Ce week-end, le championnat du monde d’endurance (WEC) reprend du service avec les 6 Heures d’Imola, première manche d’une saison où une nouvelle écurie fait ses premiers pas dans la catégorie reine : l’Hypercar. Genesis Magma Racing, structure sud-coréenne liée au constructeur Hyundai, fait ainsi ses débuts en compétition avec une ligne de trois pilotes, dont un Français de 21 ans, Mathys Jaubert. Ce dernier, sélectionné fin 2024 dans le programme « Trajectoire » de la FFSA, s’apprête à vivre son premier départ en Hypercar, une catégorie technique où la vitesse de pointe peut atteindre 345 km/h selon ses propres termes, d’après RMC Sport.

Ce qu'il faut retenir

  • Genesis Magma Racing, nouvelle écurie sud-coréenne liée à Hyundai, fait ses débuts en Hypercar avec Mathys Jaubert à ses côtés.
  • Jaubert, 21 ans, participera aux 6 Heures d’Imola ce dimanche, première manche du WEC 2026.
  • L’objectif pour cette jeune équipe est d’acquérir de l’expérience avant les 24 Heures du Mans, dont la date est fixée au 13 mai 2026.
  • L’écurie vise d’abord à éviter les erreurs et les pénalités, avant d’envisager un objectif plus ambitieux : intégrer le top 5 d’ici la fin de saison.
  • Jaubert sera épaulé par deux pilotes expérimentés : l’Allemand André Lotterer, triple vainqueur des 24 Heures du Mans, et le Brésilien Luis Felipe Derani.
  • Les 24 Heures du Mans constituent l’épreuve phare de la saison pour l’écurie, qui y verra son premier véritable test.

Avec l’annulation de la manche d’ouverture au Qatar en raison de la situation géopolitique au Moyen-Orient, la saison s’ouvre donc en Italie, où Genesis Magma Racing devra faire ses preuves. Cyril Abiteboul, ancien directeur de l’écurie Renault en Formule 1, dirige cette nouvelle structure, qui mise sur une approche progressive pour s’imposer dans un championnat dominé par des équipes établies comme Toyota ou Ferrari. Selon RMC Sport, l’ambition affichée par les Coréens, porteurs du projet, est avant tout de « finir les premières courses sans pénalité », avant d’envisager des objectifs plus élevés à moyen terme.

Une équipe en construction, un pilote en quête d’expérience

Pour Mathys Jaubert, ce baptême en Hypercar représente une étape majeure dans une carrière jusqu’ici marquée par une progression méthodique. Diplômé de l’école de pilotage avant de se consacrer pleinement à la compétition, il a été repéré lors du programme « Trajectoire », un dispositif visant à identifier de jeunes talents français. « Ce n’était pas du tout quelque chose que j’imaginais. Ça a toujours été l’école d’abord et le sport auto ensuite », a-t-il expliqué à RMC Sport. Son recrutement chez Genesis Magma Racing, obtenu en 2025, a constitué un tournant : « Dès que j’ai été sélectionné, cela a été de suite le déclic et l’objectif de rouler en Hypercar. Je ne m’attendais pas à y être en 2026. Maintenant que j’y suis, l’objectif, c’est de rester là le plus longtemps possible. »

L’écurie Genesis Magma Racing, quant à elle, incarne une volonté de diversification pour Hyundai, qui souhaite étendre son influence au-delà des compétitions GT. « C’est beaucoup de travail, beaucoup d’organisation », a souligné Jaubert, décrivant une équipe où « tout est nouveau » : « On est tous ‘rookies’, moi davantage car je n’ai jamais roulé en Hypercar. Mais tout s’est bien passé jusqu’à présent. On a hâte d’entamer la première course. » L’enjeu, pour cette formation, est double : d’une part, réussir à s’intégrer dans un environnement technique exigeant, et d’autre part, se préparer aux spécificités du championnat, où l’hybridation et l’aérodynamique jouent un rôle clé.

