pourrait avoir des conséquences sur les futures dates de tournée de Massive Attack, notamment en Asie. Singapour, en tant que hub culturel et économique de la région, attire régulièrement des artistes internationaux. Cependant, la rigueur de ses lois oblige souvent les groupes à adapter leur message ou à renoncer à certains gestes politiques pour éviter des complications. D’autres pays asiatiques, comme la Chine ou la Malaisie, appliquent des règles similaires, ce qui pourrait limiter les options du groupe pour ses prochaines dates.
Pour l’heure, Massive Attack n’a pas réagi publiquement à cette interdiction. Le groupe, qui avait récemment collaboré avec Tom Waits pour un nouvel album critiquant notamment la politique américaine, continue de naviguer entre son engagement militant et les contraintes légales des pays où il se produit. Leur dernière tournée européenne, marquée par des appels au boycott d’Israël lors de l’Eurovision 2026, avait déjà suscité des débats sur le rôle des artistes dans les conflits géopolitiques.
Reste à voir si Massive Attack choisira de contester cette décision ou d’adapter son discours pour ses futures représentations. Une chose est sûre : leur engagement en faveur de la cause palestinienne ne semble pas faiblir, autant dire que les prochaines dates de leur tournée seront scrutées de près.
Les deux membres concernés par le geste pro-palestinien sont désormais interdits de retour à Singapour, ce qui signifie qu’ils ne pourront plus participer à aucun concert organisé dans la cité-État. Le groupe dans son ensemble pourrait également être empêché de s’y produire à l’avenir, en cas de tentative de tournée.
Oui. Singapour interdit strictement l’affichage de symboles politiques ou étrangers sans autorisation. Plusieurs artistes et groupes ont déjà été confrontés à des amendes ou des interdictions pour des raisons similaires, notamment lors de concerts ou d’expositions.