La romancière Maud Ankaoua était l’invitée de l’émission « Le monde d’Élodie » sur Franceinfo – Culture ce mercredi 3 juin 2026. Elle y a présenté son quatrième ouvrage, « Tu m’avais promis », publié aux éditions Eyrolles le 12 mars 2026. Un récit qui s’inscrit dans la continuité de ses précédents livres, marqués par une écriture ancrée dans l’expérience personnelle et une exploration des mécanismes de reconstruction après l’adversité.
Ce qu'il faut retenir
- Maud Ankaoua a publié « Tu m’avais promis » aux éditions Eyrolles le 12 mars 2026, son quatrième roman après le succès de « Kilomètre zéro » (8 millions d’exemplaires vendus).
- Ce livre raconte l’histoire d’un père, Gabin, et de sa fille Luce, où une promesse oubliée devient le catalyseur d’une reconnexion familiale et d’une réinvention de soi.
- L’autrice, ancienne professionnelle de la finance et de la communication, a connu un tournant dans sa vie après un problème de santé et un burn-out, ce qui l’a conduite à ralentir et à se réorienter vers l’écriture.
- Ankaoua déclare que 90% de ses romans s’inspirent de sa vie : « Je vis ces expériences et je partage des clés qui m’aident au quotidien. »
- Le roman aborde des thèmes comme la sagesse des enfants, la nature, les animaux et la capacité à se réinventer, portés par une réflexion sur la promesse comme outil de transformation.
- Lors de son voyage au Népal après la vente de son entreprise, elle a perdu un associé proche, un événement qui l’a poussée à repenser sa relation au temps et à la santé.
- Elle insiste sur l’idée que voyager ne nécessite pas forcément de parcourir de longues distances, mais peut se traduire par de simples changements de perspective au quotidien.
- Parmi ses conseils à la jeune femme qu’elle était, elle souligne l’importance de prendre soin de son corps et de sa santé, au-delà des ambitions professionnelles.
Une carrière hors des sentiers battus et un virage vers l’écriture
Maud Ankaoua n’a jamais imaginé écrire un jour des romans. Formée en sciences politiques, elle a d’abord embrassé une carrière dans la finance, puis dans la communication et l’événementiel. Autant dire que le monde des livres lui était étranger, jusqu’à ce qu’un enchaînement d’événements personnels ne la pousse à reconsidérer son rapport au temps et à l’existence.
En 2016, après avoir publié « Kilomètre zéro », un récit largement autobiographique, elle connaît un succès retentissant avec 8 millions d’exemplaires vendus. Depuis, chacun de ses livres explore des moments charnières où l’être humain se réinvente. Son dernier opus, « Tu m’avais promis », publié en mars 2026, s’inscrit dans cette veine : il met en scène Gabin, un père débordé par son quotidien, et sa fille Luce, qui lui rappelle une promesse faite trois ans plus tôt – un voyage à l’occasion de ses huit ans.
L’écriture comme espace de reconstruction
L’adversité a joué un rôle clé dans sa transition vers l’écriture. Après avoir clôturé la vente de son entreprise, elle se retrouve face à un vide professionnel et personnel, à deux doigts d’un burn-out. C’est dans ce contexte qu’elle décide de partir au Népal, un voyage qui prendra une dimension inattendue avec le décès soudain de son associé, Alain, emporté par une crise cardiaque. Pour elle, cet événement a été un électrochoc : « Ça monte et puis c’est trop tard. Je sens qu’il faut que j’apprenne à vivre autrement. »
Cette prise de conscience l’a conduite à reconsidérer sa vision du temps, privilégiant désormais l’instant présent plutôt que la projection dans l’avenir. Une philosophie qu’elle illustre par une citation de Marcel Proust : « Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux. » Une maxime qui résume à elle seule l’esprit de son dernier roman.
Un roman né d’une promesse et d’une relation père-fille
« Tu m’avais promis » plonge le lecteur dans une relation père-fille où la mémoire et l’oubli deviennent des leviers de changement. Luce, huit ans, exige de son père qu’il honore une promesse faite trois ans plus tôt : un voyage pour ses huit ans. Le père, submergé par ses responsabilités et l’absence de la mère, ne se souvient pas de cette promesse. Pourtant, la détermination de sa fille va le forcer à se réapproprier son propre récit.
Ankaoua explique avoir voulu explorer la « sagesse de tout ce qui nous entoure, dont les enfants ». Elle souligne leur enthousiasme constant, capable de rappeler aux adultes la joie de vivre : « Les enfants ont cet enthousiasme constant finalement, qui nous pousse nous aussi parfois dans notre sérieux d’adulte, à réincarner cette joie de vivre. » Le livre mêle ainsi des réflexions sur la nature, les animaux et la capacité à se reconstruire, portées par une dynamique intergénérationnelle.
Voyager sans bouger : une philosophie accessible à tous
Lors de son entretien, Ankaoua a abordé la question récurrente : comment voyager quand on n’a pas les moyens financiers ? Sa réponse est pragmatique : il n’est pas nécessaire de parcourir le monde pour changer de perspective. Changer de chemin pour se rendre au travail, emprunter une nouvelle rue ou marcher en forêt suffit à « avoir des yeux neufs ». Elle illustre cette idée par une image simple : « On a tendance à prendre toujours le même chemin, toujours le même métro quand on est à Paris, ou la même rue, ou le même tracé en voiture. Parfois simplement de changer de route, qui va nous rallonger peut-être d’une minute, on va être obligé d’observer ce qui se passe. »
Cette approche minimaliste du voyage s’appuie sur une observation : le corps et les sens ont une intelligence propre. Ankaoua insiste sur l’importance de prendre soin de sa santé, un luxe bien plus précieux que la réussite professionnelle : « Le véritable luxe, ce n’est sûrement pas la réussite des projets, ni même d’écrire un livre ou quoi que ce soit. Le véritable luxe, c’est avant tout la santé et le temps. »
« On n’a pas forcément besoin d’aller très loin, simplement de changer sa caméra d’angle, ça aide beaucoup à voir d’autres choses. »
— Maud Ankaoua
Un héritage et des projets à venir
À 58 ans, Maud Ankaoua continue d’écrire avec une régularité qui témoigne de son engagement envers ses lecteurs. Chacun de ses livres est une invitation à ralentir, à observer et à se réinventer. Pour elle, l’écriture reste un outil au service d’une quête de sens, loin des pressions commerciales ou des attentes extérieures. « Je donne toujours le meilleur et je raconte ma vie, donc je suis une très mauvaise romancière », plaisante-t-elle, soulignant que 90% de ses romans s’inspirent de son vécu.
Alors que « Tu m’avais promis » explore les promesses comme moteurs de changement, l’autrice semble avoir trouvé dans l’écriture un moyen de tenir ses propres engagements – envers elle-même et envers ses lecteurs. Son prochain livre, déjà en préparation, promet de poursuivre cette réflexion sur la transformation et la résilience.
À travers son parcours et son dernier roman, Maud Ankaoua rappelle une évidence : les promesses ne sont pas seulement des mots. Elles peuvent être des actes, des déclencheurs, voire des bouleversements. Et parfois, il suffit d’un changement de regard pour transformer un rêve en réalité.