Les défis techniques et humains d’une Hypercar

Conduire une Hypercar, ce n’est pas seulement maîtriser une machine puissante : c’est aussi comprendre et ajuster des dizaines de paramètres en temps réel. « Une Hypercar, c’est une voiture technique, performante, avec beaucoup d’aéro et des pointes de vitesse à 345 km/h », a détaillé Jaubert. « C’est aussi une technologie élevée avec l’hybridation, ce qui rend le championnat compliqué pour les nouveaux arrivants comme nous. » Le pilote français, qui a déjà roulé en LMP2 aux 24 Heures du Mans, insiste sur cette différence : « En Hypercar, on n’a pas de voiture plus rapide que nous. Normalement, on regarde moins dans les rétroviseurs qu’en LMP2, où on devait gérer à la fois les GT3 et les Hypercars. »

Mais la complexité ne s’arrête pas là. Jaubert explique que le pilote dispose de multiples outils pour adapter la voiture à chaque virage : « On peut modifier la répartition des freins, la rigidité via les barres antiroulis, le ‘traction control’, ou encore régler le différentiel. On essaie d’anticiper à l’avance avec des ‘offsets’, c’est-à-dire des réglages différents selon le virage. Ça fait un sacré nombre de paramètres. » Une tâche d’autant plus ardue pour un rookie comme lui, même épaulé par deux vétérans : Lotterer, triple vainqueur à Sarthe, et Derani, expérimenté aux États-Unis. « J’ai la chance d’être à côté de deux pilotes très expérimentés. Ils m’apportent beaucoup. Je leur pose énormément de questions et j’essaie de progresser le plus possible à leurs côtés », a-t-il confié.

Le Mans, l’épreuve reine qui attend les néophytes

Si les 6 Heures d’Imola marquent le coup d’envoi, c’est bien les 24 Heures du Mans qui constituent l’objectif principal de Genesis Magma Racing. « Le Mans, ce sera le premier juge de paix de l’équipe, savoir si on va être prêt pour Le Mans », a souligné Jaubert. La course, prévue le 13 mai 2026, représente un défi de taille : « C’est la course la plus importante, la plus compliquée. On a deux courses pour se préparer, et on va essayer d’être prêts le plus possible. » L’annulation de la manche d’ouverture au Qatar a forcé l’écurie à s’adapter rapidement, avec seulement deux courses avant l’épreuve mancelle.

Jaubert, qui connaît déjà le circuit pour y avoir concouru en LMP2, relativise cependant la difficulté : « En Hypercar, en LMP2 ou en GT3, Le Mans reste quelque chose de spécial. La semaine entière est compliquée, avec la fatigue, les médias et toutes les personnes qui font cet événement. » Pour Genesis Magma Racing, l’enjeu est donc double : terminer l’épreuve sans encombre, tout en accumulant des données pour progresser. « L’objectif pour cette première manche, c’est de faire une course sans erreur. On va essayer de prendre de l’expérience, des datas, pour être davantage préparé pour les prochaines manches et continuer à développer la voiture le plus possible, surtout pour arriver au Mans le plus prêts possible. »

Et maintenant ?

Pour Genesis Magma Racing, la priorité reste de tenir la distance sur les prochaines manches, avec une attention particulière portée à la préparation des 24 Heures du Mans. Après Imola, l’écurie enchaînera avec les 6 Heures de Spa, programmée le 9 mai 2026, soit quatre jours avant le départ de la classique mancelle. Ces deux courses serviront de banc d’essai pour ajuster la voiture et l’équipe avant l’épreuve phare. Quant à Mathys Jaubert, son objectif immédiat sera de capitaliser sur l’expérience de Lotterer et Derani pour progresser rapidement, tout en assumant son rôle de rookie au sein d’une structure en construction.

Si l’écurie sud-coréenne affiche une ambition mesurée pour sa première saison, son arrivée dans le WEC reflète une tendance plus large dans le sport automobile : l’émergence de nouvelles structures cherchant à rivaliser avec les géants établis. Pour Jaubert, cette aventure représente une opportunité unique de se faire un nom dans une discipline exigeante, où la technologie et le talent de pilotage se mêlent étroitement. Reste à savoir si, d’ici mai 2026, Genesis Magma Racing aura suffisamment progressé pour prétendre à un podium mancelle.

D’après Mathys Jaubert, la principale différence réside dans la puissance et la technologie. Une Hypercar est plus rapide (jusqu’à 345 km/h en pointe), plus complexe grâce à l’hybridation, et dotée d’une aérodynamique plus poussée. En LMP2, les voitures sont moins performantes et moins sophistiquées, ce qui oblige les pilotes à gérer plusieurs catégories en même temps, comme les GT3.

L’arrivée de Genesis Magma Racing en WEC s’inscrit dans une stratégie d’expansion pour Hyundai, qui souhaite diversifier ses activités en endurance. Le choix de 2026 correspond à la mise en place du programme « Trajectoire » de la FFSA, qui a permis à Mathys Jaubert d’intégrer l’écurie. La structure a ainsi pu se construire progressivement avant de faire ses débuts en compétition.